et STATION D'ETUDES MYCOLOGIQUES
Les champignons
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Les collines calcaires
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Contribution à l’étude de la fonge des collines calcaires haut-rhinoises.

Bull. SMHV 2006
D. Doll

Introduction 

    Dans le Haut-Rhin, les collines sous-vosgiennes s’individualisent dans une série de panneaux faillés, fortement dénivelés, qui portent encore les sédiments dont était coiffé le massif ancien lors de la cassure. Depuis le Grasberg de Bergheim au nord jusqu’au Bollenberg, les substrats calcaires confèrent au milieu l’essentiel de sa singularité écologique. Les roches dures qui s’échauffent rapidement au soleil et les sols peu épais qui les surmontent retiennent mal l’eau, déjà limitée par l’écran vosgien, et génèrent l’installation de groupements végétaux originaux, pelouse du xerobrometum sur rendzine, broussailles à épineux et reliques forestières sur sol brun peu évolué. 
    A première vue, les fortes contraintes climatiques et édaphiques, inhérentes aux collines calcaires, paraissent rédhibitoires pour la poussée des champignons. Et pourtant on peut récolter dans ces milieux non seulement un éventail très diversifié de basidiomes, mais aussi de grandes raretés.

1. Les champignons des collines calcaires : caractères généraux et état des recherches. 

    Le cortège des champignons associés aux collines calcaires est d’une grande originalité et contraste vivement avec celui des forêts acidophiles limitrophes. 
    Ces milieux chauds et secs hébergent bon nombre d’espèces à tendance méridionale, voire même méditerranéenne, parfois uniques dans le nord de la France. Le comportement des champignons s’inspire d’ailleurs largement de celui du Midi : peu de fructifications au printemps et en été, à l’exception de poussées ponctuelles après un gros orage, mais une arrière-saison extrêmement riche, du moins jusqu’aux premières grandes gelées. Comme sur les collines de la Drôme ou dans les Préalpes niçoises, il n’est pas rare de récolter Cortinaires, Tricholomes et Lyophyllum au Bollenberg ou à Sigolsheim au mois de décembre ! Par ailleurs, à cause du fonctionnement hydrique particulier des sols calcimorphes, la poussée des saprophytes et des mycorhizogènes est décalée par rapport à celle des parcelles acidophiles voisines. 
    Les fluctuations saisonnières se doublent parfois d’alternances annuelles ; il existe sur le Piémont, comme ailleurs, des années à champignons et des années « sans ». Plus surprenant, certaines collines peuvent « donner » alors qu’au même moment d’autres, distantes de quelques kilomètres à peine font « l’impasse ». Ainsi en 2005 le Mont de Sigolsheim était achalandé comme rarement, alors que le Florimont et surtout le Bollenberg ont beaucoup déçu.. Plus qu’ailleurs, les champignons de ces milieux sont tributaires de l’eau atmosphérique, y compris celle qui tombe tôt en saison, et les couloirs d’orages de l’été sont passés cette année par la vallée de la Weiss… 
    Le caractère aléatoire des fructifications avec, pour certaines espèces, des hiatus de plusieurs décennies, ne facilite pas l’effort d’inventaire. Contrairement aux autres sciences de la nature, la mycologie souffre de bien des retards et les nombreux problèmes de nomenclature ajoutent à la difficulté. Elle est encore en pleine construction et dans le seul département du Haut-Rhin la liste des champignons inventoriés s’enrichit chaque année d’une centaine d’espèces nouvelles pour dépasser aujourd’hui le seuil des 4500 taxons. 
    Devant l’ampleur de la tâche, il n’est pas étonnant qu’il n’existe à ce jour aucune étude de fond sur les champignons des collines calcaires haut-rhinoises. D’ailleurs même les publications partielles afférentes à ces milieux originaux ne sont pas légion (voir bibliographie en annexe). Pendant longtemps, les incursions mycologiques étaient ponctuelles et sans objectif d’inventaire. Depuis quelques années, la situation évolue un peu plus favorablement devant l’intérêt grandissant que suscitent ces milieux et la promesse de découvrir des raretés fongiques, mais les prospections relèvent toujours d’initiatives individuelles. 
    Les champignons du Bollenberg, grâce aux travaux pionniers de P. Hertzog et aux nombreuses herborisations du mycologue bâlois, M. Wilhelm, sont certainement les mieux connus. Au nord de Colmar, P. Laurent a effectué plusieurs campagnes de recensement sur les pelouses de Sigolsheim et du Grasberg. Nous avons, pour notre part, établi ces dix dernières années une bonne centaine de relevés, sans négliger aucune colline, mais avec une prédilection pour les milieux forestiers du Bickenberg, qui a l’immense privilège d’être doté d’une surface boisée suffisamment étendue et d’héberger quelques hêtraies calcicoles.

