et STATION D'ETUDES MYCOLOGIQUES
Les champignons
Pilz,Hongo,Mushroom,Fungi,Olatra
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Cordon littoral landais
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LE CORDON LITTORAL LANDAIS 
    
    Le cordon littoral représente une des grandes zones écologiques du département des LANDES.
Cet écosystème singulier englobe un certain nombre d'habitats (Biotopes), répartis entre la ligne des marées et les anciennes dunes dont le transect est formés par :
Les Laisses de mer sur le haut estran
La Dune embryonnaire
La Dune blanche 
La Dune grise
L'ourlet forestier et les fourrés arbustifs 
Les Bas marais dunaires
Les Prés humides littoraux
La Dune boisée (forêt de protection essentiellement composée de pins maritimes et/ou de chênes liège)
La Zone des étangs

Répartition des espèces fongiques 

    Les champignons sont étroitement liés à la flore existante : on estime que le rapport est de 3,5/1 et qu'une forêt composée de chênes et de pins abrite environ 1300 champignons (macromycètes), pour 450 plantes. 
    
    Les champignons saprotrophes capables de coloniser tous les milieux sur les substances mortes, qu'elles soient végétales ou animales, peuvent être présents sur les différents biotopes, mais c’est surtout à partir de la dune blanche que l’on rencontre les espèces dont certaines sont endémiques. Les champignons peuvent être d’excellents bio-indicateurs de l’état de santé de la dune (acidification du milieu, nuisances d’origines humaines). 
    
    Les champignons mycorhizogènes vivent en symbiose avec les plantes ligneuses, plus rarement herbacées, c’est donc surtout dés l’apparition de ces dernières, le plus souvent au niveau de la Dune grise que l’on remarque les premiers mycorhizogènes, associés le plus souvent aux Cistacées, en particulier le ciste à feuilles de sauge. Puis, au fur et à mesure de l’apparition de la flore arbustive des fourrés et des arbres, la densité des mycorhizogènes augmente et ceux-ci se mélangent alors aux saprotrophes. Pour les arbres croissant à partir de la limite de la dune grise, l’abondance de champignons mycorhizogènes traduit généralement une activité biologique importante du sol et surtout une croissance dynamique des arbres auxquels ils sont associés. 

    Notion de spectre biologique : Développé à titre expérimental par la Commission Environnement de la SMF, au titre du programme ¨Réseau national de suivi des écosystèmes forestiers sur le long terme¨ (RENECOFOR) le calcul de ce spectre : à l’aide du rapport « nombre d’espèces mycorhizogènes / nombre d’espèces saprotrophes » s’avère être un bon bio-indicateur de la santé de ces écosystèmes forestiers. Nous sommes d'ores et déjà en mesure de présenter un spectre biologique de l’ensemble de l’écosystème du cordon littoral landais grâce aux relevés effectués les vingt dernières années sur l'ensemble des différents habitats. La stabilité de ce spectre est également révélateur de l’état de santé des Sites NATURA 2000 le long de ce cordon dunaire. 

    Conclusion : Le temps de réponse de la fonge par rapport à une dégradation du milieu naturel (eutrophisation) étant plus rapide que celui des plantes supérieures, les champignons sont d'excellents indicateurs pour la gestion des sites, il est important que la fonge ne soit pas oubliée dans les études d’impact et d’aménagement.
Le haut estran
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    L’habitat générique regroupe l’ensemble des végétations thérophytiques halonitrophiles des laisses de mer riches en matière organique azotée. Il se situe à la partie sommitale des estrans, sur substrat sableux à limono-argileux, plus rarement sur graviers ou cordons de galets, bien drainé et non engorgé d’eau. 
    Ce type d’habitat est présent sur l’ensemble du linéaire côtier des côtes atlantiques et méditerranéennes, à l’exception de certaines côtes rocheuses rectilignes dépourvues de criques ou d’anses permettant l’accumulation de sédiments marins.
Les risques de détérioration sont liés à la surfréquentation, au nettoyage mécanique des plages et à l’artificialisation du trait de côte.

    Formations de plantes annuelles ou formations représentatives de plantes annuelles et vivaces, occupant des accumulations de débris et de graviers riches en matière organique azotée (Cakiletea maritimae p.).
Végéteaux présent : Cakile maritima, Salsola kali, Atriplex spp. (en particulier A. glabriuscula), Polygonum spp., Euphorbia peplis, Mertensia maritima, Glaucium flavum, Matthiola sinuata.

