et STATION D'ETUDES MYCOLOGIQUES
Les champignons
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COUP DE GUEULE
Vign_vente

Cri d’alarme et plaidoyer pour les champignons !

Après cet article, comment rester insensible

Authors: Vosges Matin
GOLBEY
Cela fera vingt ans, l’année prochaine, qu’elle existe. Depuis, d’avril à décembre, son entrepôt de la rue des Chaudronniers à Golbey ne désemplit pas : au plus fort de la saison, c’est-à-dire actuellement, des piles impressionnantes de palettes de champignons attendent d’être triées, examinées, conditionnées. La Forestière du champignon est dorénavant le plus important dépôt-vente de champignons du département. Même si elle s’occupe également des fruits et légumes. Forte de cinquante points de collecte (sur sept départements) et d’une soixantaine de salariés (dont de nombreux saisonniers), la société basée à Golbey jouit désormais d’un carnet d’adresses solidement constitué : elle exporte même au célèbre marché de Rungis.
« Nous proposons une bonne dizaine de variétés de champignons, précise le propriétaire Guy Belin. Les cèpes, les chanterelles et les trompettes sont celles que nous vendons le plus. » En gros ou aux particuliers qui peuvent même se rendre au siège social golbéen : « Nous faisons de la vente directe. »
Souveraine nature
En revanche, depuis cette année, il est à signaler qu’un champignon apprécié depuis longtemps des Vosgiens et présent dans les forêts du département a disparu de la vente : la pleurote sauvage ou pleurocybella proogens de son nom savant. « Il y a eu des décès au Japon suite à la consommation de cette variété ; il faut appliquer le principe de précaution, explique Guy Belin. Il s’agissait de personnes sous dialyse ou souffrant de problèmes rénaux. Je conseille donc à celles et ceux qui cueillent ce champignon en forêt d’éviter désormais de le consommer s’ils présentent de tels problèmes de santé. »
Pour les autres espèces comestibles, pas de problème à signaler. La récolte bat son plein et il faut faire preuve de beaucoup de réactivité : « C’est la nature qui décide… Les prévisions sont donc impossibles ! » , sourit Guy Belin. Pour les cueilleurs, le processus reste le même depuis maintenant 19 ans : apporter leur récolte à l’un des points de collecte de la Forestière ou d’une société similaire. Sauf quand les gourmands préfèrent tout garder pour eux.
N.C.
Lire la source :  http://www.vosgesmatin.fr/vosges/2013/10/01/la-saison-des-champignons-est-lancee
 
Dans le texte : « En revanche, depuis cette année, il est à signaler qu’un champignon apprécié depuis longtemps des Vosgiens et présent dans les forêts du département a disparu de la vente : la pleurote sauvage ou pleurocybella proogens de son nom savant. » Preuve que ceux qui ont annoncé l’espèce et écrit l’article, n’en sont pas des savants ! Il s’agit en fait de Pleurocybella porrigens (Pers.) Singer 1947 une marasmiacée effectivement courante dans les hautes Vosges, sur souche de résineux et notamment sur épicéa Picea abies et sapin Abies alba. Et il ne s’agit pas de la pleurote mais bien du Pleurote, nom masculin.

    Voilà le ton est donné, le fossé qui sépare les vendeurs de champignons et les naturalistes ou les scientifiques. En deux lignes deux erreurs !!
Comme tient à le préciser cette madame Guy Belin de Golbey, voici bientôt vingt ans que les forêts vosgiennes font l’objet d’un pillage organisé. Ceci au nez et à la barbe des autorités malgré un arsenal législatif précis. 
Voir ci-dessous la rubrique réglementation et les textes du Code forestier, du code pénal et du code civil.