2. Les champignons des collines calcaires : aperçu par grands biotopes. 

    A terme, il serait fort utile de classer les champignons des collines par écotopes, en distinguant par exemple les prairies xéro-thermophiles des enclaves mésophiles, les hêtraies du Céphalanthero-Fagenion des chênaies à Quercus pubescens et la fruticée xérophile des versants chauds des ourlets en ubac. En attendant, nous devons nous contenter d’un aperçu par grands milieux, pelouse, forêt de feuillus et pinède. 
    Les pelouses les plus étendues et les plus intéressantes se localisent incontestablement au Bollenberg, à la fois à mi-pente (le xerobrometum) et sur le versant sommital (le mesobrometum). Elles abritent des genres variés parmi lesquels Dermoloma, Entoloma, Lepiota, Melanoleuca, Hygrocybe ou Clitocybe qui fournissent chacun des espèces fort inhabituelles sous nos latitudes. Alors que pour J.P. Maurice, la clé de voûte du système fongique des pelouses calcaires sèches de Lorraine est Entoloma incanum, associé à Tulostoma brumale, au point de créer le « Tulostomo-Entolomotetea Maurice & Richard 2001 », il ne semble pas que ces deux espèces bien que présentes sur le Bollenberg y jouent le même rôle emblématique. Peut-être faut-il attribuer la discrétion de l’Entolome à odeur de souris à une influence continentale plus marquée dans ce milieu. Clitocybe glareosa et Clitocybe senilis, fidèles chaque année à leur station, sont nettement plus représentatifs. Ils sont pourtant franchement rares ailleurs dans la région. Entoloma carneogriseum et Entoloma sodale n’existent en Alsace qu’au Bollenberg, la station la plus proche de Pleurotus eryngii se situe dans le département du Jura et celle de la ravissante Floccularia luteovirens en Haute-Saône. Quant à Gymnopilus flavus, il ne figure sur aucun relevé d’inventaire, pas plus en Alsace qu’en Franche-Comté. 
    Une partie des espèces du Bollenberg se retrouve également au Strangenberg, sur le Mont de Sigolsheim et, à un degré moindre, au Zinnkoepfle et au Grasberg. Le Bickenberg fournit aussi quelques espèces de valeur, dont Clitocybe pseudobbata, la seule station, à notre connaissance, de la France de l’Est. A noter enfin, en marge, l’originalité des prés calcaires à hygrophores de Thannwiller près de Wintzfelden. 
    Les champignons des feuillus calcaires sont d’une toute autre facture. Les forêts sommitales du Bollenberg, de Sigolsheim, du Bickenberg et plus généralement du bassin d’Osenbach-Wintzfelden hébergent un éventail très diversifié de cortinaires rares parmi lesquels des « pieds-bots » de toute beauté. A ce jour, près de quatre-vingts espèces, variétés et formes de ce genre difficile ont pu être identifiées par P. Hertzog. C’est aussi le milieu de prédilection des gros hygrophores, Hygrophorus persoonii, Hygrophorus chrysodon et le très convoité Hygrophorus russula. A Sigolsheim fructifie Hygrophorus roseodiscoideus, un thermophile méridional, connu des fourrés méditerranéens, mais inédit dans la France du Nord-Est. 
    Les russules du calcaire prospèrent plus tôt en saison. Russula flavoviridis, Russula decipiens var. vermiculata et Russula fragilis var. gilva, toutes du Bickenberg, ne poussent nulle part ailleurs en Alsace. Dans ces forêts thermophiles, les somptueux bolets toxiques du calcaire ne sont pas en reste. Boletus satanas et Boletus radicans nous gratifient certaines années de poussées spectaculaires. Boletus lupinus pousse à Kientzheim, au Florimont et dans les forêts d’Osenbach et Boletus legaliae est soupçonné au Schlossrain, à deux pas du Bickenberg. Les chênes pubescents hébergent également toute une gamme de lactaires, de tricholomes, de Lyophylum noircissants et même les très rares Leucoagaricus fuligineodiffractus au Zinnkoepflé et Clitocybe alexandri au Bollenberg, sa seule station dans la région. 
    La pinède calcaire fonctionne un peu à part. Au Grasberg, au Bollenberg, au Bickenberg, à Sigolsheim et à Wintzfelden, il manque bon nombre d’espèces mycorhiziques du pin sylvestre, à commencer par tous les champignons acidophiles. En revanche, comme l’écrit P. Hertzog, « les espèces calciphiles colonisent par tapis ou cercles impressionnants le vide laissé par leurs congénères. » C’est le cas des tricholomes, T. fracticum, T. pessundatum, T. terreum, T. myomyces et même le peu commun Tricholoma gausapatum à Sigolsheim. Les bolets visqueux sont légion, Suillus granulatus, S. collinitus et S. luteus, les hygrophores bien représentés, H. latitabundus, H. agathosmus, H. hypothejus et même H. gliocyclus, plutôt discret ailleurs en Alsace. Sans être abondants, les cortinaires se défendent bien dans ces milieux, à l’instar de C. dionysae et les russules, R. sanguinaria, R. fuscorubra et R. torulosa, sont fidèles à leur station. 
    La pinède héberge aussi son lot de raretés comme Clitocybe lituus, Inocybe grammopodia ou Galerina rubiginosa à Bergheim. Quant à Lactarius vinosus, un sanguin poudré de blanc, et que nous n’avons trouvé en Alsace qu’au Bollenberg et à Wintzfelden, il souligne à merveille l’orientation thermophile de ces pinèdes.

Conclusion 

    Les milieux calcaires des collines sous-vosgiennes haut-rhinoises abritent de véritables joyaux fongiques. Certains champignons peuvent être considérés comme des avant-postes occidentaux d’espèces des pelouses steppiques d’Europe Centrale. Mais en réalité, ils s’inscrivent bien davantage, par leur tendance xéro-thermophile, dans des groupements botaniques d’associations méditerranéennes. Cependant, faute de bras et de compétences, l’inventaire des espèces de ces biotopes exceptionnels est loin d’être achevé et leur intégration dans des mycocoenoses n’en est qu’à ses balbutiements. S’il est possible d’établir des relevés partiels à courte échéance, il faut savoir raison garder et accepter de se projeter au mieux à moyen terme pour un inventaire plus exhaustif et une compréhension globale des interactions des champignons avec leur milieu. 
    En attendant, l’urgence est de porter au plus vite une attention particulière aux biotopes des collines calcaires, car la fonge n’y est qu’en sursis. Les champignons, comme les plantes, les insectes ou les oiseaux, ont besoin d’une surface minimale pour se reproduire et survivre. Or, le grignotage incessant de ces milieux relictuels par la vigne, comme à Sigolsheim où la forêt est confinée sur une étroite crête rocheuse de quelques mètres de largeur, risque de nous priver à court terme de joyaux uniques. L’intense piétinement de la pelouse et de la forêt sommitale du Bollenberg, est tout aussi préjudiciable à la fonge. Quant au surpâturage du Bickenberg, il ne nuit pas seulement à Orchis pallens, mais à toute une troupe de Cuphophyllus, d’Hygrocybe, et de Dermoloma. Pour assurer la survie des espèces, il faut non seulement renforcer les arrêtés de protection existants, mais envisager le plus rapidement possible une politique de reconquête de terres, notamment en se réappropriant les parcelles anthropisées en bordure et en les renaturant.