    Dans ces formations végétales et débris organiques divers d'origine marine ou non, les champignons sont rares ou inexistants.

La dune embryonnaire
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    Dans ce milieu original, la dune embryonnaire et de loin la plus dynamique. La flore et la fonge du haut estran n’est généralement immergé que lors de grandes marées. C’est la partie la plus halophile de tout le transect dunaire. Les laisses de mer apportent leur contribution en nitrate. Malgré cela, la flore et de surcroit la fonge, ne peuvent pleinement s’exprimer, en raison de l’érosion marine, mais également d’une pression anthropique non négligeable. 
    Progressivement, la végétation s’installe sur les premières véritables formations dunaires avec quelques champignons qui bravent l’hostilité des conditions climatiques et physiques. Pendant les épisodes de répit, une banquette se forme. Le chiendent des sables s’installe assez vite (on le retrouvera dans les plaques de déflations et les pourrières dans l’arrière dune), stabilisant du même coup les sables. 
    Dans cette tranche sud du cordon dunaire atlantique, le Cakile maritime halo-nitrophile colonise lui aussi le sable nu, puis occupe la dune embryonnaire s’incrustant parfois jusque sur le corps de la dune blanche. 

    C’est donc à ce niveau que commence le transect dunaire avec le Cakiletea.
Cette section du transect dunaire est donc la plus pauvre en champignons. Stropharia halophila var. occidentalis y trouve son optimum écologique, c’est le descripteur fongique de ce milieu de dunes acidoclines.
D’autres espèces communes à la dune blanche mobile osent s’aventurer dans cette section de la dune embryonnaire, comme Rhodocybe popinalis var. insititia, Lepiota brunneolilacea et Psatyrella ammophila var. marginata.
Alors qu’elle a son optimum écologique dans le fourré dunaire, nous avons eu l’occasion de récolter une macro-lépiote psammophile Macrolepiota psammophila sur le haut estran, au côté de Cakile maritima et de branchages de Pinus pinaster déposés artificiellement pour la stabilisation du fronton dunaire.
Une autre espèce trouve également son optimum écologique dans cette section du transect. C’est un ascomycète automnale : Peziza ammophila. Cependant, ce n’est pas dans cette section que nous l’avons récoltée dans notre dition, mais dans la dune grise, près du revers de la dune blanche, à La Pointe, à Capbreton, c’est d’ailleurs notre seule et unique récolte sur la côte Landaise. En revanche nous la connaissons de la Côte d’Opale (récolte 2000) sur la dune embryonnaire du Cap Gris-Nez.
Régis Courtecuisse (DM 57-58 1984) cite peu d’espèces dans cette section :
Agaricus spissicaulis Moeller, espèce réputée nitrophile que l’on peut récolter sur compost.
Clitocybe leucodiatreta Bon que l’on retrouve plus volontiers, dans la forêt de protection sous les pins maritimes.
Clitocybe nitrophila Bon, espèce graminicole halo-nitrophile qui peut donc s’accommoder de la présence des graminées pionnières de ce milieu.
Volvariella speciosa (Fr. : Fr.) Singer. Nous connaissons cette espèce généralement commune, des champs, des tas de composts, sur déchets organiques... C’est une espèce sapro-nitrophile.
Et notre Psathyrella ammophila (Dur. & Lév.) Orton, très commune que nous avons nous même récolté, de la Côte d’Opale au Sud landais.

Jacques Guinberteau (Conf. Quelques aspects de la mycoflore des dunes non boisées du littoral aquitain 2009) ne cite aucune espèce dans cette section, dans sa liste non exhaustive des espèces rattachées à chaque séquences zonales de la dune.
Cependant, il nomme Peziza ammophila et Stropharia halophila comme descripteurs fongiques de cette séquence zonale.
Il paraît donc évident, que dans cette section du transect, il sera possible de récolter d’autres espèces halo-nitrophile occasionnelles, qui se développeront à la faveur des nutriments trouvés sur place et à la faveur des accalmies assez longues pour permettre le développement des sporophores.

Stropharia halophila var. occidentalis caractéristique sur la dune embryonnaire, aux côtés  d'Otanthus maritimus, Calystegia soldanella et Euphorbia paralias.

