et STATION D'ETUDES MYCOLOGIQUES
Les champignons
Pilz,Hongo,Mushroom,Fungi,Olatra
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Champignons de tourbière
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    Paysages nordiques, les tourbières fascinent ou inquiètent le randonneur. Sites mythiques par excellence, elles offrent des moments d’intenses satisfaction, pour qui les aborde avec une sens avisé de l’observation. Elles recèlent d’innombrables curiosités et raretés et procurent au naturaliste des moments magiques inoubliables. Elles sont les ultimes sanctuaires de plantes témoins du passé. C’est en raison d’un sol acide, d’abondantes précipitations atmosphériques, un climat froid et une topographie favorisant l’accumulation d’eau que de nombreuses tourbières subsistent encore dans les Vosges. Plusieurs associations végétales et fongiques constituent en mosaïque ces milieux complexes et fragiles. A tel point que certains végétaux ont opté pour des stratégies de survie originales, afin de pallier à la carence en azote minéral de ces milieux. Certaines éricacées, comme la canneberge, l’airelle des marais ou l’Andromède, vivent alors en symbiose avec des champignons inférieurs, qui forment alors des endomycorhizes. En revanche les Droseras (Drosera rotundifolia et intermedia), tirent elles une partie des nutriments indispensables à leur développement, de la décomposition d’insectes qu’elles capturent à l’aide de leurs feuilles spécialisées. Les champignons supérieurs y sont relativement bien représentés, avec des espèces spécifiques de ces biotopes. 

    De grands sites tourbeux marquent le paysage de type boréal dans les Vosges du Sud, comme le Champ du feu et le Gazon du Faing, le Tanet, le Machais, la Charme ou encore le Lispach et le Beillard, pour ne citer que ceux-ci. Les grandes clairières tourbeuses comme celles de Ventron et Neufs Bois abritent des espèces des milieux forestiers ouverts. Les hautes chaumes sont quant à elles très pauvres en diversité fongique. Moins connues mais tout aussi intéressantes, sont les tourbières du pays de Salm sur les Vosges gréseuses, dont la plus prestigieuse est la tourbière de la Maxe. Dans les Vosges du Nord on trouve aussi de grandes formations tourbeuses notamment dans le Pays de Bitche où l’eau est retenue dans des vallées sur fond de grès. Les tourbières acides ou tourbières à sphaignes s’offrent à nous dès la première visite, comme des paysages intensément originaux, voire inquiétants. Au 10e siècle avant les grands défrichements, elles représentaient avec les pierriers, les couloirs d’avalanche et les chaumes primaires, les seuls milieux naturels ouverts. Dans ces zones humides et très acides, constamment gorgé d’eau, sur un sol pauvre en élément nutritif et sous un climat rude, frais et humide, la croissance des végétaux tels que sphaignes, mousses, laîches et joncs engendre une accumulation importante de matière organique mal décomposée qui donne la tourbe. 

    Le lent façonnage de ces milieux demande plusieurs milliers d’années, on compte généralement un siècle pour la formation d’un centimètre de tourbe. Souvent au sein de la hêtraie sapinière, les tourbières se concentrent essentiellement dans les anciens cirques glaciaires, dans ces cuvettes barrées par des verrous ou des moraines. Une forte pluviométrie, une nébulosité élevée, ajoutés à la nature imperméable et acide de la roche mer, le granite ou du grès, sont ici les dispositifs d’accueil des tourbières. Les tourbières flottantes, dénommées Radeaux flottants sont une spécificité vosgienne, visibles notamment au Machais et au Lispach. En fin d’évolution ces dernières sont bombées, ne recevant plus que les eaux des précipitations atmosphériques, elles sont ensuite vite colonisées par les arbres, tels que les Bouleaux pubescents, les Aulnes et par les résineux comme les rares Pins à crochets au Beillard, ou les épicéas. Mais sur les pentes douces, on trouvera les plus courantes, les tourbières de pentes qui se situent sur des terrains de faible déclivité, alimentées par les ruissellements et les précipitations, le plus souvent installées sur le versant Lorrain. Les tourbières sont des monuments naturels et par la tourbe qui constitue un fossile, elles sont aussi musées du patrimoine naturel d’une région. Le bouleau pubescent égaie les tourbières. Ce pionnier de la reconquête des terres, sont les premiers arbres qui sont apparus sur le massif, après les glaciations. Peu exigeant avec le sol, il s’allie avec un beau cortège de champignons ectomycorhiziens, dont les Leccinum. Nous avons donc étendu le champ de nos trouvailles aux abords immédiats des tourbières, pour constituer cette liste qui n’est qu’une maigre démonstration de ce que l’on peut y découvrir, mais en rien une liste exhaustive. Devant tant de beauté magique, on respectera quelques règles, à savoir, ne pas cueillir les plantes et les champignons, car ils sont rares et menacés et on privilégiera des visites de tourbières aménagées ou éventuellement en suivant un guide naturaliste.