Annexe : bibliographie succincte

- Doll (D.), « Quelques bolets rares de l’arrière-pays de Rouffach », in Bulletin de la Société Mycologique du Haut-Rhin, n°19, 2000, p.23 à 25.
- Doll (D.), La flore mycologique des collines calcaires du Piémont des Vosges haut-rhinoises, rapport adressé au Parc naturel régional des Ballons des Vosges, Février 2006, 4 p.
- Hertzog (P.), « Champignons de l’étage collinéen et des forêts prévosgiennes », in Vignobles et collines, Collection La nature en Alsace, Editions Mars et Mercure, 1978, p. 33 à 41.
- Hertzog (P.), Champignons d’Alsace et des Vosges, Editions Mars et Mercure, 1981, p. 47 à 51.
- Hertzog (P.), « La flore mycologique du Bollenberg », in Bulletin de la Société Mycologique de Strasbourg, n° 52, 1994, p. 5 à 12.
- Hertzog (P.), « Clitocybe glareosa, une agaricale xérophile du Bollenberg », in Bulletin de la Société Mycologique de Strasbourg, n° 88, 2003, p. 5 à 6 et Bulletin de la Société Mycologique du Haut-Rhin, n° 20, 2003, p. 14 à 16.
- Sell (Y.) et alii, L’Alsace et les Vosges, Bibliothèque du naturaliste, Delachaux et Niestlé, 1998, 352 pages, p. 150 à 160.
- Wilhelm (M.), « Phaeomarasmius rimulincola », in Bulletin Suisse de Mycologie, n° 4, 2000, p. 161 à 166.
- Wilhelm (M.), « Floccularia straminea », in Bulletin Suisse de Mycologie, n° 1, 2003, p. 15 à 17. 

    D’autres monographies d’espèces sont parues dans les revues mycologiques de la région et il faut encore rajouter les comptes rendus de sorties sur le terrain. A noter que B. Crozes, qui s’est chargé du recensement des champignons d’Alsace, n’a pas encore dépouillé tous les bulletins de la Société d’Histoire Naturelle de Colmar. On peut également consulter avec profit les inventaires généraux suivants :
- Crozes (B.), Les champignons d’Alsace… et plus particulièrement du Haut-Rhin, Bulletin spécial SMHR, 2003, 74 pages et mises au point annuelles parues dans les revues mycologiques alsaciennes (SMHR et SMS)
- Dangien (B.), « Sur la distribution géographique des champignons dans le nord-est de la France », in Bulletin de la Société Mycologique des Hautes-Vosges, n° 4, 1999, p. 32 à 35, avec bibliographie complémentaire.
- Kriegelsteiner (G.), Verbreitungsatlas der Grosspilze Deutschlands, E. Ulmer, Band 1, 1991, 600 pages, Band 2, 1993, 596 pages. L’Alsace est incluse dans ce recensement.
- Laurent (P.), « Liste rouge des champignons d’Alsace », in Les listes rouges de la nature menacée en Alsace, ODONAT, 2003, p. 277 à 335.
On peut se référer enfin à des publications externes à la région, notamment à propos des pelouses calcaires :
- Corriol (G.), « Notes mycologiques sur les pelouses sèches calcicoles », in Bulletin de la Société Mycologique Dauphiné-Savoie, n° 160, 2001, P. 13 à 31.
- Maurice (J.P.), « Pelouses calcaires sèches : enfer et désert pour les champignons ? », in Bulletin de la Société Mycologique des Hautes-Vosges, n° 6, 2001, p. 50 à 52 avec compléments de P. Laurent p. 53.
- Richard (B.), Les mycocoenoses des pelouses calcicoles du Barrois lorrain. Analyses inventoriale, patrimoniale et conservatoire. Thèse de Pharmacie, 2000, 77 pages.

Entoloma incanum
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Entoloma incanum (Fr. : Fr.) Hesler
Entolome à pied vert

Description : Le chapeau de 10-45 mm, campanulé, hémisphérique puis convexe, habituellement distinctement déprimé et parfaitement ombiliqué avec une marge involutée dans la jeunesse puis largement étalée, est finement squamuleux à maturité. Les couleurs se déclinent du vert olive au jaune verdâtre en passant par le jaune citron jusqu’au brun avec un centre plus sombre. Les lames peu serrées, adnées, modérément émarginées, sont souvent décurrentes par une dent, de couleur blanche ou vert très pâle, puis rosissant par la sporée, avec une arête concolore. Le stipe haut de 20 à 80 mm, épais de 1 à 4mm, parfaitement cylindrique ou comprimé, avec des teintes vives vertes “ fluo ” à brun jaunâtre dans la vieillesse, devenant intensément bleu verdâtre à la cassure. La chair peu épaisse est concolore à la cuticule, fragile, faiblement hygrophane ou plutôt translucide se commuant rapidement elle aussi en bleu verdâtre et dégageant une odeur plus ou moins suave ou peu agréable qui rappelle celle de l’urine de souris, la saveur est douce.