La dune blanche ou dune mobile
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    Cette séquence zonale du transect dunaire devient plus intéressante d’un point de vue mycologique. Les espèces que nous avons pu récolter, ajoutées aux espèces citées dans la littérature dépassent largement les 50 espèces.
L’acidité des sols de notre dition, peut cependant entraîner une réduction de ce nombre.
Cette séquence zonale marque véritablement le début de la dune. C’est le cordon mobile à forte accumulation sableuse. Les sables éoliens sont retenus par l’Oyat Ammophila arenaria ou Gourbet des aquitains. C’est un faciès assez homogène présent du Sud des Landes où les dunes sont moins volumineuses et moins mobiles, au Sud du Bas-Médoc.
La végétation est d’abord imposée par l’Oyat, souvent implanté artificiellement par l’homme, puis il est rejoint par le Panicault Eryngium maritimum, l’Euphorbe Euphorbia paralias et le Liseron des sables Calystegia soldanella. Grâce à ces végétaux pionniers, les macromycètes saprotrophes vont ainsi pouvoir s’installer. 

    Le descripteur fongique caractéristique de cette dune blanche mobile est un gastéromycète remarquable Phallus hadrianii qui emboite le pas à une autre espèce sabulicole proche Phallus arenarius ad interim que nous avons eu l’occasion de récolter à maintes reprises dans cette dition au cours des mois de novembre - décembre. 

    C’est la séquence zonale qui a certainement donné le plus grand nombre de taxons nouveaux dans ces vingt dernières années.
Régis Courtecuisse ne discerne pas d’un point de vue mycologique, les deux associations phytosociologiques de cette section, que sont l’Ammophilion et l’Agropyrion. Nous n’avons pas été capable de séparer les récoltes pour l’un ou l’autre habitat.
En revanche trois espèces sapro-graminicoles phares sont propres à l’Oyat. Nous n’en n’avons récolté qu’une seule dans notre dition : 
Hohenbuehelia petaloides .  En revanche les deux autres espèces sont à rechercher dans cette dition, que nous connaissons de la côte d’Opale : Campanella caesia et Hohenbuehelia culmicola 

    De même que le Panicault Eryngim maritimum est omniprésent sur les dunes blanches de la côte landaise, il ne nous a pas été possible de récolter le Pleurote associé à ce Chardon bleu : Pleurotus eryngi, que nous connaissons des plages Bretonnes de Guidel. On peut se demander si l’absence de calcaire dans le sol peut justifier l’absence de ces taxons pourtant graminicoles strictes.
Une autre espèce emblématique de la dune blanche, peut être recherchée dans cette dition. Il s’agit d’Oudemansiella mediterranea espèce rare et exceptionnelle de distribution méditerranéenne, qui remonte épisodiquement sur le littoral aquitain et vendéen, typique du haut de dune blanche à Oyats. 

    Dans notre dition, les espèces les plus courantes sont les Lépiotes mortelles : Lepiota pseudohelveola et la var. sabulosa, L.brunneolilacea, ainsi que Agaricus menieri, Psathyrella ammophila, Morchella dunensis et Panaeolus dunensis.

Phallus hadrianii
est ici l’espèce caractéristique de la dune blanche. Nous ne l'avons jamais récolté entre Biscarosse et Lit-et-Mixe, dunes plus acidoclines, sans apport de sable coquiller.

La dune grise ou dune fixée
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    Cette séquence zonale de notre transect est véritablement un paradis mycologique. Les espèces y sont variées, abondantes, parfois surprenantes et le paysage y est agréable à parcourir à l’arrière saison justement propice au développement des sporophores. 

    Le lette (comme disent les landais), ou dune grise, est vraisemblablement la partie de la dune la plus productive, en dehors de la partie boisée dont la diversité des espèces augmente en raison des nombreuses mycorhizes qui s’opèrent avec les végétaux supérieurs.
Il est évident que la majeur partie des champignons de la lette sont saprotrophes, néanmoins, les champignons mycorhizent très facilement les Cistes, ainsi que les premiers chênes et pins, quand ceux-ci sont présents dans la dune grise. 

    On remarque une trouée sableuse, sans lichens ni végétaux, cette dépression creusée par les vents se présente comme une plaie dans la lette grise. Les caoudeyres sont peu propices au développement de champignons, sauf quand elles sont comblées par des branches de pin (voire d’autres végétaux secs), où alors il est possible de trouver ça et là quelques rares champignons saprotrophes liés au pin ou aux résineux en général. Sur la dune embryonnaire on trouve des caoudeyres frontales. 

