et STATION D'ETUDES MYCOLOGIQUES
Les champignons
Pilz,Hongo,Mushroom,Fungi,Olatra
Page d'accueilPlan du siteAjouter aux FavorisImprimerEnvoyer à un ami
Champignons saprotrophes
Vign_Tricholomopsis_decora_2360_redimensionner_redimensionner

Les champignons saprotrophes

Exemple :

Tricholomopsis ornata est un joli champignon, saprotrophe et donc décomposeur des souches et troncs de résineux, notamment du sapin, voire de l'épicéa. 

    Nos arbres poussent, mais ils ont leurs faiblesses, leurs maladies, les tempêtes et ils meurent. C’est encore les champignons qui vont permettre la décomposition des feuilles tombées au sol à l’automne, des aiguilles mortes tombant tout au long de l’année, des branches mortes et des arbres tout entiers en éliminant du même coup, les souches et les racines des bois morts. Ce sont eux les véritables jardiniers de nos forêts, les bûcherons, les élagueurs. 

    Ce second rôle joué par les champignons est tout aussi indispensable à l’équilibre des écosystèmes forestiers que celui pratiqué par les mycorhiziens. Ils assurent la décomposition des parties mortes des végétaux, mais également des animaux, ce que l’on sait moins. Ils ont une fonction active très importante dans le recyclage de la nécromasse, sans eux, nos forêts seraient ensevelies sous leurs propres déchets organiques accumulés au cours des ans. Ce sont les champignons qui transforment les feuilles mortes tombées en automne en un riche humus fertile pour les nouvelles générations de végétaux. Ce sont eux qui transforment les quantités innombrables d’arbres arrachés lors des différentes tempêtes qui sévissent désormais sur l’hexagone. 

    Certains champignons sont associés aux feuillus ou aux résineux, d’autres ne sont inféodés qu’aux feuillus ou seulement au résineux et certains ne sont spécifiques que d’une seule et unique essence. Avant de pouvoir décomposer un arbre tout entier, tout un cortège de champignons spécialiste vont se succéder, pour décomposer cellulose et lignine. Les premiers vont s’attaquer à l’écorce protectrice, puis à l’aubier, tout en pénétrant le cœur de l’arbre, étendant leur mycélium aux racines. Après plusieurs années, il ne reste rien de ce monstre géant, le tout est retourné à la terre, au sol nourricier. Nos champignons sont aidés dans leur ouvrage par les bactéries, par les insectes xylophages, mais ce sont les champignons qui effectuent la majeure partie du travail.
Ils provoquent alors plusieurs sortes de pourriture, l’une dite rouge ou cubique, une autre dite blanche ou fibreuse et une troisième plus rare dite molle ou alvéolaire. 

    Les champignons qui provoquent une pourriture alvéolaire absorbent et assimilent la cellulose et la lignine, mais dans des zones bien délimités. Les principaux responsables étant Heterobasion annosum communément appelé : la maladie du rond des pins, car il s’attaque aussi aux arbres vivants et notamment les pins, des Stérées dont Stereum gausapatum qui elle préfère les arbres feuillus, ainsi que des Tramètes (Genre Trametes).

Saprotrophisme
Vign_flammulina_velutipes_3
Les saprotrophes (saprophytes) 

    Ils décomposent les déchets organiques d'origines diverses (végétaux, animaux ou champignons). Il s'agit principalement des litières (feuilles ou aiguilles) et du bois mort.
Ils jouent un important rôle de nettoyeurs en fabriquant l'humus : fertilisant réutilisable par les autres plantes. Sans eux : pas de forêt. La terre serait envahie par les déchets végétaux. Les champignons sont avec quelques bactéries les seuls organismes capables de décomposer la lignine et la cellulose, permettant ainsi leur recyclage. 