Habitats & phénologie : Il s’agit d’une espèce emblématique des pelouses sèches thermophiles calcaires, souvent associée à Tulostoma incanum. Elle vient aussi dans les chemins herbeux des pessières, parfois dans les feuillus mêlés, le plus souvent dans des endroits à herbe rase à proximité de jeunes saules, bouleaux et surtout prunelliers, toujours sur des sols calcaires.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Pour J. P. Maurice, mycologue vosgien, l’Entolome à pied vert est la clé de voûte, avec Tulostoma brumale Pers.: Pers., d’un synsystéme fongique qu’il nomme : “ Tulostomo-Entolomotetea Maurice & Richard 2oo1 ” (comportant plusieurs classes, ordres, sociomycies) et qui correspondrait tout du moins au Festuco valesiacae- Brometea erecti ssp. Braun-Blanquet & Tüxen 43 em. Royer 87, que P. Julve caractérise comme une végétation herbacée vivace (avec parfois quelques petits ligneux) des pelouses calcicoles sèches, aimant la lumière, développées sur des sols plutôt pauvres en azote, plus ou moins superficiels.
Enfer & désert ?
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ENTOLOMA INCANUM (Fr. : Fr.) Hessl.
[ Rhodophyllus, chloropolius var.incanus ( Fr.: Fr.) Quél.] :
l’Entolome à pied vert, espèce emblématique des pelouses calcicoles.
J.P. M Bull. SMHV 2001

Les collines calcaires sèches, enfer et désert pour les champignons ?

Introduction 

    En Lorraine et plus particulièrement dans les côtes de Meuse ou sur les côtes de Moselle, nous connaissons bien ces pâtures à moutons où nous allons chercher en Automne quelques gris ou nébuleux d’automne ou encore quelques rosés. Nous fréquentons aussi au mois de mai ou début juin ces vastes étendues pour y contempler les Ophrys araignée, Ophrys bourdon, Orchis bouc ou Moustique parmi les graminées sauvages. 


    Ces pelouses calcaires paraissent être un milieu particulièrement défavorable aux champignons, de part leur fort déficit hydrique estival et leur niveau trophique faible en liaison avec la topographie et la roche mère calcaire. La faible épaisseur du sol, sa nature oligotrophe le rendent en effet très sensible aux variations pluviométriques et thermiques et éclairent quant au caractère capricieux et fugace de toute poussée fongique dans ce type de biotope. 
    En définitive, ce n’est pas un habitat si ingrat, et si on a le courage de l’explorer avec constance, on récoltera un éventail très diversifié de basidiomes de toutes couleurs appartenant à des genres ou sous genres inconnus ou presque en milieu forestier ayant pour nom Hygrocybe, Dermoloma, Entoloma, Leptonia et bien d’autres. 

    Parmi cette Fonge nous trouvons les espèces les plus belles et les plus rares, mais une espèce se distingue à la fois par son étrange beauté et par son odeur typique d’eau de riz. ( d’urine de souris pour certains ) C’est le saisissant Entolome à pied vert !

Description 

    Chapeau : 10-45 mm, campanulé, hémisphérique puis convexe, habituellement distinctement déprimé et parfaitement ombiliqué avec une marge involutée dans la jeunesse puis largement étalée. La chair est peu épaisse faiblement hygrophane ou plutôt translucide, laissant apparaître des striations jusqu’au ¾ du rayon. Les coloris se déclinent du vert olive au jaune verdâtre en passant par le jaune citron jusqu’au brun avec un centre plus sombre. La cuticule finement tomenteuse dans la jeunesse, se dilacère en petites squamules dans la maturité.
. Lames : peu serrées, adnées, modérément émarginées, souvent décurrentes par une dent, de couleur blanche ou verte très pâle, puis rosissant par la sporée, avec une arête concolore.

. Stipe : haut de 20 à 80 mm, épais de 1 à 4mm, parfaitement cylindrique ou comprimé, avec des teintes vives vertes “ fluo ” à brunes jaunâtres dans la vieillesse, devenant intensément bleu verdâtre à la cassure.

. Chair : concolore à la cuticule, fragile, se commuant rapidement elle aussi en bleu verdâtre et dégageant une odeur plus ou moins suave. La saveur est douce et peu agréable.

Microscopie

. Spores : ( 9,0) 10,5-13 ( 14,0) x 7,5-9,5 (10,0) µm, ellipsoïdes, présentant 6à 9 angles en vue de profil, colorées en rose en masse.
. Basides à 4 stérigmates, sans boucle à la base
. Pileipellis formé d’un trichoderme au centre avec transition vers un cutis banal à la marge ; de nombreux pigments intracellulaires verts, jaunes, bruns envahissent les hyphes de constitution et les terminaisons hyphales renflées.

Ecologie. Habitat

Les différents auteurs modernes précisent l’autécologie de cette remarquable espèce. 

    Courtecuisse indique simplement lieux herbeux, tendance calcicole et précise son statut saprotrophe dans l’inventaire mycologique de la région Nord - Pas de Calais (1999), mais surtout dans la liste Rouge (1997) de la même région, il la place dans la catégorie 3 correspondant à des espèces menacées, plus particulièrement comme espèce rare ou dispersée venant plutôt dans des biotopes menacés.
    Moser (1983) indique forêts herbeuses, pelouses, prairies subalpines, sur calcaire. 
    Derbsch & Schmitt.(1987) pour la Sarre, soulignent sa présence dans les chemins herbeux des pessières, parfois dans les feuillus mêlés, le plus souvent dans des endroits à herbe rase à proximité de jeunes saules, bouleaux et prunelliers, sur des sols calcaires. 
    Noordeloos (1987) et (1992) précise “ In poorly manured, semi-natural grassland, in meadows and hayfields, roadsides, usually on rather dry to fairly wet places on calcareous soils ”, ajoutant Entoloma incanum possède une très large distribution, et a été récolté dans tous les continents, et enfin Entoloma incanum est une des leptonies les plus communes des pelouses sur sol calcaire. 
    Corriol (2001)en fait un grand classique des pelouses du Causse où il est présent partout, mais plus abondant dans l’ Oninidion 

    Enfin B. Richard, dans sa mémorable thèse, qui concerne les pelouses calcicoles du Barrois lorrain, - à la suite de nos observations personnelles (1988) sur la pelouse sèche de Rollainville (Vosges) -, note sa présence dans la presque totalité des stations explorées. Il définit même une mycocoenose, c’est à dire une pelouse à Entoloma incanum qui correspond sans doute à plusieurs associations phanérogamiques (comme par exemple l’Onobrychydo-Brometum) de l’alliance du Mesobromion. 