    C’est dans ces milieux, que l’on peut récolter quelques saprotrophes liés ou non à cette essence.
Nous y avons personnellement récolté les espèces suivantes : Collybia luxurians, Schizophyllum commune, Gloeophyllum sepiarium, Trichaptum holii, Gymnopilus penetrans; Crucibulum laeve ainsi qu’un Trichia immature, entre autres. 

    A l’envers des caoudeyres qui sont des excavations du sol, les plaques de déflation sont des exhaussements sableux plus ou moins importants, qui sont accumulés par les vents. Elles font partie de la dynamique de mouvement des dunes, sur tout le cordon du littoral atlantique. Le sable peut ainsi envahir des dizaines, voire de centaines de mètres carrés, qui parfois étaient riches en champignons. L’année suivante, à défaut des champignons de la lette grise, on peut récolter quelques espèces de la dune blanche (voire même embryonnaire). 

    La dune grise à immortelles (Helichrysum stoechas), c’est le domaine des Hygrocybes hauts en couleur.
Citons nos récoltes : Hygrocybe aurantiolutescens, Hygrocybe persistens, Hygrocybe pseudoconica, H. insipida. Nous n’avons pas rencontré H. conicoides qui semble apprécier les dunes plus calciclines et que l'on rencontre après la césure édaphique girondine.
D’autres saprotrophes se plaisent dans ce biotope fragile et menacé.

Le fourré dunaire et l'ourlet forestier
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    En arrière de la dune fixée, s’observe généralement, une douce transition d’arbustes clairsemés. L’influence maritime se restreint et l’ourlet forestier apparaît. Le sel ne joue plus un rôle limitant mais le substrat sableux limite encore l’apparition d’espèces trop généralistes. Quelques arbres finissent par prendre le dessus, soit de façon naturelle, soit à l’aide des hommes qui ont planté une grande partie des actuelles dunes boisées, même si, ils sont atteints de nanisme, comme le chêne liège rampant littéralement au sol et ne dépassant pas 90 cm de hauteur, pour 5 m de Ø. 

    Le pin maritime et le chêne liège font leur apparition, entremêlés par l’arbousier, l’ajonc et le genêt à balais. Mais c’est essentiellement le chêne liège (Quercus suber) qui assure la transition forestière avec le continent. La côte landaise ne compte pas de population de chênes verts. Il est évident que le port inhabituel des ces arbres peut dérouter le néophyte. Parfois leur hauteur ne dépasse pas le mètre, mais la surface des branches couvre plusieurs m² au sol et quand ils tentent de se redresser, le vent les façonnent en drapeau, ce sont des anémomorphoses fréquentes. Il faut alors aller débusquer les champignons sous ces fouillis végétaux. C’est une partie de la dune généralement très riche en champignons. 

    Généralement la forêt gagne de la surface sur l’espace dunaire, mais c’est parfois l’inverse qui se produit, par l’effet des pourrières. Sous l’effet du vent, le sable prélevé sur la dune mobile se dépose à l’arrière du système dunaire, créant des amas qui envahissent les végétaux. C’est alors la dune qui gagne sur la forêt. Les pourrières sont pauvres en champignons. Ce n’est donc pas dans ce milieu qu’il faut chercher la perle rare ou l’abondance. Cependant, le changement de faciès rompt la monotonie.

La forêt de protection
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    Cette section située la plus à l’est, côté continent, de notre transect dunaire est essentiellement constituée par l’association Pino pinastri - Quercetum suberis. Cette pinède maritime associée au chêne liège constitue une phytocénose endémique (Géhu 1991) inscrite à l’annexe I de la directive habitat européenne. 
    Il est impossible de livrer ici, l’ensemble des espèces fongiques liées à cette séquence zonale. Nous citons et représentons une partie de nos récoltes. Il nous faut rajouter l’ensemble des espèces listées par la SO.MY.LA. pour cette partie de la dune. On serait naturellement tenté d’y intégrer l’ensemble des espèces liées symbiotiquement aux pin maritime et au chêne liège, ainsi que les espèces saprotrophes et biotrophes qui leurs sont liées, sans oublier les champignons associées aux autres arbres et arbustes qui fréquentent cet habitat, en outre variable du Nord au Sud de notre dition. 