Un bémol, cependant à ces textes :
Un maire étant donc assimilé au propriétaire de la forêt communale, peut autoriser la cueillette gratuite dans cette forêt (en gros, c’est à lui (à la commune dans les faits), il en fait ce qu’il veut. Il peut limiter la quantité, faire payer un droit, etc.)
Je pense qu’à l’ONF c’est la même chose, l’état peut, étant propriétaire de sa forêt, autoriser des cueillettes sous conditions (paiement, …)
Et bien entendu, un propriétaire de forêt privée peut aussi céder ses droits, …
 
Il n’est pas question de distinguer tel ou tel genre de ramasseur, mais de contrôler les volumes qui sortent de nos forêts (est c’est franchement pas compliqué)
On peut aussi se mettre devant un dépôt, et contrôler les volumes d’arrivage, et les origines. Si la personne qui arrive avec 50 kg de cèpes, n’est propriétaire d’aucune forêt, elle est en infraction caractérisée. La DGCCRF peut facilement intervenir, pour demander systématiquement l’origine des champignons, tout comme la gendarmerie ou la police en ville.

    Je n’aborde pas la circulation des véhicules sur les chemins forestiers interdits et encore, quand ils circulent sur les chemins et pas en pleine forêt au détriment du code de l’environnement. 
    Que dire des personnes que se mettent en maladie pour aller jouir de leur trafic à la saison des champignons et qui encaissent des dividendes non négligeables sans déclaration de revenus.
On voit en plus depuis quelques années seulement, des hordes de dizaines de cueilleurs venant des pays voisins et notamment des pays de l’Est, venir ravager nos forêts et perturber durablement nos biotopes.
On peut se demander pourquoi ce trafic illégal existe et perdure depuis tant d’années ! 
    Et que dire du contrôle des espèces, des contrôles sanitaires, des connaissances sur la soi-disant comestibilité des espèces. J’ai vu personnellement, tout comme des mycologues de la société de Strasbourg, des espèces impropres à la consommation dans des cagettes destinées à la vente, tout comme des espèces de Cortinaires toxiques au sein de cagettes remplies de Chanterelles en tube et bien d’autres anomalies. 

    Il faut savoir qu’en France peu de champignons sont interdits à la vente. C’est ainsi qu’il existe un arrêté interdisant la vente de ce que les Vosgiens appellent « le petit gris jaune » de son nom scientifique Tricholoma equestre. Autrefois réservé à la table des chevaliers, cette espèce s’est révélée être sérieusement toxique lorsqu’elle est consommée lors de plusieurs repas consécutif ou tout simplement en abondance. Elle a d’ailleurs causé plusieurs décès ces dernières années. Le Gyromitre « comestible » Gyromitra esculenta est lui aussi interdit à la vente, car il s’agit d’une espèce mortelle. Ce sont les deux seules. On a donc le droit de vendre une Amanite phalloïde ou un Cortinaire des montagnes dénommé aussi Cortinaire couleur de Rocou, tous deux de redoutables mortels biens connus ! 

    Les dépôts qui reçoivent les champignons réputés comestibles, tout comme les autorités sanitaires départementales, s’interrogent-elles sur l’origine des récoltes, sur les lieux où les espèces ont été ramassées. Ces stations de récoltes sont-elles sans danger sur les espèces destinées à la vente ?
Il me vient à l’esprit une anecdote voici quelques années en bordure de route le long de la forêt de Rambervillers, où je mettais en garde un ramasseur de champignon qui récoltait des Agarics (les cousins du champignon de Paris) sur la berme de la route. Je luis précisais que ces spécimens seraient sans doute impropres à la consommation, car il est connu que les champignons ont la fâcheuse manie de concentrer les métaux lourds, comme le plomb contenu dans l’essence des véhicules et qui se retrouve dans l’herbe du bord des routes en raison de fuites d’hydrocarbure et des gaz d’échappement. Ce bon vosgien me répondit spontanément : Il n’y a aucun danger, car je ne vais pas les manger, c’est pour les vendre ! 