    Les types de déchets consommés :
• les hydrates de carbone (sucres) par les champignons microscopiques (levures)
ex : levure de bière (Saccharomyces cervisiaea)
• la cellulose
par les espèces microscopiques (les moisissures)
par les décomposeurs de la litière : marasmes, mycènes, collybies
par les décomposeurs de la cellulose du bois : paxille, mérule, divers polypores
• la lignine (25-30 % du bois)
Exemples : Tricholome rutilant (Tricholomopsis rutilans), Armillaire couleur de miel (Armillaria mellea), pholiotes, plutées, coprins, polypores, ganodermes, tramètes, …
Exemples de saprotrophes:
• Saprotrophes de l'humus (terreau obtenu par la décomposition des végétaux)
Ex : les espèces humicoles : lépiotes, volvaires, plutées, collybies, clitocybes, marasmes
• Saprotrophes de la litière (feuilles mortes, aiguilles tombées au sol)
 Litière de conifères
Clitocybe renversé (Lepista inversa)
Agaric des bois (Agaricus silvaticus)
 Litière de feuillus
Collybie du chêne (Collybia dryophila)
Marasme guêtré (Marasmius peronatus)
 Litière de feuillus et conifères :
Collybie beurrée (Collybia butyracea)
Collybie tachetée (Collybia maculata)
Pied bleu (Lepista nuda)
Clitocybe nébuleux (Lepista nebularis)
Strophaire vert-de-gris (Stopharia aeruginosa)
• Dans la mousse ou les sphaignes
Cystoderme furfuracé (Cystoderma amianthinum)
• Saprophytes lignicoles
Collybie à larges feuillets (Megacollybia platyphylla) : sur hêtre
Pleurote en forme d'huître (Pleurotus ostreatus), Plutée du cerf (Pluteus cervinus),
Tramète versicolore (Trametes versicolor), Stéreum hirsute (stereum hirsutum) : sur feuillus
Langue de bœuf (Fistulina hepatica) : sur chêne ou châtaigner
Polypore écailleux (Polyporus squamosus) : sur feuillus
Ganoderme aplani (Ganoderma lipsiense) : sur feuillus
Amadouvier (Fomes fomentarius), Xylaire du bois (Xylaria hypoxylon) : sur feuillus
• Saprotrophes sur fumier ou excréments
Coprins, panéoles

Les biotrophes (parasites)
Un parasite est un champignon qui se nourri au dépend d'un organisme vivant. (Végétal ou animal)
Il n'y a pas d'échange réciproque : seul le parasite en profite.
Rôle des champignons parasites : ils contribuent à l'équilibre des biotopes en évitant le surpeuplement
S'attaquent souvent aux blessures des arbres.
Types de parasites
• les prédateurs
Ils tuent pour mieux manger (parasites violents qui peuvent ensuite se transforment en saprotrophes )
exemple : Armillaire obscur (Armillaria ostoyae)
• les profiteurs
Ils consomment avec modération : Ils tuent très lentement pour faire durer leur hôte
Ils ont souvent un hôte de prédilection (Exemple : Polypore du bouleau sur le bouleau)
Ils sont souvent plusieurs à vouloir profiter du même hôte (qui a peu de chances de survivre)
Il s'agit principalement d'espèces aériennes sur troncs ou branches (= lignicoles) , principalement des polypores.
Exemples
• Parasites des feuillus
Polypore du bouleau (Piptoporus betulinus) : surtout bouleau
Souchette (Collybia fusipes) au pied des chênes, châtaigniers et hêtres
Armillaire couleur de miel (Armillaria mellea) : feuillus
Langue de bœuf (Fistulina hepatica) : chêne ou châtaigner
Polypore soufré (Laetiporus sulphureus) : feuillus
• Parasites des conifères
Armillaire obscur (Armillaria ostoyae)
Polypore du pin (Fomitopsis pinicola) trés courant sur les résineux dans le massif vosgien, (Plus rarement aussi sur les feuillus)
• Parasites d'autres champignons
Xerocomus parasiticus qui pousse sur Scleroderma citrinum
Nyctalis parasitica
sur lactaires ou russules
Cordyceps capitata sur la truffe du cerf Elaphomyces granulatus
• Parasites sur des animaux
Cordyceps militaris qui s'attaque aux pupes (chrysalide) de divers insectes
Remarques
Il n'y a pas de délimitation stricte entre ces différents modes de vie. On trouve souvent des intermédiaires entre parasites et saprotrophes et même parfois les mycorhizogènes.
Cas particulier des armillaires:
Pendant longtemps on pensait qu'il n'existait qu'une espèce d'armillaire. On en recense actuellement 6 espèces européennes, toutes sont des parasites sauf une : Armillaria ectypa, mais certaines, comme cette dernière, sont en plus des saprotrophes. Le cas particulier d’ Armillaria ectypa, c’est une espèce très rare, à protéger, qui pousse parmi les sphaignes des tourbières.
Armillaria bulbosa est plutôt saprotrophe, Armillaria mellea parasite les feuillus, Armillaria ostoyae parasite les conifères.