    Nous présentons à la suite, nos sites de prospections préférés, où des inventaires et études mycologiques sont en cours actuellement au sein de la Station d'étude mycologiques des hautes-Vosges S.E.M.H.V.

Le Machais
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    La Réserve Naturelle de la Tourbière de Machais a été créée initialement en 1988 à l’initiative de la commune de La Bresse, propriétaire du site, suite à l’immersion de la tourbière des Fagnes de La Lande par la construction d’un barrage hydroéléctrique sur la même commune. D’une superficie de 144,73 ha (950 – 1160 m d’altitude) et gérée par le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, elle abrite la dernière et la plus importante tourbière flottante intacte de tout le massif vosgien (zone de 20 ha en Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope - APPB), au sein d’un petit cirque glaciaire aux caractéristiques géomorphologiques marquées. 

    18 habitats ont été inventoriés, dont 10 d’intérêt communautaire et 3 d’intérêt communautaire prioritaire (tourbières hautes actives, tourbières boisées, érablaie de ravins et d’éboulis). 

    Premiers enjeux du site, les tourbières aux intérêts multiples (botanique, faunistique, hydrologique, paléontologique, etc.) et aux profils variés (flottante ou lacustre, bombée, de pente…) couvrent 25 ha au sein de 120 ha de forêt communale. Le caractère naturel remarquable de la tourbière lacustre fait de Machais un laboratoire d’observation sans doute unique des écosystèmes tourbeux. Afin de garantir la pérennité de ces milieux naturels fragiles, la pénétration sur la zone de la tourbière flottante (APPB) est interdite, sauf à des fins scientifiques autorisées par le Préfet. 

    La préservation du Grand Tétras, espèce menacée de disparition à l’échelle du massif vosgien, est aussi l’un des objectifs de la réserve. 

    En lien avec la sauvegarde du gallinacé, la gestion forestière, qui vise notamment à concilier exploitation et maintien des fonctions écologiques de la forêt, tient un rôle primordial à la fois dans le maintien de la biodiversité et dans l’intégrité du bassin versant dont dépend la tourbière flottante. Empreintes d’une longue histoire humaine, les forêts sont exploitées aujourd’hui sur 69 % de leur superficie (traitement en futaie irrégulière). Elles sont dominées par la hêtraie-sapinière. Hêtraie d’altitude, bétulaies et saulaies sur tourbe, et érablaie sont localisées. 

    Éboulis et gouttes (ruisseaux) sont également présents sur le site.

Précisément, 7 objectifs fondamentaux sont attribués à la réserve :
o Faire du site de la Tourbière de Machais un lieu privilégié d’études des écosystèmes du massif vosgien, dont les tourbières.
o Maintenir le caractère naturel des milieux et conserver les écosystèmes climaciques et semi-climaciques.
o Conserver les sous-populations de Grand Tétras présentes sur la réserve et ses abords.
o Mener une gestion favorable à la biodiversité (notamment sylvigénèse naturelle).
o Limiter la fréquentation, notamment en faisant oublier l’attrait intrinsèque du site de Machais.
o Sensibiliser aux enjeux de conservation des milieux naturels, dont les tourbières, et aux rôles de la réserve naturelle.
o Assurer la gestion courante de la réserve.

Un inventaire mycologique est en cours dans cette réserve intégrale depuis 2003, à notre initiative.
Les données seront prochainement accessibles sur ce site.


Source Réserve Naturelle, Tourbière du Machais
Site NATURA 2000 Le Machais - La Bresse 88

Le Lispach
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    Le lac de Lispach est situé à une altitude de 905 m à une dizaine de kilomètres de la Bresse. Des aménagements hydroélectriques et sportifs ont quelque peu défigurés le site. Mais cette tourbière reste malgré tout un lieu incontournable pour les naturalistes de part sa richesse en espèces remarquables tels l'aeschne subartique, le nacré de la canneberge, 2 espèces de Drosera et 1 hybride (Drosera longifolia, Drosera rotundifolia et Drosera x obovata), 2 espèces d'utriculaires (Utricularia minor et à priori Utricularia vulgaris), le rhynchospore blanc, l'andromède et diverses orchidées et les innombrables champignons que nous y avons recensés depuis plus de 15 ans. Le lac est occupé par des tremblants recouverts partiellement de sphaignes sur lequel il est possible de découvrir Armillaria ectypa. L'épaisseur de tourbe atteint par endroit les 6 m ce qui correspond à un âge de 10 000 ans. Attention, les abords de la tourbière peuvent être traîtres. 
    Le radeau flottant abrite de belles stations d'Armillaria ectypa. Celles-ci poussent en bordure, souvent à l'extrême limite avec le lac. Ce site remarquable est l'une des quatre stations tourbeuse à abriter ce taxon très rare dans les Hautes-Vosges.
    Un inventaire est en cours depuis 2006/2007 sur l'ensemble du site. Même si est endommagé en hiver par les randonneurs et l'accès au ski de fond, il n'en reste pas moins un site fort intéressant, riche en habitats diversifiés et aux nombreuses espèces de champignons caractéristiques de ces milieux.