    Quelles sont les connaissances en mycologie des ramasseurs, des vendeurs, des grossistes ? Y a-t-il comme sur certains marchés de villes de France, des mycologues qui effectuent des contrôles des espèces. Ces gens savent-ils que la Morille est un champignon toxique, qui contient des hémolysines qui détruisent les globules rouges du sang. Il s’agit d’une toxine thermolabile qui est détruite par la chaleur. Les Morilles ne deviennent donc comestibles, qu’une fois cuites. Il en est de même pour notre très courante et abondante Amanite rougissante Amanita rubescens, nommée suivant les vallées ou les villages : Golmotte, Gormelle, Queumelle, Pied rouge et j’en passe…
Que fait-on des champignons invendus que l’on présente à plusieurs reprises et qui à la longue sont parasité par un Fungi imperfecti, une moisissure qui va les rendre toxiques, indigestes, laxatifs, etc.

    Dans le même temps où paraissait cet article, on pouvait voir dans les journaux télévisés nationaux, que les gendarmes maritimes intervenaient pour faire respecter la réglementation sur la pêche aux Coques, qu’ils sévissaient et verbalisaient. Le but étant de préserver l’écosystème et donc les récoltes futures d’une part, et le commerce de cette richesse naturelle d’autre part. Pourquoi n’en est-il pas de même pour les champignons qui sont au coeur même de notre biodiversité. Incontournable et indispensable être vivant constituant une Fonge si mal menée, négligée, souvent ignorée. Zappée dans le programme européen Natura 2000, oubliée dans les ZNIEFF qui devrait porter 3 F pour devenir ZNIEFFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique, floristique et fongique). Quand on connaît le rôle primordial des champignons dans les écosystèmes, comment ne pas les protèger, les respecter, les sublimer. Pas un seul ligneux, notamment les arbres, les graminées et de nombreuses plantes ne vivent sans symbiose avec eux. Quand on sait que seuls les champignons sont capables de décomposer la lignine et qu’ils participent à la décomposition de la cellulose pour fabriquer nos sols sur lesquels vont pousser nos plantes qui seront ensuite consommées par les animaux, pourquoi ne pas faire appliquer le peu de textes qui sont sensés les protéger. 

    C’est  une aberration, que cette vente totalement libre des champignons sachant les règles drastiques qui encadrent l'agroalimentaire, c'est assez étonnant de voir ce qui se passe.
On parle de vente directe dans l’article du journal. C'est-à-dire que la cueillette du ramasseur, passe directement au grossiste, qui touche sa marge au passage (déclare t-il ce revenu ?), et revend celle-ci au détail, sans aucun contrôle des espèces (on trouve par exemple dans la même cagette sous l’appellation de cèpe de Bordeaux : Boletus edulis, Boletus aestivalis, Boletus aereus, Boletus pinophyllus, etc.… ou des espèces de Cortinaires toxiques dans les caisses de Girolles ou de Chanterelles [n’est-ce pas Jean-Pierre !]), sans aucun contrôle sanitaire (on a tous vu la gueule des champignons qui sont parfois vendus dans les grandes surfaces et sur les marchés !!!), et que dire du trafic que j’ai personnellement constaté en infiltrant la filière pendant un ans, de Girolles vendues par tonnes en période de sécheresse dans les Vosges, qui partent sur les marchés sous l’appellation Girolle des Vosges, venant d’Ukraine, après avoir transité par l’Espagne (J’ai des tas d’autres exemples tous aussi malheureux, mais ne nous égarons pas).
 
    Voilà, ce que je veux démontrer, c’est qu’il n’est pas si compliqué de faire appliquer la loi, même humainement (je veux dire que pour moi, qu’il n’est pas question d’aller mesurer la cueillette. Si un bon papi revient avec son panier rempli de champignons, on comprendra bien qu’il s’agit d’une cueillette familiale, il y a des signes qui ne trompent pas : l’âge, le type de voiture, la grandeur du panier, etc.…).

Bref, il est temps que dans ce pays où la protection de la nature a pris tant de retard, on prenne conscience du rôle écologique des champignons.