    Pour ma part, je crois que l’Entolome à pied vert est la clé de voûte ( avec Tulostoma brumale Pers.: Pers.) d’un synsystéme fongique que je nommerais le “ Tulostomo-Entolomotetea  Maurice & Richard 2oo1 ” ( comportant plusieurs classes, ordres, sociomycies ) et qui correspondrait tout du moins au Festuco valesiacae- Brometea erecti ssp. Braun-Blanquet & Tüxen 43 em. Royer 87 que P. Julve caractérise comme une végétation herbacée vivace ( avec parfois quelques petits ligneux ) des pelouses calcicoles sèches, aimant la lumière, développées sur des sols plutôt pauvres en azote, plus ou moins superficiels. [ cette classe comprend d’ailleurs l’ Ononidion striatae Braun-Blanquet & Susplugas em. Barbero et al.]. 

    Si l’on se réfère à la méthodologie CORINE Biotopes et dans une perspective plus large, cette nouvelle classe mycosociologique est à apprécier par rapport à l’habitat type, d’indice 34 : les pelouses calcicoles sèches, qui comporte les habitats suivants :

.34.1 = Pelouses pionnières médio-européennes
.34.3 = Pelouses pérennes denses soit le Festuco-Bromete se déclinant en
.34.32 : le Mesobromion et en .34.33 : le Xerobromion

Valeur patrimoniale et emblématique 

    Comme R.Courtecuisse l’avance dans la liste Rouge de la région Nord-Pas de Calais, il faut aussi considérer l’entolome à pied vert en Lorraine comme une espèce à aire dispersée caractéristique de biotopes menacés et la classer en catégorie 3.
Ce statut a le mérite de faire apparaître ce champignon comme une espèce incontournable aussi bien pour apprécier la naturalité des stations où on a la chance de le rencontrer, qu’en faire un excellent indicateur d’habitats potentiellement menacés. 

    Ainsi les couleurs très variables, paraissant presque fluorescentes parfois du cutis et du stipe d’Entoloma incanum, le rendant facilement identifiable, mais surtout sa présence quasi constante, bien que discrète, sur les pelouses de France et de Navarre doivent en faire un véritable emblème pour les pelouses calcaires. Cette espèce doit trouver sa place à côté des orchidées et de certains insectes, comme les papillons ou la mante religieuse dans les opuscules et sur les panneaux illustrant ces milieux rares que sont les pelouses calcicoles. (1)

Bibliographie :

CORRIOL G. 2001. Notes mycologiques sur les pelouses sèches calcicoles. Bull. Féd. Mycol. Dauphiné-Savoie.160, pp. 13-31.
COURTECUISSE R. & DUHEM B., 1994. Champignons de France et d’Europe. Lausanne. Delachaux & Niestlé, 480 pages.
COURTECUISSE R., 1997 Liste rouge des champignons menacés de la région Nord-Pas-de-Calais (France).Cryptogamie Mycol., 18(3), 161-203.
ENGREF, 1997 – Corine biotopes – Version originale – Types d’habitats français
JULVE Ph., 1996. - Les pelouses sèches relictuelles en France. Hermine. Espaces Naturels de France (expertise dans le cadre du Life Pelouses sèches relictuelles). pp. 45-72.
MAURICE J-P., 2001. Le Tulostomo-Entolomotetea Maurice & Richard : classe fongique des pelouses sèches ( in prep. ). MOSER M., 1983.- Die Röhrlinge und Blatterpilze. Kleine Kryptogamenflora. Band II, Teil b2, G.Fischer, Stuttgart.533 p.
NOORDELOOS M. E.,-1987 Entoloma (Agaricales in Europe). Synopsis and Keys to all species and a monograph of the subgenera Trichopilus, Inocephalus, Alboleptonia, Leptonia, Paraleptonia, and Omphaliopsis. Beih. Nova Hedwigia 91.
NOORDELOOS M. E.,- 1992 –Entoloma s.l. Fungi Europaei 5 Saronno, Giovanna Biella, 760 p.
RICHARD B., 2000. Les Mycocoenoses des pelouses calcicoles du Barrois lorrain. Analyse inventoriale, patrimoniale et conservatoire. Thèse Diplôme d’Etat de Docteur en Pharmacie. 77 p. 

    J.P. MAURICE - Conseiller scientifique du Patrimoine Naturel de Lorraine pour la Mycologie 18 bis Place des Cordeliers 88300 Neufchateau

(1) - Nous sommes heureux de constater que nos idées se rejoignent. Aussi avons nous même anticipé sur cette proposition, en faisant réaliser un panneau sur les champignons, (les éternels oubliés des recensements, des panneaux pédagogiques dans les différents biotopes mis en valeur, soit par les parcs nationaux ou Régionaux, l’O.N.F., les conservatoires des sites et j’en passe) sur le sentier “botanique” de la pelouse calcaire thermophile du Mont de Sigolsheim, que nous avons déjà prospecté à deux reprises lors des sorties S.M.H.V., après négociation avec monsieur PIERNE d’HOHROD (68) et le conservatoire des sites alsaciens. Il s’agit d’une relique de ce qu’était autrefois une grande partie du piémont vosgien versant Est, avant l’envahissement quasi total de la vigne. L’enjeu économique étant trop souvent plus important que l’enjeu écologique. 