Remarque:
Le passage d'un arbre vivant au stade de décomposition ne se fait pas instantanément : Il y a une succession d'espèces qui défilent en partant du parasite strict en passant par les espèces qui sont à la fois parasites et saprotrophes pour finir par les saprotrophes stricts qui nettoient ce qui reste de l'arbre jusqu'à sa complète minéralisation !
AMADOU
Vign_fomes_fomentarius_117

Fomes fomentarius

    Basidiome de 10 à 40 cm de largeur sur 5 à 20 cm de profondeur et 5 à 20 cm d'épaisseur, en forme de sabot de cheval plissé et bosselé de zones concentriques ondulées, en bourrelets, à marge plus ou moins ourlée et plus claire à l'état juvénile, à revêtement d'une épaisseur de 1 à 2 mm, de couleur d'abord brunâtre puis grisâtre ochracé pâle et enfin blanc grisâtre sur la fin.

Hyménophore constitué de pores fins (3 à 4 par mm) et arrondis. Tubes de 3 à 8 mm, de couleur blanc gris claire devenant fauve à brunâtre, rarement déformé par des nodules cratériformes produits par des galles.

Légère odeur parfois fruitée (de banane sur certains sujets juvéniles ?) ou humique à fongique 

L'espèce se développe pendant plusieurs années sur le même support 

    Il vient sur les troncs et les branches fortes des feuillus vivants ou morts, surtout sur les hêtres, plus rarement sur d'autres feuillus comme les bouleaux et les chênes. Il peut cependant s'attaquer à des arbres vivants à la faveur d'une blessure, dans les secteurs où il est présent. Il abonde dans les vieilles forêts où il est alors un bioindicateur de naturalité de celles-ci.

Champignons fongicoles
Vign_hypomyces_luteovirens_20_redimensionner
Champignons fongicoles sur champignons à lames
Asterophora lycoperdoides : Nyctalis porteur d'étoiles = Nyctalis asterophora Fr.
Asterophora parasitica : Nyctalis parasite = Nyctalis parasitica (Bull.) Fr.
Calcarisporium arbuscula
Hypomyces armeniacus = H. ochraceus (Pers.) Tul. & C. Tul.
Hypomyces aurantius
Hypomyces lactifluorum
Hypomyces lateritius = Peckiella lateritia (Fr.) Maire
Hypomyces lithuanicus = H. torminosus (Mont.) Tul.
Hypomyces odoratus
Hypomyces rosellus
Hypomyces viridis = Hypomyces luteovirens (Fr.) Tul. & C. Tul. Notre Photo
Mycogone rosea
Microcollybia cirrhata : Collybie mycophage = Collybia amanitae (Batsch) Kreisel
= Collybia cirrhata (Schumach.) P. Kumm
Microcollybia cookei : Collybie de Cooke = Collybia cookei (Bres.) J.D. Arnold
Microcollybia racemosa : Collybie rameuse = Dendrocollybia racemosa (Pers.) R.H. Petersen & Redhead
= Collybia racemosa (Pers.) Quél.
Microcollybia tuberosa : Collybie à sclérote noir = Collybia tuberosa (Bull.) P. Kumm.
Rhodocybe stangliana = Squamanita stangliana Bresinsky & Pfaff
Spinellus fusiger
Tilachlidium brachiatum
Volvariella surrecta : Volvaire parasite = Volvaria loveiana (Berk.) Gillet
Phellinus robiniae
Vign_phellinus_robiniae

Phellinus robiniae (Murrill, 1903) Ames A., 1913. Phellin du robinier

    Ce "polypore" vient d'être découvert en avril 2010 à BRUNSTATT (Haut-Rhin) Il s'agirait d'une première récolte française. Récolte effectuée sur Robinia pseudoacacia Robinier (Faux acacia) son hôte de prédilection. D'autres spécimens ont été redécouverts par la suite dans le même bosquet. C'est un champignon dur et vivace qui présente une surface supérieure brune devenant noirâtre dans l'âge, typiquement fissurée et sillonnée. La surface inférieure fertile (Hyménophore) est porée. Elle arbore de belles couleurs brunes chattoyantes qui prennent différentes nuances suivant les angles de vue.