    A savoir que le chêne vert Quercus ilex reste très exceptionnel dans notre portion d’étude des dunes littorales landaises. Il est d’ailleurs quasi inexistant dans le département des Landes (sauf introduction par l’homme).
Les arbustes les plus fréquents rencontrés sont : 
    L’arbousier Arbutus undedo, l’aubépine monogyne Crataegus monogyna, le cypré de Lambert Cupressus macrocarpa (qui peut abriter Geastrum fornicatum), le Troène Ligustrum vulgare, Phillyrea angustifolia, le chêne pédonculé Quercus robur et le chêne Tauzin Q. pyrenaica et le tamaris Tamarix gallica pour ne citer que ces essences. Les saules des panes humides ne sont encore pas abordés ici.
Tricholoma pessundatum, Tricholoma psammopus, Hebeloma cylindrosporum, Suillus bellinii, Cortinarius mucosus et C. mucifluus. Amanita phalloides var. larroquei, Clitocybe diatreta et Russula turci, R. badia et R. adusta, Collybia impudica et Agaricus purpurellus sont caractéristiques du milieu. D’autres Cortinaires ont été récoltés dans cette dition, en cours d’identification.
Le Pino-quercetum s’inscrit dans l’hygrosère (Aire, zone humide) par opposition aux autres séquences ouest du transect, qui sont elles, dans la xérosère (Aire, zone sèche). On ne s’étonnera donc pas d’y récolter des espèces plus hygrophiles. C’est en fait une partie très menacée prise entre l’ensevelissement des sables et l’appétit de l’homme en faveur de la forêt de production. 

    La fonge de cette section dunaire et vraisemblablement la plus riche, avec la fonge de la dune grise. On y retrouve cependant, nombre d’espèces forestières communes aux essences présentes.
On peut même citer des espèces rares, peu habituelles, voire exotiques que l’on a pour habitude de récolter dans les serres européennes. En effet nous avons eu l’occasion de récolter au Cap de l’Homy à Lit et Mixe, sur un tas de sable mélangé à des déchets végétaux à grande majorité de pin des Landes, un nombre impressionnant d’espèces rares : Entolma ameides, une série de Leucocoprinus : Leucocoprinus cepaestipes, Leucocoprinus flos-sulfuris (Exotique), Leucocoprinus brebisonii, Leucoagaricus bresadolae et Collybia luxurians (Espèce américaine) et non loin de là, sous le couvert de la forêt de protection nous récoltions :
Gymonopilus liquiritiae var. satur, Lepista caespitosa, Phellodon niger, Ptychogaster albus, Sarcodon illudens, Sarcodon scabrosus, Leccinum corsicum et Agaricus purpurellus, de quoi ravir le mycologue en quête de raretés.

Le Courant d'Huchet - LANDES 40
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EGARE DANS LE BAYOU 


    C’est un cordon ombilical qui relie les eaux douces du lac de Léon aux eaux salées de l’océan. Le courant d’Huchet, déjà repéré par le poète italien Gabrielle d’Annunzio, est le seul cours d'eau du golfe de Gascogne dont l'embouchure reste naturelle : tunnel végétal, fougères géantes, dunes et loutres, visons, palombes… 


    Tout commence au lac de Léon : une immense étendue aquatique, aux rives aménagées dans un paysage plat. Mais ses berges sont recouvertes de bouchons noirâtres ornées de quatre grosses saillies pointues qui annoncent l’étrangeté : une espèce rare et protégée abondent ici, le mâcre ou châtaigne d’eau (Trapa natans) qui laisse flotter ses fruits à quatre épines… que le vent ramène en abondance. De paisibles nénuphars jaunes ou blancs couvrent mal des eaux sombres, chargées d’alluvions et qui portent la sauvagerie de l’endroit. Une roselière marque l’entrée du courant. Les eaux se referment sur un petit canal, « le fleuve », ou se faufile notre «galup», barque au nez pointu, à fond plat, mais il faut aussi baisser la tête, à cause de la forêt galerie, véritable joyau relictuel de la Saltus Vasconia. Le tunnel végétal formé par l’aulnaie saulaie, stade ultime d’évolution de ce type de milieu hygrophile, se densifie. La chaleur du sud, l’abondance d’eau, il n’en faut pas plus pour que la végétation devienne luxuriante. Et tout y est démesuré, la taille, l’âge des laîches, des arbres et celle des fougères, dans cette compétition verte où chaque centimètre carré, chaque photon est capté par la vie. Il faut naviguer à vue, en évitant les arbres morts qui embarrassent le cour d’eau, mais qui servent de niche écologique à tant d’espèces. 