Natura 2000 - Le Lispach - La Bresse 88

Retournemer
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    Le site de Retournemer constitue un site remarquable à plus d’un titre. Il s’agit d’un ancien cirque glaciaire, sur un socle granitique et grauwacke, d’où prend sa source la Vologne. Il est situé à une altitude de 776 m. Bien qu’orienté plein sud, le site reste toujours relativement frais, en raison du faible escarpement de la vallée. MEN 3612C41
Il s’agit d’un ensemble de propriétés privées dominées par la forêt alluviale résiduelle (Code Natura 2000 - 91 EO), proposé comme ZNIEFFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique, floristique et fongistique) 

    Le lac est ceinturé à l’Est, par une route départementale, au nord par un chemin menant à quelques habitations, à l’ouest par un chemin forestier et au sud par un sentier, qui serpente dans un milieu très accidenté sur le socle granitique, où la hêtraie sapinière s’illustre. 

    Au nord le lac est bordé par une tourbière flottante à tremblant (ou branloire), ensuite vient la cariçaie, puis la prairie de fauche délimitée par le chemin. C’est sur cette dernière, que lors du Congrès de la SMF, en octobre 2003, fût découvert une rarissime espèce fongique : Hohenbuehelia longipes. 

    A nord-ouest, sur la rive gauche de la Vologne, le site est doté d’une aulnaie ripicole mésotrophe, irriguée par des diffluences à niveau variable de la Vologne, installée à 2 décimètres au dessus du niveau du plan d'eau sur alluvions siliceux (granite & grauwacke). Elle comporte des espèces pionnières et nitratophiles comme Urtica dioica et Galeopsis tetrahit ainsi que des éléments transgressifs descendus des mégaphorbiaies subalpines comme Carduus personata, Cacalia alliarae, Chaerophyllum hirsutum et Circaea intermedia. Le même type d’aulnaie est également installée au sud, au niveau du déversoir du lac. 

    Sur la rive droite de la Vologne, on trouve une aulnaie-saulaie marécageuse à caractère oligomésotrophe, constamment inondée, installée sur sol holorganique en marge de la tourbière flottante. Elle comporte des espèces transgressives de la tourbière limnogène contiguë comme Calla palustris et Potentilla palustris. Sphagnum riparium y a été identifié par Alain ROYAUD en juillet 2003. 

    Une mégaphorbiaie est située à l’Est, entre la route est le lac. Il s’agit d’une pente où ruissellent plusieurs petits cours d’eau. Cet habitat a été très peu visité, en raison d’une part des difficultés de pénétration et du faible intérêt mycologique qu’il représente. 

    L’étude mycologique a été réalisée et s’est basée sur les relevés anciens en notre possession. Ont été ajoutée les récoltes de la sortie lors du congrès SMF, organisé par la S.M.H.V. à Saint-Dié des Vosges en octobre 2003. Les relevés se sont ensuite succédés durant les années 2004 à 2010, à raison d’un minimum de 6 sorties annuelles. Le site étant particulièrement enneigé, ou très froid une grande partie de l’hiver, les quelques visites qui ont été effectuées entre les mois de novembre et avril, ont vite démontré le peu d’intérêt à visiter le site à cette époque de l’année. 

    Seuls les champignons supérieurs terrestres, avec quelques lignicoles basidiomycètes et des ascomycètes ont été relevés au cours de cette campagne d’inventaire. Une très grande richesse d’espèces lignicoles est à prévoir dans les zones boisées, ainsi qu’un grand nombre d’ascomycètes dans les zones humides et notamment la cariçaie et la mégaphorbiaie. Un tel inventaire doit être conduit par des spécialistes de ces groupes.

Les Charmes - Thiefosse
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    La tourbière des Charmes occupe à l’étage montagnard un interfluve de grés entre les bassins de la Moselle et de la Moselotte, sur les communes de RUPT-SUR-MOSELLE et THIEFOSSE (Vosges). 

    Le site des Charmes est situé au coeur d’un dispositif Natura 2000 qui associe la Zone Spéciale de Conservation du Massif Forestier de Longegoutte et une Zone de Protection Spéciale. Sur ce plateau de grés et de granite à la topographie modérée, les  sols minces ont de faibles réserves hydrominérales. Ces facteurs contraignants ont sélectionné des communautés acidiphiles à fort contraste d’alimentation en eau. 