Description:
Ecologie : Parasite du bois de coeur des arbres vivants du genre Robinia et saprotrophe sur le bois mort. (Il est signalé à l'occasion sur d'autres feuillus en Amérique du Nord, de la région des Grands Lacs et dans le sud-ouest américain) Il cause une pourriture blanche assez active.

Basidiome jusqu'à 40 cm de diamètre et 20 cm de profondeur, plus ou moins semi-circulaire, de forme irrégulière ou en forme de rein, ou aplati à convexe, devenant franchement convexe, puis de plus en plus en forme de sabot avec l'âge. Il est parfois finement velouté, surtout quand il est jeune ou le long de la marge. Avec l'âge il devient nettement craquelé et sillonné concentriquement, brun ou noir. Il se couvre d'algues et de mousses avec l'âge.
La surface porée (Hyménophore) : Brune, apparait souvent plus ou moins foncée, de 7-8 pores circulaires par mm, stratification des tubes en général assez bien distincte, jusqu'à 9 mm d'épaisseur.
Trame : brun rougeâtre à orange-brun ou brun-jaune, ligneuse. Réaction chimique : instantanément noir sous l'effet du KOH.
Odeur: Parfumée sur le frais.

Caractéristiques microscopiques : Spores 5-6 x 4,5 à 5 μ, lisses, largement elliptiques à subglobuleuses, brun rougeâtre au KOH, non amyloïdes. Soies absentes. Hyphes dimitiques.

Cette nouvelle espèce pour la France est une bonne nouvelle pour le naturaliste, en revanche, il va normalement se répandre et s'attaquer aux arbres sains, alors que le bois de Robinier est en plein essor commercial.

REFERENCES : (Murrill, 1903) Ames A., 1913. (Saccardo, 1905; Overholts, 1953; Smith, Smith & Weber, 1981; Gilbertson & Ryvarden, 1987.) Herb. Kuo 10220404, 04190702, 02121001.
Phellinus rimosus, dans le sens de certains auteurs est un synonyme. Phellinus robiniae est parfois traité dans le genre Fulvifomes (voir Wagner & Fischer, 2002).

Kretzschmaria deusta
Vign_ustulina_deusta_1_redimensionner

Kretzschmaria deusta (Hoffm.: fr.) P. Martin. Plus connu sous le nom de son synonyme Ustulina deusta (Hoffm.) Lind 

    Ustuline brûlée stade parfait dit téléomorphe de couleur noire sur la droite et l’anamorphe produisant des conidies de couleur gris cendré feutré. 
    Ce Pyrénomycète xylophage est reconnaissable à son stroma en forme de croûte bosselée, épousant la forme du support sur lequel il se développe, englobant mousse et brindilles. d'abord gris à marge blanche dans son état primaire stade imparfait (Anamorphe appartenant au genre Hadrotrichum), puis devenant noir charbonneux à brillant, puis noir mat dans sa forme définitive stade parfait (Téléomorphe). Il se développe principalement sur le hêtre, mais également sur bien d’autres feuillus, soit sur du bois mort ou à la base des troncs, voire sur les racines des arbres vivants et il est fortement soupçonnée d'avoir une activité pathogène en plus de son activité de saprotrophe qui provoque une pourriture alvéolaire caractéristique. Le stroma persiste plusieurs années, l’anamorphe grisâtre apparaissant au printemps, puis cédant la place au téléomorphe noir qui se développe au courant de l’été. 
    Provoque une pourriture alvéolaire, molle.

Hypoxylon ticinense
Vign_hypoxylon_ticinense_2_redimensionner

Hypoxylon ticinense L. Petrini. 