    L’homme n’intervient pas et les écosystèmes expriment toute leur originalité et surtout leur diversité. Assez exceptionnel pour avoir été classé, dès 1934, parmi les monuments naturels de France, le courant d’Huchet est resté depuis intact et sauvage. Peu accessible à l’homme, luxuriante, la forêt offre un abri incomparable à la faune locale. Les houppiers denses préservent la strate herbacée des rayons du soleil, c’est le monde des fougères, des lichens et des champignons. De nombreux oiseaux y trouvent refuge et nourriture. Les palombes, peu habituées aux milieux fermés, y font souvent escale. 

    Les saules de toutes sortes tirent la révérence, tandis que les aulnes se tiennent au garde à vous au bord du courant. Les eaux sont devenues turbides, troublées, mais agitées de volutes, siphons et tourbillons et au détour d’un méandre : une loutre (Lutra lutra) qui plonge dans les eaux turbides du marais. C’est un endroit privilégié, le temps de se retourner et c’est la Cistude d’Europe (Emys orbicularis), la rare tortue des marais qui déambule entre les racines et les nodules orangé vif des aulnes glutineux. Un bon signe pour cette espèce protégée, ici ses effectifs sont en constante augmentation. Elle passe sa vie dans les endroits boueux, ce qui lui vaut parfois le surnom de Tortue boueuse. Mais l’espèce emblématique des lieux, le Vison d’Europe (Mustela lutreola), l’un des mammifères les plus menacés de nos pays, plus discret, est quasi impossible à surprendre sans préparer un affût. On peut toujours l’espérer en scrutant les mottes herbeuses, sur les rives, et plus précisément les touradons de laîches (Carex paniculata), ou les panaches plus fins des molinies bleues (Monilia caerulea) ou encore les magnifiques Osmondes royales (Osmunda regalis) aux feuilles larges et dentelées : royales, ces fougères le sont plus grandes qu’ailleurs, puisque ses frondes atteignent facilement les 2 mètres de long ! Leurs souches constituées de rhizomes dressés témoignent de leur âge avancé, plusieurs fois centenaires. Mais c’est au raz de l’eau que l’on comprend que tout un système racinaire complexe où se mêlent rhizomes, racines des aulnes et des saules, forme un paradis pour les anguilles… 

    Si maintenant, on lève le nez, une grande surprise nous attend. La voici, la Louisiane. A force de glisser sur le courant, nous avons changé d’univers. De continent ? C’est un bayou. A notre droite une allée de colosses se dressent sur plusieurs dizaines de mètres de hauteur, arborant des fûts de taille impressionnante. Leurs racines aériennes, les pneumatophores, à la limite des eaux et des berges, rivalisent de beauté au milieu des fougères géantes et des mottes de carex hirsutes : ce sont des Cyprès chauves (Taxodium distichum) originaires de Louisiane. Chauve, en effet ils le deviennent avec l’arrivée de l’hiver, où ils perdent leur feuillage, contrairement aux autres espèces de Cyprès. Mis à par le chant des oiseaux et le ruissellement de l’eau, tout est calme. Là-bas, une herse d’Arums d'Ethiopie semblent jouer du cor de leurs longues terminaisons florales d’un blanc immaculé ; à peine perturbés par les Iris jaunes. Plus loin, le courant se perd dans les marais d’arrière dune piqués d’Hibiscus des marais (Hibiscus palustris) et tapissé en ses bords de prés ornés de populage des marais (Caltha palustris), véritable corbeille de fleurs jaunes… 

    Une invite à quitter la barque, pour poursuivre à pied, au travers de la pinède à chêne liège. De l’autre côté de la forêt, la dune littoral, le bruit dans les feuilles sèches sous nos pas. Un Lézard vert (Lacerata viridis) que l’on vient de déranger lors de sa sieste sous un soleil brûlant se trahit tout près de nous. 

    Nous voici donc au bout de notre périple, nous avons longé le cordon ombilical qui relie sur 9 km le Lac de Léon à l’océan. De l’atmosphère humide chargée de senteurs herbacées et d’humus frais, nous passons aux odeurs florales qui abondent dans les milieux plus ouverts. L’odeur de la résine prend enfin le dessus, surtout quand elle est surchauffée. Les palombes en migration nous interpellent de leur Crou Crou légendaire. Sa chasse est ici le sport local ancestral. Des effluves iodées, le serpentin d’eau saumâtre s’illumine et ouvre sa gueule pour vomir ses alluvions qui viennent ici, enrichir le milieu marin. Et dans le ciel, la lumière, éblouissante.