    Le site comprend notamment un des plus importants complexes tourbeux du massif vosgien mais aussi des landes sèches sur grès, des sapinières-hêtraies et des sapinières acidiphiles. L’exploitation ancienne des gisements tourbeux a entraîné leur dégradation mais contribuerait globalement à augmenter leur biodiversité.
Le patrimoine faunistique comprend notamment : 
- Des plantes inféodées aux tourbières à sphaignes : l’Andromède, le Rossolis à feuille ronde et le Rossolis intermédiaire, la Scheuchzérie des marais et le Souchet gazonnant. 
- Des odonates inféodés aux eaux stagnantes et acides : Aeschne subarctique, Aeschne des joncs, Leucorrhine douteuse et la Cordulie arctique. 
- Une des dernières populations viables de Grand Tétras du massif vosgien. 
- Le Conservatoire des Sites Lorrains assure depuis 12 ans la gestion biologique de ce site.

La S.E.M.H.V. assure désormais l'inventaire mycologique du site.

La Maxe
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    Les tourbières de Salm se trouvent sur l'ancienne principauté de Salm en Haute Bruche. Des cirques d'origine glaciaire ménagent des zones humides où l'on rencontre lacs et tourbières. Le sol du massif est de nature gréseuse, le grès rose des Vosges. La tourbière de la Maxe, ancienne, est complètement comblée. Les bouleaux et les petits arbustes envahissent progressivement les lieux. La tourbière est riche en Drosera rotundifolia, sphaigne à grosse tête, calune et autres plantes comme l'andromède (Andromeda polifolia). En bordure de la tourbière, abondent les lycopodes tel le rare Lycopodium annotium. Une petite espèce d'orchidée, Listera cordata, peut également être rencontrée au bord du chemin. Deux autres tourbières remarquables se situent dans la montagne du Rond Pertuis. Une petite tourbière abritée dans un cirque peu accessible et invisible du chemin révéle de magnifiques et agréables surprises mycologiques. Une troisième tourbière est riche en bryophytes en tous genres avec une multitude de champignons associés, cependant une partie de la tourbière est sèche, reposant sur un socle gréseux.

Le Frankenthal
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    La réserve naturelle du Frankenthal-Missheimle est située au cœur des Hautes-Vosges, sur le versant alsacien du massif du Hohneck. Longue de près de 6 km, la crête formant la limite Ouest de la réserve est encadrée par le Hohneck au Sud et par le Haut-Fourneau au Nord. 

    Premier chaînon du Massif Vosgien par son importance et son altitude, la chaîne du Hohneck-Grand Ballon constitue la ligne de partage des eaux entre les vallées de la Fecht, de la Weiss et de la Lauch à l'Est, et les vallées de la Moselotte, de la Vologne et de la Meurthe à l'Ouest. 

    Situé sur le versant oriental du massif du Hohneck, le territoire de la réserve se trouve sur le ban de la commune de Stosswihr. Les principales voies d'accès à cet espace naturel protégé sont la route départementale D 417 du côté alsacien, qui traverse le col de la Schlucht au centre de la réserve (reliant ainsi Munster à Gérardmer et La Bresse), et la route des Crêtes qui longe la limite Ouest de la réserve sur toute sa longueur. 

    Une tourbière est un milieu saturé en eau, colonisé par une végétation particulière à base de sphaigne, qui se développe sur un sol peu perméable. La matière organique, ou tourbe, provient de l’accumulation, sur une longue période, de résidus végétaux dans un environnement humide. Ses origines sont variées, mais dans les Hautes-Vosges, les glaciers ont leur part de responsabilité, car ils ont laissé, après leur fonte, des topographies caractéristiques en cuvettes favorables au développement de lacs qui, en se comblant au fil des millénaires, ont abouti à des tourbières. 

    Celle du Frankenthal, dans la haute vallée de la Petite Fecht, est à la fois typique de ces biotopes post-glaciaires et plus complexe qu’il n’y paraît à première vue. Si la végétation de la tourbière est bien connue depuis des décennies et protégée en conséquence, il n’en va pas de même de la fonge qui n’en est encore aujourd’hui qu’au stade de l’identification. Les champignons jouent pourtant un rôle capital dans la tourbière et forment des mycocœnoses bien constituées. Certaines espèces sont même d’une grande rareté à l’échelle de l’Alsace, de la France ou de l’Europe et contribuent à valoriser scientifiquement un des plus beaux sites des Vosges.