    C’est un champignon rare, mais frappant par sa couleur vive qui attire l’attention. Nous le connaissons de deux régions de France, l’Alsace et l’Aquitaine (Récolte sur Frêne (Fraxinus excelsior), en bordure de la Leyre dans le Département des Landes (40), également présent sur Acer negundo le long de l’Adour à Dax). Le stroma est habituellement discoïde de 10-28 mm de diamètre, pulviné, épais et onduleux, de couleur variable et progressive passant de terre de sienne, puis rouille à brique foncée et enfin sépia à maturité, mais entouré avant la maturité par une marge jaune vif à orange, fimbriées. Les périthèces sont de petites tailles, souvent tubulaire, couchés sur un subiculum basal, épais et noirâtre. Une confusion est toujours possible avec H. subticinense qui a une morphologie très similaire. Il vient sur le bois ou l'écorce de divers hôtes, généralement à la face inférieure des branches gisant sur le sol dans les endroits humides, provoquant une pourriture alvéolaire.

    Provoque une pourriture alvéolaire, molle.

Fomitopsis rosea
Vign_fomitopsis_rosea_1_redimensionner

Fomitopsis rosea (Alb. & Schwein.) P. Karst. 

    Fructification en console, en sabot, 3-10 cm de large, 2-5 cm de profondeur, 2-3 cm d'épaisseur. Surface bosselée, sillonnée concentriquement, feutrée, un peu zonée, brun-rose, brun foncé puis noirâtre par la croûte qui peut apparaître. Face hyméniale inférieure avec des pores arrondis, 3-5 par mm, rose puis rose sale, tubes plus ou moins stratifiés, longs de 3-7 mm, marge stérile sans pores. Chair de la trame fibreuse, subéreuse, rose. Spores cylindro-elliptiques, lisses, hyalines, non amyloïdes, 6-7 x 2,5-3 μm. Trimitique : hyphes génératrices à parois minces, cloisonnées et bouclées, x 2,5-3 μm, hyphes squelettiques peines, x 3-6 μm, hyphes conjonctives à parois très épaisses, sinueuses, x 2-4 μm. Montagnes ou pays nordiques. Sur bois d'épicéas travaillé ou non, plus rarement sur d'autres conifères ou feuillus. 
    Une récolte sur le massif, sur épicéa vivant et debout, au lac du Forlet à Stosswihr 68

Fomitopsis pinicola
Vign_fomitopsis_pinicola_2335_redimensionner

Fomitopsis pinicola (Sw.) P. Karst.
Fomitopsis pinicola (Fr.) Karst. (= Fomes marginatus Pers. : Fr. ; Polyporus pinicola Sw. : Fr. ;
Fomes ungulatus (Schaeff.) Sacc. ; Polyporus marginatus Pers. : Fr.) 

    Fructification en console ou ongulée, fortement fixée au substrat, 5-25 cm de large, 5-15 cm de profondeur, 3-10 cm d'épaisseur, surface bosselée, ondulée et laissant voir les zones de croissance concentriques, dure, couverte d'une couche résineuse fondant sous l'effet de la chaleur d'une allumette allumée (soluble dans la potasse), tricolore : noirâtre à grisâtre vers le point de fixation, rouge-orangé, cinabre, vers la marge, jaunâtre à crème à l'extrême marge qui est arrondie en bourrelet. Face hyméniale inférieure avec des pores arrondis, 3-4 par mm, crème-jaunâtre à reflets citrins, crème-brunâtre, roussâtres au froissement, pouvant pleurer des gouttelettes limpides de sudation, tubes stratifiés, longs de 2-6 mm. Chair épaisse, crème, crème-ochracé, (typique), odeur acidulée (tabac ?), saveur amarescente. Spores longuement elliptiques, apiculées, lisses, hyalines, non amyloïdes, 6-8 x 3-3,5 μm. Trimitique : hyphes génératrices, cloisonnées et bouclées, x 1,5-3 μm, hyphes squelettiques à parois épaisses, x 4-6 μm, hyphes conjonctives courtement ramifiées, x 2-4 μm. Conifères et parfois feuillus (sur pin et sapin). AC. Partout. (Toute l'année).