    * Notons encore que lors de la sortie S.M.H.V., du 25 octobre 2000, Michèle PASQUET nous faisait découvrir une belle station d’Entoloma incanum, sur grès dolomitiques au col de la Culotte à Robache - Saint-Dié (88). Nos clichés sont tirés des spécimens saisis sur cette belle station. Malgré plusieurs prospections sur ce site, nous n’avons encore pas récolté Tulostoma brumale, alors qu’on le rencontre systématiquement au côté de notre Entoloma incanum, sur nos stations des pelouses sèches thermo-calcicoles des collines sous-vosgiennes alsaciennes, comme le Bollenberg, le Grasberg ou encore le Bickenberg.
Patrick LAURENT

La Culotte
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La Culotte, un site remarquable !    

Patrick LAURENT

    C'est à la suite de nombreux legs de notre Ami Christian BELEY, que je suis venu à m'interroger sur la station d'où provenaient les espèces qui y étaient récoltées. La plupart des espèces qui m'étaient montrées, se trouvaient être des taxons calcicoles, calciphiles ou calciclines. 
    Or le lieu-dit "La Culotte" sur les hauteurs de Robache, hameau sis au Nord de la ville mieux connue de Saint-Dié-des-Vosges, perché à une altitude de 490 m, se situe dans le massif gréseux Vosgien généralement acidophile. 

    Cependant nous savons que des argiles ou des calcaires décalcifiés se mêlent aux grès. Etait-ce le cas ici ? 
    En fait la géologie est particulière tout le long du Ruisseau de Robache, et plus exactement d'une ligne qui va des Raids de Robache, en passant par La Culotte, le hameau de Robache, les Tuileries et le dessous de l'Orme. Se suivent des grès particuliers, enrichis de calcium, de magnésium, d'argiles ou de nodules. 
    La Culotte est un site remarquable en raison de la particularité de son sol et des espèces qui y sont associées. Ce sol est composé d'un grès dolomitique. Soit : du grès, roche sédimentaire d'origine ditrétique constitué de sable consolidé par une cimentation des grains par une gangue de matières argileuses, de calcite ou d'hématite, communément appelé grès des Vosges ou grès rose et de dolomite, minéral composé de carbonate naturel double de calcium et de magnésium. Le carbonate naturel provient de calcium cristallisé d'origine biologique (squelettes, coquilles) qui se trouvaient dans les sédiments.
On qualifie de calcicoles les espèces qui poussent sur les stations calcaires, de calciphiles les espèces qui ont une préférence pour ces mêmes sols, et de calciclines les espèces enclines à croître sur ces sols. Les nuances étant toutes très relatives.
La station prospectée et herborisée est colonisée par des pins sylvestres pinus sylvestris & P. nigra.
A la sortie du 10 mai, sur les Raids de Robache, nous avions récolté, le long d'une haie, en lisière de forêt mêlée et en pré-bois Agrocybe praecox, Amanita gemmata, Bolbitius vitellinus, Calocybe gambosa ou Tricholome de la St-Georges, réputé calciphile et qui n'était pas encore cartographié sur St-Dié et absent de tout le massif Vosgien acidophile, Collybia luteifolia, Conocybe pilosella, Coprinus angulatus, Coprinus plicatilis, Entoloma clypeatum, Inocybe rimosa, Marasmius oreades, Mycena acicula, Mycena galericulata, Psathyrella spadiceogrisea, Stropharia coronilla, Stropharia semiglobata.
Tout au long de l'année notre ami nous apporta des espèces réputées avoir des préférences pour le calcaire.
Après une réunion du mardi, où l'on nous avait apporté des Phlegmacium (cortinaires) je décidai le 28 novembre 1997, de prospecter deux stations chères à notre ami, sur le secteur désigné. Nous nous arrêtâmes tout d'abord le long d'un chemin qui mène aux Molières. Il s'agit d'une forêt principalement de résineux, à population dominante d'abies alba, puis picea abies, pinus sylvestris en faible proportion. Sont mêlés à ces résineux, quelques rares fagus, acer et en bordure de forêt le long du chemin, une population de salix et plus rarement de quercus. Nous pûmes récolter sous les saules, Tricholoma cingulatum ainsi que Hygrophorus chrysodon espèces peu courantes des feuillus calcaires thermophiles, qui se trouvaient le long d'un talus en grande quantité. 
    
    Sous les résineux : Cortinarius caesiocyaneus, C. camphoratus, C. infractus, C. pseudoglaucopus, C. odorifer. D'autres Cortinaires présents n'ont pu être formellement identifiés. Les sporophores étaient frais, en parfait état et en grand nombre. Ceci à ma grande surprise, car nous avions essuyé des gelées jusqu'à moins 6° la semaine précédente. Les champignons se situaient dans le fond d'un large fossé, assez profond, sous un bon couvert végétal qui les a vraisemblablement protégés du froid. Au pied d'un pin, nous avons laissé un Sparassis crispa, sans oublier une magnifique touffe de Psathyrella piluliformis.

En redescendant sur La Culotte, nous avons prospecté une station très intéressante, peuplée principalement de Pinus sylvestris mêlés à quelques autres résineux comme les sapins et les épicéas, çà et là des taches de végétation acidophile révélaient la présence d'une acidité du sol, comme Calluna vulgaris (Sorte de "Bruyère"), des fougères et les Myrtilles. Nous avons ainsi pu récolter sur la mousse vivante une minuscule espèce pleurotoïde Arrhenia spathulata. Un hydne que je n'avais encore jamais récolté sur le massif Vosgien Sarcodon imbricatus. Outre quelques Hygrophores communs comme Hygrophorus hypothejus des conifères mêlés, tardif, H. olivaceoalbus commun parmi les Myrtilles sous picea abies ; nous avions l'agréable surprise de récolter une espèce beaucoup plus rare Hygrophorus gliocyclus reconnaissable à son anneau très visqueux, mais aussi Hygrophorus pustulatus.
Quelques Russules apparaissaient, comme Russula amara sous les Pins, R. cavipes et R. fragilis, R. badia. Les derniers bolets nous attendaient avec Suillus collinitus, Suillus variegatus.

