et STATION D'ETUDES MYCOLOGIQUES
Les champignons
Pilz,Hongo,Mushroom,Fungi,Olatra
Page d'accueilPlan du siteAjouter aux FavorisImprimerEnvoyer à un ami
Les champignons de Laponie
Vign_ar_cratere_meteorite_nesbyen_9_

Voyage mycologique en Scandinavie et en Finlande, au delà du cercle polaire arctique : La Laponie. 

    N’allez pas dire à un finlandais qu’il est scandinave, même si la Laponie est une région commune aux trois pays, que sont à l’ouest la Norvège, au centre la Suède et à l’est la Finlande. 

    L’idée m’est venue d’entreprendre un voyage dans cette partie nord de l’Europe, en raison d’une étude mycologique réalisée sur les tourbières vosgiennes, le plus souvent confinées dans d’anciens cirques glaciaires qui ont fondus voici quelques 10 000 ans. Nous avons eu l’envie de mieux comprendre et surtout de voir en direct ce qui s’est passé sur le massif vosgien, voici précisément 10 000 ans.

CHAMPIGNONS EN LAPONIE
La Norvège
Vign_ilfjordfjellet_77_redimensionner

    En effet, la Norvège notamment, offre le privilège de pouvoir contempler en temps réel, comment se forment les cirques glaciaires, les moraines, les verrous, les lacs ; je n’ai pu m’empêcher, alors que je me trouvais devant le plus grand glacier du continent européen (hors ceux des îles comme l’Islande ou le Groenland) le Briksdalsbreen, de penser au Frankenthal sous le Hohneck dans les Vosges. Que de similitudes, même au niveau de la végétation et de la fonge. Poursuivant plus au nord notre voyage où au 17 juin les lacs de montagnes étaient encore gelés, on découvre la taïga, puis la toundra et enfin un univers minéral (Photo Ilfjordfjellet) seulement composé de roches granitiques, de lichens et de lycopodes, que les troupeaux de rennes viennent brouter et d’où quelques champignons comme les Omphales Omphalina obatra tentent de survivrent.

Rubus chamaemorus
Vign_mure_arctique_redimensionner

    L’été est court, mais les journées n’ont pas de fin. Il est alors curieux de constater à quelle vitesse les plantes se développent, profitant du soleil de minuit pour activer leur photosynthèse. Il m’a donc été possible de voir le débourrage de plante comme la mûre arctique Rubus chamaemorus que j’ai vu en fleur fin juin, puis très vite le fruit est apparu, passant du vert au rouge vif et enfin d’un bel orange à maturité. Le tout en un temps record, car il faut aller vite, l’hiver sera là dès le mois d’octobre. 

    Plus on monte vers le nord et plus la végétation est petite, naine. Les bouleaux nains tapissent le sol sur des milliers d’hectares, tentant de masquer une Russule émétique Russula emetica, alors que nous avons du mal à en conserver quelques stations dans le Jura et les Alpes, les saules se transforment en petites plantes rases que l’on reconnaît à peine comme étant des plantes ligneuses. Même les Cornouillers se dissimulent sous des allures de petites fleurs, comme le Cornus suecica. On dirait la végétation jardinée à la japonaise, avec des bonsaïs ici et là, qui animent un univers grandiose dans un silence magistral, à peine perturbés par de très rares animaux où encore quelques rares touristes égarés. A perte de vue la nature..., sans village, sans route, sans l’homme et donc sans pollution.

Pieni Karhunkierros
Vign_pieni_karhunkierros_63_redimensionner

    On redescend ensuite vers la Finlande par la rivière Tana qui étale son sable fin (bariolé de rouge et d’orange, par des Scutellinia) sur plus de 100 km, offrant des paysages dunaires avec le cortège de plantes et de champignons qui lui sont fidèles. 

    La Finlande ressemble au plateau des milles étangs des Vosges saônoises, à moins que ce ne soit le contraire. Des paysages que l’on peut résumer ainsi : de la forêt, des tourbières, des lacs, des arbres, des sphaignes, de l’eau et ainsi de suite. Cette grande et longue plaine acidophile sur un socle métamorphique de granit est plus douce que la Norvège car elle est protégée des vents d’Ouest par les hautes montagnes et bénéficie de la douceur de la mer Baltique toute proche. On est ici dans la plus grande forêt primaire du monde, la forêt boréale qui s’étend vers l’Est à la Russie. A l’approche de la frontière russe plus à l’Est, on prendra garde aux ours qui rôdent lors de nos herborisations, bien que l’on nous ait dit que cet animal impressionnant n’attaque pas l’homme mais le fuit, nous n’avons pas eu à le vérifier.