Réserve Naturelle du Frankenthal

Le Beillard
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    La tourbière du Beillard (ou de la Morte Femme) est située dans les Vosges sur la commune de Gérardmer . Elle est gérée par la Division de l'Office national des Forêts de Saint-Dié. L'objet de cet article est d'exposer les travaux entrepris dans cette tourbière depuis son classement en Réserve biologique domaniale (RBD). Ces travaux présentent l'originalité d'avoir été entrepris en concertation avec un Comité de gestion dans un but bien précis : conserver la tourbière dans son état actuel, c'est-à-dire, en quelque sorte, aller à l'encontre de son évolution naturelle. En effet, sous le climat d'aujourd'hui, qui diffère de celui sous lequel elles se sont formées, beaucoup de tourbières régressent. C'est le cas au Beillard, régression accentuée en outre par un assèchement certain. La forêt s'y implante progressivement par une série de successions végétales et en particulier par l'installation naturelle de l'Épicéa.

Le Forlet
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    Le Lac des Truites ou Lac du Forlet est le lac le plus haut des Vosges (1061 m). Il occupe un ancien cirque glaciaire aux parois vertigineuses. 
    L'intérieur du cirque glacière abrite une magnifique tourbière qui recouvre entièrement l'ancien lac naturel. C'est un petit paradis pour mycologues avertis.
    Quelque peu protégé des curieux, il ne bénéficie cependant d'aucune protection légale.

 

Pholiota henningsii
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Pholiota henningsii (Bres.) Orton, se rencontre en des points éloignés d’Europe 

    Nous avons découvert cette espèce pour la première, le dimanche 28 juin 2004, où nous nous étions rendus dans un marais-tourbière à Narbief (Doubs). Sur une strate à affleurement calcaire, nous sommes entrés dans une forêt à Picea abies et Pinus montana var. uncinata, avec un ourlet à Carex et jeunes Salix. Ce qui nous a surpris à l’intérieur de celui, ce sont ces bosses à sphaignes d’une hauteur relative de 40 à 50 cm qui entouraient les pins à crochets. C’est sur cet habitat, vers le sommet de l’une de ces buttes, que nous avons découvert un spécimen isolé d’un champignon que nous avons pris sur le terrain, pour un Hypholome.

    Nous avons récolté ensuite cette espèce à deux reprises, lors de notre voyage en Laponie en 2005, une première fois en Norvège et la seconde, dans une tourbière du Parc d'Oulanka en Finlande.

   Nous devons nos dernières récoltes de cette espèce à nos inventaires landais, sur le site NATURA 2000 du PLATA et dernièrement dans la tourbière de Messe près de Dax, dans le département des Landes. 

    Il s’agit d’une espèce briotrophe qui est fixée au sommet des rameaux de sphagnum et dont le mycélium n’est pas visible et non pénétrant. Cependant nous avons pu observer un amas tomenteux sublaineux à la base du stipe légèrement renflé. Ce tomentum blanchâtre a tendance à virer au jaune pâle à la dessiccation. 

    C’est en effet un espèce très rare d’après la littérature. En 1937, Jules Favre dans son article « Champignons rares ou peu connus des hauts-marais jurassiens », la considère déjà comme très rare et il ne cite que deux localisations de cette espèce, dont justement une tourbière de Narbief, près du Russey (Doubs), à 890 m d’altitude. SMF 55 p. 279
« Association fongique des hauts-marais jurassiens et de quelques régions voisines » p.132
Cette espèce semble bien présente dans le Jura, comme l’indiquent Max André et Jean-Marc Moingeon dans leur ouvrage « Les champignons de la montagne jurassienne » où ils la citent page 312. 

    Des récoltes sont connus du marais de Cerisaie à Paris, une tourbière atlantique boisée à Betula pubescens. 

    Notre champignon correspond très bien à la photo de M. Renard, d’une récolte du 5.10.97 dans la Loire, aux environs de Roanne, forêt de Lespinasse, à 320 m d’altitude, publiée au verso de la couverture du Bulletin FMDS (1999) n° 152, bien qu’elle ne soit pas typique, mais surtout à la description et l’icône de Ludwig (2000) conforme à notre spécimen Tafel 65.23 et c’est la copie conforme à celle de Holec (2001) pl. 36. 

    Écologie : dans les tourbières hautes et basses, isolé sur Sphagnum ou parmi d’autres mousses (Aulacomnium, Polytrichum), surtout dans les aulnaies et les forêts alluviales. (VI) VII – X (= (juin) juillet – octobre) . Très rare. En Allemagne, concentré presque exclusivement dans les zones calcaires des (Pré)alpes. Liste rouge 3 (= menacé). 

    Chapeau : 1 – 4(5) cm ; convexe à légèrement mamelonné. D’abord jaunâtre pâle [pouvant s’approcher du jaune citron], notamment à la marge, puis ocre clair, brun rougeâtre à brun orange au centre ; souvent un peu taché de rouge. Cuticule lubrifiée-visqueuse et brillante à l’état frais, marquée de fibrilles radiales brunes [à finement squamuleuse] ; [Marge appendiculée au début de résidus de voile blanc]. 