Tueur de batraciens
Vign_salamandra_redimensionner

Batrachochytridium dendrobatidis Longcore, Pessier & D.K. Nichols

    353 cadavres de crapauds accoucheurs ont été trouvés en août 2010 au lac d'Arlet (Aspe). 

    La sonnette d’alarme a retenti cette semaine (25 février 2011 !), lors de la divulgation des résultats de la veille sanitaire que le parc national des Pyrénées réalise sur la faune sauvage. Une mortalité massive au sein de la population de crapauds accoucheurs (Alytes obstetricans), vivant en haute altitude, a été observée depuis 2002. Les travaux conduits en 2010 ont montré l’impact d’un champignon pathogène (Chytridiomycose) sur les populations d’amphibiens, notamment le crapaud accoucheur pour qui la maladie s’avère létale. 
    
    Preuve inquiétante, une très importante mortalité de ce crapaud a été observée dans le secteur de Madamette (Néouvielle) et au lac d’Arlet, dans la vallée d’Aspe, où, au mois d’août 2010, les chercheurs ont trouvé jusqu’à 353 cadavres in situ. Si la maladie est mortelle pour le crapaud accoucheur, pouvant infester jusqu’à 95 % des individus sur un site donné, elle pourrait vraisemblablement toucher d’autres amphibiens, comme la Salamandre ou le crapaud commun qui semblent y être sensibles, d’après les scientifiques espagnols qui travaillent sur le parc naturel de Pañalara (Sierra de Guadarrama, Madrid).
Elle touche 1/3 des amphibiens dans le monde 

    Dans les Pyrénées, les chercheurs français, en partenariat avec des scientifiques espagnols, le CNRS de Moulis et le Royal Collège de Londres, poursuivent leurs investigations, même si, pour l’heure, aucun signe de mortalité chez d’autres amphibiens n’a été constaté. Les scientifiques surveillent les populations d’amphibiens pour identifier les effets du champignon, ils étudient également les causes qui provoquent la maladie et les possibilités de l’endiguer, car, même si cette dernière est localisée sur les deux versants du côté ouest des Pyrénées, elle pourrait se propager rapidement. L’origine de cette épidémie explosive reste incertaine, mais elle avait été découverte en 1998 sur des grenouilles tropicales en Australie et Amérique centrale, et avait ensuite atteint l’Espagne provoquant un effondrement des populations de crapauds accoucheurs. Il semblerait que le champignon ne peut être détruit quand il est présent quelque part. La priorité reste donc d’empêcher sa propagation. 
    
    Quand les amphibiens présentent une posture anormale, une perte de réflexe, une léthargie ou des anomalies de la peau (lésions cutanées, ulcères, hémorragies, etc.), ne le touchez pas afin d’éviter la propagation de la maladie.

Cette épidémie est d'une actualité brûlante. 

    Le pathogène (un Chytridiomycota), Batrachochytridium dendrobatidis Longcore, Pessier & D.K. Nichols, décrit très récemment (1999) s'est répandu sur tous les continents, semble-t-il, et pose de très gros problèmes aux gestionnaires de l'environnement, par sa virulence sur les batraciens et les déséquilibres généraux qui peuvent atteindre les écosystèmes aquatiques en général, étant donné le rôle de ces animaux. 

    Dans certaines réserves, les gestionnaires ont d'ailleurs mis en place un système de pédiluve, dans lequel les intervenants désinfectent leurs bottes avant d'entrer, ceci afin d'éviter le transport de spores du pathogène d'une station à une autre.
Il semblerait également que la prolifération assez fulgurante du parasite soit facilitée par le changement global, entre autres par la composante thermique du phénomène ("réchauffement climatique").