Réglementation de la cueillette
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Le tout nouveau code forestier stipule ceci :

Article R163-5 du code forestier :

Le fait, sans l'autorisation du propriétaire du terrain, de prélever un volume inférieur à 10 litres de champignons, fruits et semences dans les bois et forêts est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe. Toutefois, dans les bois et forêts relevant du régime forestier, sauf s'il existe une réglementation contraire, l'autorisation est présumée lorsque le volume prélevé n'excède pas 5 litres.
Lorsque l'infraction est le fait du concessionnaire d'un pâturage, ou de son préposé, et qu'elle est commise sur le terrain concédé, elle est punie de l'amende prévue pour les contraventions de la 3e classe lorsque le volume prélevé est inférieur à 5 litres, et de celle prévue pour les contraventions de la 5e classe lorsqu'il est compris entre 5 et 10 litres. (Amende pouvant aller jusqu'à 1500 €)

Article L163-11 du code forestier :

Le fait, sans autorisation du propriétaire du terrain, de prélever des truffes, quelque qu'en soit la quantité, ou un volume supérieur à 10 litres d'autres champignons, fruits ou semences des bois et forêts est puni conformément aux dispositions des articles 311-3 et suivant du code pénal.

Autrement dit, la cueillette non autorisée de plus de 10 litres de champignons, est du vol et puni comme tel. (Amende prévue à partir de 1500 €, possibilité de confiscation de la chose ayant permis le vol (La voiture) et avec possibilité d'une peine de prison !)

Article 311-3 du code pénal :
Le vol est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende. Le délit de vol de champignons est constitué au regard du code pénal, même si le propriétaire n’en a pas clôturé sa terre ou n’en a pas interdit l’accès par voies d’affiches. On ne peut déduire de cette absence une quelconque tolérance de ramassage.

Concernant les forêts communales et les forêts de particuliers, il s’agit dans les deux cas de forêts privées. La première étant la forêt privée d’une commune sous la responsabilité du maire qui peut en interdire l’accès ou la cueillette.

Concernant les propriétés privées, vous devez normalement bénéficier d’une autorisation des propriétaires, sous peine de vous voir accusé de vol purement et simplement. Des cas de condamnations pour vol sont connus notamment pour des cueillettes intensives, voire sur des truffières.

Article 547 du code civil : « les fruits naturels ou industriels de la terre appartiennent au propriétaire par droit d'accession ». cela signifie que le propriétaire n’a pas à faire un acte particulier, comme apposer un panneau, pour être propriétaire des champignons.

Dans tous les cas il faut respecter la propriété privée, les arrêtés d’interdiction au titre du ramassage, de la circulation, et également des arrêtés pour la protection du lieu en matière d’environnement.

Limitez vos récoltes à vos besoins, sachant que même avec une autorisation de récolte, certaines communes ou certains départements limitent les récoltes (en litres ou en kilos). Il est donc fortement conseillé de vous renseigner auprès des mairies et des organismes de protection de la nature ou encore à l’agence O.N.F. locale.

Forêts des régions, départements, communes et autres sections :

Les champignons sont un produit accessoire des forêts régis par le code forestier : « Les cessions de produits accessoires autres que les produits des coupes sont autorisées par l'Office national des forêts qui règle leur mode d'extraction et les conditions de leur enlèvement. Le prix est fixé par le conseil municipal pour les forêts communales et sectionnales et par l'Office national des forêts, sur proposition des administrateurs, pour les autres forêts non domaniales relevant du régime forestier. ».