    Lames : arrondies au pied à adnées ou décurrentes par une dent ; très étroites ; d’abord blanches ou jaune pâle, puis ocre pâle, et enfin ocre à brunes. 

    Stipe : 3 – 7 x 0,15 – 0,4 [1] cm ; d’abord blanchâtre à jaune pâle, puis brunissant à partir du bas ; glabre [au début fibrilleux-floconneux et pourvu d’une zone vélaire annuliforme]. 

    Chair : odeur agréable , saveur douce [mais parfois avec un arrière-goût nettement amer]. 

    Sporée : brun foncé.

Pholiota henningsii (Bres.) Orton
Syn. Dryophila henningsii (Bres.) Kühn. & Romagn.
Flammula henningsii Bres.
Flammula muricella (Fr.) ss. Romagn. 1937
Naucoria paludosella Atk.
Pholiota paludosella (Peck) Smith & Hesler 

    Etude d’un de nos exemplaires : 6 cm de haut et 2 cm de large, le chapeau, 2,4 cm de Ø, convexe, à disque caractéristiquement fibrillo-saquamuleux roussâtre rouge à fauve jusqu’au tiers de la marge, sur fond jaune citron à jaune pâle surtout vers la marge nettement enroulée avec de légers restes du voile. Les lames sont assez espacées, avec lamelles et lamellules, galbées, jaunâtre pâle virant au beige puis ocre brunâtre à la fin et au sec, plus ou moins échancrées-adnées, à arête crème olivâtre
Le stipe (5,2 x 0,6 cm) est légèrement épaissi à la base, bulbilleux, entièrement fibrillo-squamuleux surtout sous les lames et à la base du stipe, plus pâle que le chapeau. La chair mince et souple est jaune roussâtre pâle dans le chapeau et le haut du stipe et plus ochracé rougeâtre vers la base, mais pâle dans le cortex ; l’odeur est complexe, chimique ?, mais peu prononcée et la saveur amarescente à légèrement astringente. 

Habitat
:
Dans les sphagnum, avec Vaccinium vitis-idaea & oxycoccus, Caltha palustris, près de Pinus montana var uncinata et Betula pubescens, dans la littérature on trouve surtout cette espèce sur sphaigne, mais Marchand la cite sur sphaignes et polytrics, sa photo dans le Tome 6, p. 196 n° 596 la montre sur polytrics avec un chapeau à peine squamuleux au disque.

Phénologie : Juin à septembre, semble principalement fructifier après de fortes chaleurs.
Juillet et août en Laponie -

Bibliographie :

ANDRE M. & MOINGEON J.-M. 2002 – Les champignons de la montagne jurassienne.
NEO, 367 p
DÄHNCKE R.-M. 1993. – 1200 Pilze in farbfotos, AT Verlag. 1180 p.
FAVRE, J. 1948.- Champignons rares ou peu connus des hauts-marais jurassiens, Beitr. Kryptogamen, xxx p.
HOLEC, J. 2001.-The genus Pholiota in central and western Europe. IHW-Verlag, 220 p.
LAMOURE D. 1995.- A de quelques espèces remarquables. Bull. FMDS 1995, 137 : 21 :34.
LAURENT, P. 2004 – Bull. Soc. Myc. Du Locle (Suisse) “les rencontres franco-suisse”. N° 169 p. 4 :11
LUDWIG, E. 2000.- Pilzkompendium. Band I Abbidungen. Postfach, IHW Verlag, 192 p.
LUDWIG, E. 2000.- Pilzkompendium. Band I Beschreibungen. Postfach, IHW Verlag, 758 p.
MARCHAND, A. 1980.- Champignons du Nord et du midi, Tome 6, Hachette, 291 p.
MOREAU, P.-A., 2002.- Analyse écologique et patrimoniale des champignons supérieurs dans les tourbières des Alpes du Nord et du Sud. Thèse, Univ. Savoie, 336 p.

Patrick LAURENT

Inventaire Mycologique
Inventaire mycologique du Lac tourbière et de l'Aulnaie de Retournemer à Xonrupt 88
Inventaire mycologique de la tourbière des Charmes à Thiéfosse 88
Inventaire mycologique de la zone naturelle protégée du See d'Urbes 68
Inventaire mycologique de la Réserve naturelle du Frankenthal - Missheimle sur le massif vosgien 68
Les tourbières
Cortinarius rubellus
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Cortinarius speciosissimus Kühner et Romagnesi
Cortinaire très spécieux, Cortinaire des sphaignes

Description : Ce Leprocybe présente un chapeau (3-8 cm) conico-convexe puis étalé bosselé, à revêtement fibrilleux à subsquamuleux, fauve orangé, brun fauve ou roux vif, dont la marge reste plus pâle. Les lames espacées et larges, d’abord ocre pâle deviennent rouille intense. Le stipe faiblement épaissi à la base ou bulbeux est chiné de zébrures ocre jaunâtre provenant des reste du voile. La chair jaunâtre pâle teintée de fauve sous le revêtement du chapeau a une saveur douce et une odeur faiblement raphanoïde.