      Ce champignon microscopique se répand très vite, infectieux, il fait désormais des ravages chez les grenouilles et autres amphibiens. Les hécatombes, d'abord observées en Australie, puis en Amérique latine voici une dizaine d'années, sont désormais observées partout dans le monde. En France, des extinctions massives ont été recensées sur plusieurs espèces de batraciens, notamment le remarquable crapaud accoucheur et la salamandre commune. L'épidémie a démarré en 2007 dans les Pyrénées et elle semble se propager dans tout l’hexagone. Toutes les observations des scientifiques et des naturalistes sur le terrain laissent craindre le pire. Nos campagnes risquent-elles d'être réduite au silence et nos mares désertées ? Difficile de connaître l'origine exacte de l'infection. Des chercheurs du CNRS de Moulis en Ariège tentent de mieux comprendre comment se propage le Batracochytridium dendrobatidis et ils semblent convaincus d'avoir ici affaire à un pathogène émergent, en d'autres terme une maladie transportée sous nos latitudes par des espèces exotiques. De nombreux indices laissent à penser qu'elle aurait été introduite dans l'hémisphère nord par un Xénope, une petite grenouille originaire d'Afrique du sud. C'est ensuite la fameuse grenouille taureau, porteur sain du champignon, qui aurait favorisé la propagation depuis les États unis d'Amérique jusqu’à la France. Pour le moment, le champignon se développe préférentiellement en altitude d'après les observations des chercheurs, il anéantit 100% des crapauds infectés. Le massif des Vosges est donc en alerte, contre cette pandémie.

Si vous avez des observations, merci de vous rendre sur le site de la Station d'Ecologie Expérimentale du CNRS, de Moulis Village à 09200 Saint Girons CNRS ou Alerte amphibien.

Serpula lacrymans (Mérule)
Ecologie de Serpula lacrymans (Schum) S.F Gray,


Voir notre page détaillée Mérule Serpula lacrymans
Vign_serpula_lacrymans_18
Les pathogènes
Diaporama conférence sur les champignons pathogènes. Présentation de la fonge et des modes de vie des champignons.
Pourrtiure alvéolaire
Vign_bulgaria_inquinans

Pourriture alvéolaire 

    Caractéristique des Ascomycètes lignivores, elle peut également être provoquée par certains Basidiomycètes (mais plus rarement), soit en complément, soit alternativement à leur mode habituel d’attaque que sont les caries blanches ou caries brunes (Schwarze et al,.2000). La carie alvéolaire (carie alvéolaire facultative ou transitoire) se caractérise par une dégradation précoce de la cellulose suivie d’une lente dégradation de la lignine. 
    Les caries provoquées par les Ascomycètes se caractérisent par une pourriture de type alvéolaire.

Pourriture blanche
Vign_pourriture_blanche_1121

Pourriture blanche ou fibreuse 

    La lignine, mais aussi la cellulose et les hémicelluloses, sont dégradées. Les vitesses relatives de décomposition de la lignine et de la cellulose varient cependant largement en fonction des espèces de champignons et des conditions qui règnent à l’intérieur du bois. Parmi les différents types de caries, deux groupes principaux sont généralement reconnus (Schwarze et al., 2000). 
  
    2-1 La délignification sélective ou type I. La lignine est dégradée avant la cellulose et les hémicelluloses. Le bois se décolore et perd de sa rigidité. Il acquiert une structure fibreuse et molle et conserve son élasticité tant que subsiste la cellulose. 

    2-2 La carie simultanée ou type II. La dégradation de la cellulose, des hémicelluloses et de la lignine se produisent à la même vitesse. Le bois dégradé perd de sa rigidité et de son élasticité. 
    Les caries (ou pourritures) provoquées par les Basidiomycètes se répartissent principalement en deux groupes, la carie brune et les caries blanches.

Pourriture cubique
Vign_pourriture_cubique

Pourriture cubique (Rouge ou brune).
ou encore : carie brune

    La cellulose et les hémicelluloses sont dégradées préférentiellement alors que la lignine subsiste (Moore, 2000). Le bois altéré prend une teinte plus foncé que la normale, souvent brunâtre ou brun rougeâtre. Il perd son élasticité et devient de plus en plus cassant, se clivant selon trois directions sensiblement perpendiculaires (Lanier et al.,1976).
    Les caries provoquées par les Basidiomycètes se répartissent principalement en deux groupes, les caries brunes et les caries blanches.

Les pathogènes

Dans cette page CHAMPIGNONS PATHOGENES, nous présentons des espèces parasites, biotrophes, s'attaquant directement aux arbres vivants, mais qui peuvent être également des espèces saprotrophes qui décomposent le bois mort. Ils sont alors parasites occasionnels.