Patrick Laurent - Le Chasseur Français - 2009 Hors séries

Réserve naturelle d'ARJUZANX
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Réserve Naturelle Nationale d’Arjuzanx 

    Au coeur de la forêt landaise et aux portes du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne, le site d’Arjuzanx, qui s’étend sur plus de 2600 hectares, est né de l’exploitation d’une mine de lignite (sorte de charbon). 
    Les travaux de réhabilitation et l’évolution naturelle ont donné à ce site une dimension exceptionnelle avec deux ensembles distincts : une zone à vocation de loisirs de pleine nature et une zone consacrée à la protection du patrimoine naturel. Il est évident que c'est surtout dans  cette seconde partie que nous avons herborisé et effectué un inventaire mycologique depuis maintenant 5 ans. Nous sommes donc en mesure d'y présenter quelques espèces.

Terrils de Lignite
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    Le lignite est un combustible fossile qui, à Arjuzanx, est vieux de près de 10 millions d’années. La couche de lignite d’une épaisseur de 5 m, était extraite à ciel ouvert. Dès 1980, Edf s’est engagé avec le concours de l’ONCFS dans la réhabilitation de ce qui tait l’une des plus grandes friches industrielle de France. Les excavations sont désormais, pour la plupart remplies d'eau, quant aux exhaussements, ils constituent des terrils où les espèces pionnières s'expriment pleinement ! C'est un véritable laboratoire à ciel ouvert, afin d'examiner et comprendre, comment les champignons et les lichens colonisent les sols pauvres, pour laisser ensuite la place aux végétaux sur des sols qu'ils ont fertilisé. Les travaux de réhabilitation écologique et l’évolution naturelle ont donné à ce site une dimension naturelle remarquable avec des paysages, des habitats et des espèces d’une exceptionnelle valeur patrimoniale.

Cette diversité tient en la présence : 

    D'une première originalité du site qui tient en la constitution de vastes plans d'eau oligotrophes. Ils servent de reposoirs pour l'avifaune aquatique et leurs caractéristiques physico-chimiques (acidité, transparence de l'eau, faible productivité biologique...) a permis l'implantation de groupements végétaux, ainsi qu'une fonge, qui sont peu communs en France. 
    Au milieu des zones de remblai, on trouve d'autre part un ensemble de trous d'eau appelés « bassines » sur lesquelles se développent notamment des tapis de sphaignes et son cortège de champignons spécifiques. Le développement de ce type de formation, processus de formation des tourbières constitue un phénomène peu commun car la plupart des tourbières des plaines du Sud-Ouest de la France se sont formées à l'occasion de périodes froides et humides, il y a très longtemps. 
    Des pelouses sèches constituent une autre particularité du site : il s'agit de formations végétales apparues spontanément sur les déblais argileux et/ou sableux, ou sur les terrils du lignite. Les déblais argileux qui ont été accumulés au Sud constituent un vaste plateau incliné vers le nord sur lequel l'absence de sol évolué et le ravinement des eaux de pluie ne permettent que le maintien d'une végétation rabougrie et disséminée, de caractère steppique. 
    Il subsiste enfin quelques landes humides sur les terrains qui n'ont pas été affectés par l'exploitation minière. Ces milieux présentent un caractère relictuel et ils constituent un vestige de l'ancien paysage des Landes de Gascogne tel qu'il existait avant les travaux de boisement du siècle dernier. 
    On y retrouve ainsi de nombreuses espèces de champignons, communes des panes humides d'arrière dune landaise.

La Zone des Etangs
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    Le site des Neuf Fontaines est situé dans le département des Landes, sur la commune de Bostens,
entre la RD 932 et le bourg. 

    Ce site est composé de deux étangs le long du ruisseau des Neuf fontaines et de l’airial de Larousse situé plus au Nord. La voie ferrée qui suit l’axe Nord/Sud de la RD 932, isole le site des Neuf Fontaines du Moulin Neuf de Barraques situé plus à l’Ouest dans le prolongement du ruisseau. 
    Le site des Neuf Fontaines, son airial et ses étangs, sont un espace qui recèle une très grande richesse fongique, eu égard aux premiers inventaires effectués dans les différents habitats du site, en cette saison 2010. 