Habitats & phénologie : Ce tueur pousse surtout dans les tourbières de pentes, dans les sphaignes principalement dans les bois de résineux, sur sol acide, souvent en mélange avec les Myrtilles, de la fin de l’été à l’automne.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Proche du Cortinaire couleur de rocou, il provoque le même syndrome, s’attaquant aux reins et avec le même risque d’issue fatale. Syn. : Cortinarius rubellus

Voir la page Mycotoxicologie : syndrome orellanien

Armillaria ectypa
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Armillaria ectypa (Fr. : Fr.) Lamoure

Description : Cette très rare espèce possède un chapeau jusqu’à 7 cm, étalé puis déprimé, comme translucide, hygrophane, gras à viscidule, fauve ochracé à l’état imbu puis couleur de miel au sec, à disque orné de fibrilles innées plus foncé et à marge très mince et flexueuse, strié dans l’âge. Les lames sont assez espacées, irrégulières et inégales, adnées décurrentes à décurrentes, larges et épaisses, parfois à arête brun rougeâtre. Le stipe est long pour sortir des sphaignes environnantes, renflé progressivement jusqu’à la base, moelleux de blanc, à surface concolore au chapeau sauf à la base blanche et cotonneuse. La chair est cartilagineuse avec une légère saveur farineuse, âcrescente à la mastication et une odeur fruitée faible.

Habitats & phénologie : Nous l’avons toujours trouvé en bordure des tourbières à la limite avec l’eau des lacs, ce qui rend les prises de vue très scabreuses. En effet, la tourbe n’est guère épaisse en limite et peut donc difficilement supporter le poids d’un homme. Son écologie est très particulière. Les cordons mycéliens sont typiques du genre Armillaria diffus dans la tourbe jusqu’à environ 30 cm de profondeur, c’est l’espèce des tourbières dont le mycélium est le plus profond. Elle est présente de l’été à l’automne.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Sortie de son milieu, ont peut la confondre avec d’autres Armillaires, mais son habitat est si caractéristique qu’il est impossible de la manquer. C’est le champignon qui se trouve en tête de liste des espèces rares et menacées proposées pour l’annexe de la convention de Bern. Elle est à classer en liste rouge catégorie 1. Malgré sa rareté reconnue en France et en Europe, cette Armillaire atypique est assez bien représentée sur le massif vosgien, où elle est présente sur plusieurs tourbières. On la trouve en mosaïque sur le radeau flottant du Lispach et sur les tremblants des tourbières du Machais, du Frankenthal et de Retournemer.

Fonge du Frankenthal
Préinventaire de l'étang noir, Frankenthal sur la commune de Stosswihr. DD - PL
Fonge du Beillard
beillard.pdf (55,14 Ko)
Note d'inventaire mycologique de la tourbière de la Morte Femme au Beillard - Gérardmer 88, note de 1992 HV
Inventaire Helotiales
Inventaire des ascomycètes de la région de Gérardmer 88 - Edition 2002 Jacques DENY
Martimpré
Espèces déterminantes
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Photo de Galerina paludosa

Espèces déterminantes des Tourbières vosgiennes
SPHAGNAIES OUVERTES OU BOISEES, TOURBIERES

SPHAGNAIES OUVERTES OU BOISEES, TOURBIERES

ARMILLARIA ECTYPA
GALERINA PALUDOSA
Bovista paludosa
Galerina hybrida
Hypholoma elongatum
Russula aquosa
Tephrocybe palustris
Cortinarius palustris
Cortinarius sphagnogenus
Entoloma sphagnorum
Entoloma sericatum
Hygrocybe coccineocrenata
Hypholoma udum
Lactarius hysginus
Mitrula paludosa
Phaeonematoloma myosotis
Trichoglossum hirsutum