Geirangerfjorden
Vign_geirangerfjorden_redimensionner

    De la splendeur des fjords, aux langues de glaciers qui s’avancent dans la mer, j’ai encore préféré la quiétude des paysages semi-désertiques du grand nord emprunt d’un sentiment de solitude tant le décors alentours se perd à l’infini, sous des lumières si différentes des nôtres. Là où l’on écoute le silence qui aide à la méditation. Comprendre la nature, qui dans des conditions extrêmes sait encore nous émerveiller, si l’on sait conserver un temps soit peu son regard d’enfant, curieux et interrogatif. Des champignons là où on ne les attend pas, en symbiose avec des lichens sur des rochers, dans les sables en bordures des fjords, en panache sur des excréments qu’ils nous faut d’abord identifier par rapport à la faune locale. Curieusement, comme sous les tropiques où elles tentent de résister aux fortes températures, grands nombres des espèces boréales sont petites afin de mieux résister au froid au delà du cercle arctique. Il est même curieux de pouvoir aller herboriser sur les toits des maisons, là ou le bouleau pousse encore et toujours, profitant de l’épais gazon ou tourbe que les lapons ont ainsi recouvert leur toit afin de se préserver du froid.

La nuit sous le soleil
Vign_rangoy_soir_2_p_

    Les droséras protégées chez nous deviennent plantes communes, tout comme la potentille des marais ou le trèfle d’eau. On évolue dans la taïga qui peut paraître de prime abord assez monotone, car peuplée uniquement de Bouleau qui est l’essence reine de ces lieux, d’épicéas et de pins sylvestres, avec les saules bleus ou nains dans les ourlets humides, des genévriers nombreux et quelques sorbiers ; mais c’est alors sans compter avec les couleurs qui changent au fur et à mesure du déroulement des heures qui semblent courtes, les brumes qui envahissent ce territoire presque vierge, les senteurs acidulées qu’exhale cet univers végétal. Ah, j’allais oublier les moustiques, des milliers, que dis-je, des milliards ! Ils sont partout. Les répulsifs achetés sur place vous permette juste de faire quelques photos avant de vous badigeonner à nouveau, le mieux étant encore le bon vieux filet qui couvre entièrement le visage et des vêtements étanches. Malgré cet inconvénient, nous avons pu nous abandonner à de longues et superbes randonnées dans cet interminable laboratoire naturel à ciel ouvert et éclairé durant trois mois de l’année sans discontinuité. Le rêve du naturaliste pour qui les journées semblent généralement trop courtes, ce qui est mon cas.

Les Champignons
Vign_tourbiere_1_redimensionner

    Concernant les champignons, on trouve beaucoup d’espèces communes, aux massifs montagneux des Alpes, du Massif Central, du Jura et des Vosges, des milieux acides, comme la très ubiquiste Megacollybia platyphylla qui fréquente des ancestraux lycopodes comme ce Lycopodium clavatum. Mais des espèces plus spécifiques existent. C’est ainsi que Leccinum piceinum plutôt peu commun chez nous, remplace les Leccinum versipelle, aurantiacum et quercinum plus courants. Même la très commune pholiote changeante est détrônée par une pholiote très rare chez nous Kuheneromyces lignicola venant principalement sur la sciure, des copeaux ou des tas d’écorces bien décomposés. On notera la particularité de cette Amanitopsis arctique Amanita arctica qui diffère d’Amanita nivalis par un stipe chiné pelucheux à écailleux, une chair plus épaisse et une volve vite déchirée, ou encore cet Inocybe umbrinofusca qui tente de se confondre avec les polytrics, les mousses et les sphaignes non loin des saules nains ou glauques. Sur les touradons à sphaignes entourant généralement la base des troncs de pins sylvestres dans certaines tourbières, on rencontre assez aisément Pholiota henningsii que j’avais eu la chance de ne voir qu’une seule fois dans le Jura suisse, et que j’ai retrouvé dans une tourbière des Landes cet automne. Encore une espèce peu courante au détour d’une tourbière en lisière de taïga, ce superbe et rare Calocybe Rugosomyces persicolor et cette collybie nivale Collybia nivalis très foncée sous ces latitudes. Dans les tourbières nous avons observé des parasites des plantes Exobasidium uvae-ursi sur Arctostaphylos uvae-ursi et une espèce saprotrophe sur sphaignes Omphalina sphagnicola. Sur débris de d’épicéas plus ou moins enfouis dans les mousses des marais, Mycena rubromarginata arbore sa dentelle pourprée le long de l’arête serrulée de ses lames.