Nous avons aussi récolté : Mycena epipterygia var. lignicola et terricola, M. pura, M. crocata, M. polygramma, Rickenella fibula, Cortinarius caninus et C. anomalus, C. mucosus, Clitocybe suaveolens, C. ditopa, Lactarius deliciosus var. rubescens, Hebeloma crustuliniforme, Strobilurus esculentus sur cône d’épicea, Inocybe geophylla et sa variété lilacina, Tricholoma pseudonictitans, T. portentosum, T. terreum, Cortinarius cinnamomeus et C. sodagnitus, C. trivialis, Tephrocybe rancida, Hygrophorus agathosmus, Collybia butyracea et C. driophylla, C. aquosa, Lepista nebularis, L. irina, L. nuda, dans la prairie voisine Lepista saeva. Clitocybe cerussata, Pseudoclitocybe cyathiformis, Gymnopilus penetrans, Lycoperdon perlatum, Cystoderma amianthinum, Crepidotus luteolus sur brindille de fraxinus exelcior, C. variabilis et le trop célèbre Psilocybe semilanceata

Sabot de Frotey
Une sortie automanle sur une colline calcaire des contreforts des Vosges saonoises à Vesoul
Inventaire Bollenberg
Liste provisoire de nos récoltes personnelles de champignons, sur les collines calcaires du Bollenberg (Ht-Rhin)
Floccularia luteovirens
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Floccularia luteovirens (Albertini et Schweiniz : Fr.) Gillet
Floccule jaunissante

Description : C’est vraiment une espèce remarquable, tant par sa couleur d’un jaune flamboyant que par sa rareté. Elle présente un chapeau (10 cm) ocre jaunâtre à vagues reflets verdâtres, squamuleux, pelucheux avec une marge excédante pelucheuse, avec des lames assez serrées, blanchâtre virant au citrin pâle. Le stipe blanchâtre est fortement pelucheux sous une zone annulaire peu distincte. La chair ferme, blanchâtre à subconcolore a une saveur douce.

Habitats & phénologie : Estivale, c’est une espèce steppique, thermophile, calcicole, qui vient dans les pelouses ou les prés-bois. On ne compte que quelques rares stations de ce champignon en France, également très rare en Europe, dont cette station alsacienne du Bollenberg.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Après avoir fait un tour dans le genre Armillaria, elle est désormais versée dans ce genre qui ne compte que 3 espèces. Elle est à placer en catégorie 1 lors de la révision de la liste rouge alsacienne.

Pleurotus eryngii
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Pleurotus eryngii (D.C. : Fr.) Quélet
Pleurote du panicaut

Description : Le chapeau brun gris à brun roux, lisse ou finement écailleux, s’ouvre parfois sur 15 cm à partir d’un stipe excentré, plus rarement central. Les lames blanc cinerascent pâle sont nettement décurrentes et la chair blanchâtre est douce à parfum agréable.

Habitats & phénologie : Dans la nature on ne le trouve que lié aux racines des vieux panicauts, ces chardons bleus, surtout sur les dunes du littoral atlantique, plus rarement continental sur sol calcaires thermophiles, dans les pelouses, en automne. Sa culture est désormais maîtrisée sur substrat élaboré à base de paille, toute l’année.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Si par leur abondance relative, ils sont recherchés sur les dunes du littoral atlantique, ils doivent faire l’objet chez nous d’une protection toute particulière, vu leur évidente rareté quand ils veulent bien se montrer certaines années.

Ramaria broomei
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Ramaria broomei (Cott. & Wakef.) Petersen

Description : C’est un basidiome de 8 cm de haut sur 4 cm de large, à rameaux irréguliers, lobés, jaune d’or, ocre orangé, ocre olivacé, brunissant, puis noircissant rapidement à la manipulation, issus d’un tronc commun parfois radicant, subconcolore à brun rose. La chair blanchâtre brune dans les blessures devient noire en herbier, de saveur douce et à odeur insignifiante.

Habitats & phénologie : Solitaire ou en petit groupe, on peut trouver cette espèce rare, thermophile, indifféremment sous feuillus, parfois sous les Buis ou sous conifères, dans les landes maigres, les pelouses à Bromes, de préférence en été.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : L’étude des Ramaires nécessite là encore beaucoup d’attention et des observations microscopiques. La plupart des Ramaires ou Clavaires jaunes ou orangées, rappelons le, sont toxiques.

Tulostoma brumale
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Tulostoma brumale Pers. : Pers.

Description : C’est une curieuse petite Vesse de loup montée sur un stipe, dont la tête d’environ 1 cm est blanchâtre à brun pâle, ouverte par un ostiole d’1 mm typiquement entouré d’un cerne brun rouillé. Le stipe subconcolore est souvent profondément enterré dans le sol calcaire, lisse ou fibrilleux, bulbeux à la base.

Habitats & phénologie : Dans notre région il vient exclusivement sur les pelouses calcicoles sèches thermophiles, il vient aussi sur les dunes calcaires. Il pousse en été, mais on peut récolter les sporophores qui se conservent bien même en période hivernale.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Voir l’annotation concernant Entoloma incanum.

Sarcosphaera crassa
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Sarcosphaera crassa (Santi) Pouzar
Syn. : Sarcosphaera coronaria
Pezize couronnée, tulipe.

Description : C’est l’un des plus grosse Pezize. D’abord entièrement globuleuse, de la forme d’une pomme de terre et à demi hypogée, elle s’ouvre ensuite en étoile. La face externe est blanchâtre pâle à vague reflets lilacins, la face interne et fertile présente un hyménium lisse, violet, l’épaisseur de la chair est d’1 mm environ, est fragile, cassante.