Aperçu FAUNE
TOURBIÈRES D'IRLANDE
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Les Tourbières, des Formations géologiques prépondérantes en Irlande
Impossible lorsque l’on parle de l’Irlande de ne pas évoquer une soirée auprès d’un bon feu de tourbe, dégageant cette odeur si particulière. Impossible non plus de passer à coté de ces longs monticules dressés dans les peatlands (tourbières) situés pour la plupart, dans les comtés de l’ouest de l’île. Alors qu'on les protège dans les Vosges et en France, on les exploite en Irlande !
Les tourbières couvrent près de 16% de l’Irlande (20 000 km²) et seulement 3 pays la dépassent en terme de pourcentage : la Finlande, le Canada et l’Indonésie. Une Tourbière est en général particulièrement humide : voilà pourquoi l’Irlande est l’un des pays possédant autant de tourbières; les précipitations y sont régulières et abondantes, et permettent ainsi d’entretenir une humidité importante dans des milieux naturels.
Tourbières d'Irlande
Tourbières de FINLANDE
Tourbières de NORVEGE
Des arbres sur une tourbière !
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Si l’image d’Épinal de la tourbière dépeint souvent une végétation rase peuplée de droseras, souvent entretenue par l’Homme, on trouve aussi des stades boisés naturels de grand intérêt écologique. Ces tourbières boisées sont d’ailleurs reconnues d’intérêt prioritaire au niveau européen par la directive « Habitats », au même titre que leurs consoeurs non arborées.

La présence des arbres a longtemps été connotée négativement sur les tourbières. Accusé de nuire à sa biodiversité ou de l’assécher, le stade boisé était considéré comme une phase de sénescence signant l’arrêt du processus millénaire d’accumulation de la tourbe. Mais des travaux récents invitent aujourd’hui à remettre en cause ce présupposé, et à y considérer avec plus de bienveillance la présence des arbres.
Les forêts sur tourbe abritent tout d’abord une foule d’espèces, dont certaines sont inféodées à ces seuls habitats. Parmi les rares arbres qui parviennent à croître sur ce milieu, c’est le cas du Pin des tourbières (Pinus rotundata), une espèce proche du Pin à crochets (Pinus uncinata). Une biodiversité discrète colonise aussi l’écorce ou le bois mort, telles les nombreuses bryophytes (Dicranum flagellare, Orthotrichum rogeri, Ptilidium pulcherrimum…), mais aussi les lichens, les insectes ou la fonge.

Si l’arrivée des arbres sur la tourbe s’accompagne d’un gain d’espèces forestières, des espèces pionnières et de lumière peuvent persister. La présence d’arbres peut être source de diversification, notamment lorsqu’un chablis crée une trouée de lumière, une gouille ou une plage de tourbe dénudée. En Europe, les arbres qui parviennent à coloniser les tourbières sont souvent des pins et des bouleaux rabougris, au feuillage diffus, et qui pompent une modeste quantité d’eau. Une tourbière dont la fonctionnalité est intacte demeure un milieu hostile pour l’arbre. C’est en particulier le cas des tourbières bombées, ces véritables buttes constituées par l’accumulation de plusieurs mètres de tourbe et dont la végétation n’est plus alimentée que par l’eau de pluie. L’instabilité du substrat, l’enfouissement progressif des racines par les sphaignes, l’enfoncement de l’arbre sous son propre poids entraînent une forte mortalité. Les peuplements sont donc souvent très clairs, ouverts par endroits ou parsemés de chandelles. Dans certains cas, la tourbière ne se boise même pas du tout.

Pour toutes ces raisons, de nombreuses espèces rares et réputées de lumière comme l’Andromède ou l’Airelle à petits fruits se rencontrent dans ces « forêts », qui tiennent plus de la taïga boréale que des hautes sylves habituelles sous nos latitudes. Les arbres font de l’ombre aux espèces herbacées et pompent de l’eau, mais jouent aussi un rôle primordial dans l’équilibre hygrométrique, en limitant l’évaporation due au soleil et au vent. Cette humidité semble avoir une importance primordiale pour les sphaignes, notamment à basse altitude et dans le contexte actuel de changement climatique. On peut même assister à la « naissance » d’une tourbière sous de jeunes arbres ayant colonisé d’anciennes prairies paratourbeuses. On le voit, l’équilibre entre sphaignes et arbres est subtil, puisque l’accumulation de ces mousses peut entraîner par la suite la mort des arbres. En dehors de cas flagrants de drainage ou de plantations, l’origine du boisement des tourbières est souvent complexe. Le retour à la forêt peut être naturel, comme le montrent les restes de bois conservés dans la tourbe de bas-marais aujourd’hui défrichés. Mais parfois, il semble que l’arrivée des arbres soit due à l’homme, alors se pose la question de la nécessité d’intervenir afin de corriger un déséquilibre. En réalité, laisser faire la nature et ne pas intervenir sur la végétation est souvent la meilleure solution, le plus important étant avant tout de restaurer la fonctionnalité hydrologique de ce milieu. Les tourbières, bien que fragiles et au fonctionnement complexe, sont alors capables de cicatriser leurs blessures d’elles-mêmes lorsque l’on fait preuve de patience.»

Naturalité. La lettre des forêts sauvages. Benoit RENAUX
http://www.forets-sauvages.fr

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