Protégés par la loi
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Les champignons protégés par la loi

L'article L. 411-1 du code de l'environnement édicte certaines interdictions :
« I. - Lorsqu'un intérêt scientifique particulier ou que les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, sont interdits : »

«… 2° La destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement de végétaux (cas étendu aux champignons) de ces espèces, de leurs fructifications ou de toute autre forme prise par ces espèces au cours de leur cycle biologique, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, la détention de spécimens prélevés dans le milieu naturel »

« 3° La destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces »

L’Article L411-2 du même code complète le précédent : 
Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions dans lesquelles sont fixées la durée et les modalités de mise en oeuvre des interdictions… »

La liste de tels champignons est donc arrêtée par décret en conseil d'État, affichée dans les préfectures et les mairies. Cette interdiction de ramasser peut :
- être permanente ou temporaire ;
- concerner tout ou partie d'un territoire ;
- être soumise à une autorisation de prélèvement.

Cas du "Bidaou" dont les noms scientifiques sont : Tricholoma auratum et Tricholoma equestre est interdit à la consommation et à la vente sur tout le territoire national. Il est désormais déclaré : espèce mortelle ! après avoir causé la mort de plusieurs personnes dans le Sud-ouest de la France.

Ventes sauvages & illégales
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Vente sauvage de champignons
à ne pas confondre avec vente de champignons sauvages !

Les ventes illégales de champignons sauvages pillés illégalement dans nos forêts, domaniales communales et privées, sont en vente à la sauvette au vu et au su de nos autorités, sans contôle sanitaire et ceci depuis des décennies...

Prochainement dans cette rubrique :
Les règles
La réglementation
Les us et coutumes
Les pratiques
Les tolérances
Les abus
Les arnaques

Comestibles ?
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Quelles sont les espèces que l'on vous propose à la vente ?

Sur cet étalage, j'ai compté pas moins de trois espèces de Cèpes (Boletus edulis, B. aestivalis et B. pinophyllus), non différenciés. Une entaille à la législation !

Quel contrôle sanitaire ont-ils subit ? Qu'elle est leur provenance ? Quel est leur état de fraîcheur ? Sont-ils tous comestibles ?
Autant de questions que le consommateur devrait se poser. Les instances sanitaires également !

Ce marchand est-il propriétaire de ces champignons ? Quelle concurrence aux marchés légaux et contrôlés ?
Autant de questions que les autorités administratives et fiscales devaient se poser !

Champignons sauvages
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Vente de champignons sauvages sur les étalages des grandes surfaces

Ici, on propose des "Girolles" de Tunisie
Il se pose souvent la question de la traçabilité des espèces et les fraudes sont encore trop nombreuses.
Champignons de culture
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Vente de champignons de culture dans les grandes surfaces

Ici, on propose des "champignons de Paris"

L'appellation Champignon de Paris ne veut plus dire grand chose. Peu ou pas viennent de la capitale française. Champignon de couche correspond mieux à cette espèce nommée scientifiquement Agaricus bisporus. C'est le premier champignon cultivé au monde en poids, et il provient à plus de 70% d'Italie !
Réglementation préfectorale
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La réglementation préfectorale

Elle n'est pas systématique mais la cueillette des champignons peut être réglementée par arrêté dans les départements où les champignons ne sont pas protégés par la loi (au titre de l'article L. 411-1 du code de l'environnement relatif à la préservation du patrimoine biologique). Il convient donc de se renseigner en mairie du lieu du ramassage ou en préfecture, afin de savoir si un tel arrêté existe.

Cueillette des champignons :

Le préfet peut en effet prendre un arrêté en application des articles R. 412-8 et 412-9 du code de l'environnement complétés par l’arrêté du 13 octobre 1989, une liste de champignons dont le ramassage et la cession à titre gratuit ou onéreux sont soit interdits, soit autorisés sous certaines conditions sur tout ou partie du territoire et pour des périodes déterminées.

En pratique, l'arrêté du préfet fixe, pour une ou plusieurs espèces :

- l'étendue du territoire concerné ;
- la période d'application de la réglementation ou de l'interdiction (horaires et dates) ;
- les conditions d'exercice du ramassage ou de la récolte ou de la cession ;
- la qualité des bénéficiaires de l'autorisation ;
- la quantité maximale à ramasser (cela varie de 2 litres à 10 litres par jour et par personne selon la région et la nature du champignon ou encore un panier par personne et par jour).