Habitats & phénologie : Cette espèce vient au printemps sur sols calcaires, souvent à proximité des pins, ou sur pelouse.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Comme les Gyromitres, il s’agit d’une espèce fortement toxique qui provoque des crampes, des troubles hépatiques, rénaux, neurologiques ou sanguin, avec des accès de fièvre et parfois des comas suivis ou pas de mort. (Voir rubrique Myco-toxicologie)

Entoloma rusticoides
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Entoloma rusticoides (Gillet) Noordeloos

Description : C’est une petite espèce omphaloïde avec un chapeau de moins de 2 cm, rugueux, squamuleux d’un brun chaud assez foncé à marge striée, avec des lames subdécurrentes et ventrues, brunes et un stipe subconcolore et fibrilleux. La chair est subconconlore à odeur et saveur nulles.

Habitats & phénologie : Elle vient dans les pelouses xérophiles, dans l’herbe rase, parfois sur sable, souvent en lisière de forêt riche en humus, s’y aventurant parfois sous les hêtres, en été et en automne.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Ces mini champignons si indifférents qu’ils puissent paraître, ont un intérêt écologique certain. Ce sont des espèces sensibles potentiellement menacées.

Entoloma corvinum
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Entoloma corvinum (Kühner) Noordeloos
Entolome couleur corbeau

Description : Sa couleur générale évoque en effet parfaitement la couleur bleu noir de la parure des corbeaux, tournant cependant au brun bleuâtre dans l’âge, tant sur le chapeau (4 cm) fibrilleux, tomenteux à subsquamuleux au disque, que sur le stipe subconcolore, contrastant ainsi avec les lames blanches. La chair est subconcolore à plus pâle de saveur et odeur indéfinie.

Habitats & phénologie : Cette belle espèce subalpine vient dans les prairies calcicoles, plus ou moins moussues, parfois non loin des hêtres ou des pins, en été et en automne.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Il existe de nombreux Entolomes bleus, souvent avec une écologie distincte, d’où des confusions possibles.

Boletus satanas
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Boletus satanas Lenz
Bolet Satan

Description : Le chapeau (10-25 (30) cm), subglobuleux puis pulviné enfin convexe à étalé, plus ou moins difforme parfois, à revêtement viscidule puis velouté, feutré, blanchâtre sale, gris livide avec des nuances jaune verdâtre ou olivacées, brunâtre dans les blessures ; la marge est très épaisse, sinuée, excédante, entière, concolore au chapeau. Le revêtement est mat, sec ou lubrifié par temps humide. Les tubes adnés, courts, fins, séparables, jaunes, faiblement bleuissants et les pores sont étroits, arrondis, jaunes puis rouge sang, rouge orangé vers la marge, bleuissants également. Le stipe sphérique puis clavé, obèse, plein, ferme, jaune sulfurin au sommet à rouge carmin, jaunâtre ou verdâtre sale à la base est couvert d'un réseau partiel rouge sang. La chair épaisse, vite molle, est blanc jaunâtre, jaune sous les tubes, peu bleuissante mais plus par temps humide, à odeur faible au début puis nauséeuse, fétide avec l'âge et de saveur douceâtre.

Habitats & phénologie : C’est une espèce thermophile qui croît uniquement sur sol calcaire en été, de façon plus ou moins isolée mais parfois en groupe dans les forêts claires de feuillus, comme ici en lisière de la chênaie pubescente au Bollenberg.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Ce Bolet engageant par ses belles couleurs est responsable du syndrome résinoïdien.

Sarcodon imbricatus
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    Cette espèce est extrêmement rare sur le massif vosgien. On ne la rencontre que sur des sols calcaires, souvent sous les résineux. Elle est bien représentée sur le site du col de la Culotte à St-Dié des Vosges, aux côtés de Hygrophotus gliocyclus, Sarcosphaera crassa, Entoloma incanum et E. mougeotii et tant d'autres...

Clitocybe alexandri
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Clitocybe alexandri (Gillet) Gillet
Clitocybe d’Alexandre

Description : Son chapeau (7-15 cm) en entonnoir est largement mamelonné, de couleurs un peu ternes, brun, brun gris à fauve rougeâtre, viscidule. Les lames sont évidemment décurrentes, plus pâles. Le stipe est généralement trapu, souvent un peu clavé, plus pâle aussi que le chapeau. La chair pâle à une odeur aromatique complexe, légèrement anisée ou comme certains Leuxopaxilles.

Habitats & phénologie : Son aire de répartition est en fait assez large, ainsi on le trouve dans les feuillus mêlés, surtout thermophiles, sous les chênes verts dans le midi, et jusque dans la zone subalpine. Nous l’avons récolté dans la forêt sommitale du Bollenberg, en automne.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Attention avec les Clitocybes, nombreux sont toxiques et sous différents déguisements. Ils ne sont pas toujours évidents à identifier avec certitude.

Calocybe gambosa
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Calocybe gambosa (Fr. : Fr.) Singer ex Donk
Tricholome de la St. Georges, vulgairement le Saint Georges ou l’Avrillot, ou encore le mousseron de printemps.

Description : Le chapeau (5-20 cm), hémisphérique à convexe, puis un peu étalé à la fin est charnu, à revêtement parfois irrégulier mais généralement un peu velouté, blanchâtre à crème parfois plus foncé avec des tonalités orangées ou ochracées à marge enroulée, épaisse et concolore. Les lames serrées, arquées, minces, inégales, blanc à blanc crème, à arête aiguë et entière. La chair est épaisse, ferme et blanche avec une odeur et une saveur très délicate subfarineuse et aromatique. Le stipe cylindracé est trapu, généralement court, plein, ferme, fibrilleux et blanchâtre.

Habitats & phénologie : Il pousse souvent en rond de sorcières pérennes et parfois luxuriants, de préférence sur des sols calcaires, dans les prés, les haies, dans les ronciers, en lisières de bosquets, au printemps.

Notes sur la comestibilité ou la toxicologie de l’espèce et confusions : Cet excellent comestible, recherché par les connaisseurs sous diverses appellations, dans les Vosges c’est l’Avrillot en raison de sa poussée en avril.

LAURENT P © 2010
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