Vign_ganoderma_adspersum_sur_zelkova
Modes de vie
Vign_ganoderma_lipsiense_acremonium_lindtneri_2213
Les champignons peuvent être : décomposeurs, symbiotiques, parasites d’animaux ou de végétaux. Cette présentation illustre les champignons xylophages, qu’ils soient saprotrophes ou biotrophes.
SAPROTROPHES
Vign_phaeolus_schweinitzii_1a

Les saprotrophes permettent la dégradation des plantes mortes et vont former l’humus et donc améliorer les sols. On voit ici le Phaeolus schweinitzii en train de décomposer les reste d'une souche de pin sylvestre. Dans quelques années, cette souche sera transformée en un humus fertile, disponible au sol pour les générations furtures de végétaux.

    Les champignons saprotrophes jouent un rôle essentiel dans l'écologie des sols forestiers. Absorbotrophes, ce sont des décomposeurs. En recyclant la matière organique végétale et accessoirement animale, ils participent à l’élaboration de l’humus, jouant ainsi un rôle essentiel et primordial dans la nature. Ce sont les principaux acteurs de la dégradation des arbres. Ils décomposent la cellulose, aidés par les bactéries et des insectes ou des invertébrés du sol, mais ils sont les seuls à pouvoir dégrader la lignine, une macromolécule très complexe. 
    Imaginons un instant que les champignons saprotrophes n’existent pas. Les forêts seraient alors étouffées par l’accumulation de leurs propres déchets organiques, comme le bois morts et surtout les feuilles mortes qui tombent chaque automne. 
    Quand la lignine est décomposée, on obtient alors une pourriture blanche qui concerne la majorité des décomposeurs de bois, surtout feuillus. Si au contraire la cellulose et l’hémicellulose sont décomposées, on obtient une pourriture cubique (rouge ou rouille) et qui concerne environ 10% des feuillus, mais 80% des conifères.

BIOTROPHES
Vign_ganoderma_resinaceum_3

    Ganoderma resinaceum sur Chêne

    Les champignons Biotrophes ou parasites se nourrissent au dépend d’un organisme vivant. Ils s'attaquent donc aux êtres vivants, parfois à la faveur d’une blessure, entraînant leur dépérissement souvent suivi de leur mort. De ce fait ils participent à l’équilibre des écosystèmes surtout végétaux, limitant naturellement les espèces envahissantes et évitant le surpeuplement. 

    Il existe un bon nombre d’espèces biotrophes des animaux (dont l’homme), en moindre quantité ils sont parasites des champignons eux-mêmes, mais surtout des végétaux. 

    Ce sont les champignons parasites qui jouent un rôle de régulateur dans les populations de végétaux ou d’animaux dans les milieux naturels.

Inonotus hispidus
Vign_inonotus_hispidus_1108

Redoutable champignon pathogène, biotrophe fréquent sur les arbres des vergers, notamment des pommiers, mais aussi sur les vieux frênes. Il induit une pourriture blanche très active altérant le bois de cœur.
Quand un arbre d'un verger est atteint par ce champignon, l'arbre est moins productif en fruits et sa durée de vie est comptée. En tout état de cause, quand le sporophore apparaît, le mycélium présent dans le bois affecte depuis plusieurs années l'arbre fruitiers. il est donc trop tard pour intervenir. Il est préférable de brûler le bois sur place, une fois l'arbre mort abattu, afin d'éviter une propagation au arbres sains.

Inonotus dryadeus
Vign_inonotus_dryadeus_4

    Redoutable champignon pathogène des chênes et quelques fois des châtaigniers chez lesquels il développe une pourriture blanche très active affectant le duramen à partir du système racinaire ou de la base des troncs.

Inonotus nodulosus
Vign_inonotus_nodulosus_1

    Champignon saprotrophe ou rarement biotrophe (parasite de faiblesse). Il est assez fréquent et vient quasiment exclusivement sur les hêtres moribonds ou morts où il provoque une pourriture blanche du duramen.

Saprotrophisme
Vign_sentier_des_roches_1872

    Les champignons contribuent pour l'essentiel, à la décomposition des ligneux et transforment ainsi la matière organique végétale en un humus fertile, comme ici sur les flancs du massif du Hohneck visibles du sentier des roches.

LAURENT P © 2010
Créer un site avec WebSelf