Ces arrêtés préfectoraux sont affichés dans chacune des communes concernées et publiées dans au moins deux journaux régionaux ainsi que le Recueil des actes administratifs. S'il existe un tel arrêté préfectoral, il s'applique à tout le monde y compris au propriétaire du sol.

Bio & cueilli à la main !
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Attention aux arnaques à l'étiquette !

Un papier se laisse écrire, une étiquette aussi et à l'heure des faux ou des mauvais arguments, on peut vous vendre du vent et parfois assez cher.

Concernant les champignons comestibles, il existe des espèces cultivées et une grande majorité de champignons sauvages. Tous cueillis à la main évidemment. Comment pourrait-il en être autrement ! Avez-vous déjà vu des moissonneuses à Girolles ou des faucheuses à Cèpes sévir dans nos forêts ?

Et bien cela n'a pas empêché une grande marque de super marché discount allemande, d'enfoncer le clou.
Il suffisait d'y penser, ils l'ont fait ....
On trouve dans le catalogue Sélection Prestige du mercredi 12 au samedi 15 décembre en page 8, des Cèpes séchés et Morilles séchées extra, avec la mention "cueillis à la main".
Dans le catalogue Sélection Prestige du mercredi 19 décembre des Girolles "cueillies à la main". Quel scoop !

On trouve encore mieux dans une autre grande marque française, où l'on vous vend des Cèpes "Bio". Quel argument ! Comme si un champignon sauvage ne pouvait-être autre que Bio ! Ils en ont des bonnes idées ces commerciaux.

Alors, ne vous laisser pas emballer par des arguments de vente bâtards, erronés ou simplement évidents.

Cueillette interdite
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Ce genre de panneau peut préciser les endroits où le ramassage est interdit, mais sachez que ce n'est en aucun cas une obligation. En effet le Code civil précise dans son Article 547 : « les fruits naturels ou industriels de la terre appartiennent au propriétaire par droit d'accession ». Cela signifie que le propriétaire n’a pas à faire un acte particulier, comme apposer un panneau, pour être propriétaire des champignons !

Droit de vente
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Vente du droit de cueillette

Le propriétaire peut instaurer un permis de ramassage, prévoir des quotités de prélèvements, des périodes, la qualité des espèces prélevées, le prix, une clause pénale…

En dehors de ce qu’il autorise, tous les prélèvements non autorisés peuvent être sanctionnés, soit au titre du code forestier, soit du code pénal.

Il convient alors dans le contrat de se prémunir :
- Du risque d’erreur quant à la qualité (notamment à l’espèce),
- Du risque d’accident induit par la pénétration de personnes chez soi.
Pour éviter que la responsabilité du propriétaire ne soit recherchée en cas d’accident.

Les revenus provenant d’une telle vente sont à déclarer au titre des revenus accessoires au revenu forestier (voir fiche sur l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques). En cas de vente de la récolte, il convient de s’assurer que les lots ne contiennent que de espèces réputées comestibles, en application du code de la consommation.

La revente des champignons est une activité commerciale, avec des obligations d’information du consommateur et déclarations fiscales. Se référer aux différents codes concernés (codes de l’environnement et de la consommation).

Cèpes ou Bolets
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Cèpes ou Bolets : c'est la même chose !

Sous ces mots se cachent d'excellents comestibles et les plus affreux qu'ils soient. Alors faites attention aux mots employés dans le commerce, ils n'ont que la valeur que l'on veut bien leur donner !

TRICHOLOME EQUESTRE
Arrêté ministériel interdisant la consommation et la vente du tricholome équestre
Tricholoma equestre
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Le TRICHOLOME EQUESTRE 
        Tricholome doré ou Bidaou

Protection de Tricholoma auratum et Tricholoma equestre, en raison de sa toxicité pour l'homme !

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