Les champignons de Laponie
Vign_inari

       Les traqueurs d’ascomycètes, fouilleront des excréments rares chez nous, comme sur les fientes de tétras ou de gélinottes à la recherche d’espèces fimicoles ou stercoricoles telle que Pseudombrophila petrakii, ou encore inconnues de nos contrées, comme sur les fumées d’élans avec Cheilymenia stercorea f. alpina. En revanche j’ai été très surpris de ne pas trouver notre très commun Piptoporus betulinus que l’on trouve presque sur chaque bouleau mort ou affaibli en France et ce malgré les milliers de bouleaux pubescents avec sa variété carpatica ou bouleaux verruqueux que j’ai pu rencontrer. Cette espèce saprotrophe semble être remplacée par un autre Polypore très dur Phellinus nigricans rare et inconnu pour ma part dans les Vosges. Citons encore le non moins rarissime Fomitopsis rosea qui correspond point pour point à une récolte faite dans l’ancien cirque glaciaire du Forlet dans les hautes Vosges en 2004. 

    Il y a même des cas où l’infiniment petit se montre infiniment grand, quand des milliers d’hectares d’épicéas sont attaqués par une rouille qui parasite les aiguilles de ces conifères. On est alors devant le décors surprenant d’une forêt de résineux faisant penser aux forêts autrichiennes de mélèzes à l’automne, avec ses dominantes jaunes et non vertes, tellement le parasite est présent et virulent. En s’approchant des branches avec une loupe on découvre les écidies de Chrysomyxa abietis sur les fines aiguilles (voir l'icône ci-contre et les photos dans le diaporama  ci-dessus).

Laponie
Vign_laponie
Passion dangereuse !
Vign_couper

La mycologie peut se révéler une passion dangereuse. Avant d'aller cueillir les champignons dans la toundra ou la taïga, il faut bien prendre soin de ne pas déranger les animaux...!

Bonsaï
Vign_bonzai_1_redimensionner

    Dans cette région au nord du cercle polaire arctique, les pins sylvestres ne mesurent guère plus de deux mètres de hauteur, malgré leur âge avancé qui peut atteindre entre 100 et 150 ans. Néanmoins on récolte à leurs pieds de nombreuses espèces de champignons mycorhizogènes, commes des lactaires et des russules.

Amanita arctica
Vign_amanita_arctica_1_redimensionner
Amanita arctica
Climacodon
Vign_climacodon_septentrionalis_3_redimensionner

    Les sporophores de ce Climacodon septentrionalis poussent en couches superposées sur le tronc d'un vieux bouleau verruqueux encore vigoureux.

Exidia sacchariolens
Vign_exidia_sacchariolens_1_redimensionner

    Ce champignon gélatineux de la famille des tremellaceae, vit en saprotrophe sur l'écorce d'un pin sylvestre tombé au sol. L'espèce est peu fréquente sous nos latitudes.

Coprophiles
Vign_pseudombrophila_petrakii_redimensionner

    Les petits discomycètes coprophiles sont à rechercher sur les excréments des oiseaux, comme ici Pseudombrophila petrakii sur les crottes de tétras.

Rouille
Vign_rouille_triphragmium_ulmariae_dc._link_filipendula_ulmaria_redimensionner

    Cette rouille Triphragmium ulmariae vient sur une feuille Filipendula ulmaria. Elle vit en parasite selon plusieurs stades d'évolutions sur plusieurs hôtes successifs.

Champignons finlandais
Vign_boletinus_asiaticus_singer
    Une expédition italienne, herborise en Finlande :
Voir le site : Champignons de Finlande
Liste finlandaise
Liste des champignons de Finlande
Faune scandinave
L'Ours
Grand tétras
Le Lynx
Chrysomyxa abietis
Vign_abietis_2536
 Icône de Walter Migula dans Pilze 1. Teil. Myxomycetes, Phycomycetes, Basidiomycetes (Ordn. Ustilagineae und Uredineae). (1910)
LAURENT P © 2010
Créer un site avec WebSelf