    Les étangs des Neuf Fontaines sont encadrés par trois versants : le versant Est à faible pente s’oppose aux deux autres versants plus abrupts situés au Nord-ouest et au Sud. Ces deux parties plus inclinées se rejoignent au niveau du ruisseau des Neuf Fontaines qui s’écoule vers l’Ouest, en direction de l’étang du Moulin Neuf, en passant sous la voie ferrée. L’airial de Larousse est situé sur les hauteurs, plus au Nord (environ 90m NGF), ce qui lui offre une situation de belvédère. On y trouve une large place à feu, plus ou moins colonisée par les mousses, où la encore, les champignons carbonicoles abondent. 

    Ci-dessous, quelques trouvailles fongiques dans les différents milieux du site.

Panne d'arrière dune
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La végétation et la fonge  des dépressions humides arrière-dunaires ou inter-dunaires sont présentes sur une majorité des côtes sédimentaires sableuses du littoral français, de la mer du Nord, de la Manche et de l’Atlantique mais également dans certains massifs dunaires des côtes méditerranéennes. Cet habitat est représentatif du domaine biogéographique atlantique.

La panne est un écosystème humide du milieu dunaire (voir lette ou lède en gascon). Ces milieux appartiènent à l'hygrosère dunaire. Il s'agit de dépressions creusées par le vent dans les dunes jusqu'au niveau de la nappe phréatique. Éléments en creux des paysages dunaires, les pannes présentent des physionomies et des tailles variables selon les conditions hydrologiques et la salinité.
Certaines de ces cuvettes peuvent être d'origine anthropique (mares, anciennes carrières de sable, trous de bombe). Elles comprennent des mares, des pelouses humides, des roselières, des cariçaies et des jonchaies. Le substrat sableux siliceux sont enrichi en débris coquilliers, apportant des éléments alcalins. Les dépressions dunaires constituent alors des habitats pouvant accueillir une fonge très originale, dont les populations sont sensibles aux moindres évolutions ou perturbations.

Ici, l'étang de Cousseau, avec ses zones marécageuses riches en champignons hygrophiles, sur la bordure atlantique près du bassin d'Arcachon.

Champignons à Bostens
Zones humides d'arrières dunes
DUNES PORTUGAISES
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    Les dunes du littoral portugais sont diversifiées et recèlent des champignons rares

    Les corps sédimentaires les plus caractéristiques sont les dunes éoliennes. Leur hauteur est de 5 à 10 m pour une longueur d'onde de quelques centaines de mètres au maximum. Leur forme varie en fonction du régime des vents et de leur charge en sable. On distingue : les barkhanes, dunes en croissant avec concavité abrupte sous le vent, les dunes paraboliques en forme de langue (forme linguoïde) dont la convexité abrupte est sous le vent ; les dunes transversales, rubans perpendiculaires à la direction du vent ; comme précédemment, la pente sous le vent est la plus forte ; les dunes longitudinales ou seif, parallèles au sens du vent ;  les dunes d'interférence dont la structure complexe reflète le régime changeant des vents.

DUNES DE LA MER NOIRE
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    Des endroits ou le passé et le présent se mélangent aussi naturellement que le vent, le sable et l'eau de la mer ! 

    Unique harmonie de la nature qui se trouve en bordure de la Mer Noire, offrant des dunes de sable colonisées par des champignons et des plantes rares, prolongées par de vastes plages magnifiques de fin sable doré avec un enseilleillement de 2100 à 2200 heures de soleil par an.

DUNES D'IRLANDE
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On dénombre plusieurs formations spécifiques de dunes en travers les estuaires étroits d'Irlande, telle l’INCH Strand http://wiki.worldflicks.org/inch_strand___trá_inse.html.
D'autres plages d'Irlande offrent un système dunaire où la fonge, la flore et la faune y sont spécifiques. Le diaporama ci-contre à gauche, en montre quelques aspects.
Protégez la DUNE
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Sauvez la DUNE
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Zone de l'étude
Notre dition se situe de St-Jean de Luz à Biscarosse,
le long du cordon dunaire landais.
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Fonge dunes landaises
Brochure sur les champignons des dunes landaises. Résultat d'une étude menée durant 18 années, le long des côtes. Une version définitive, complétée de nombreuses espèces, sera disponible fin 2016.
DUNE EMBRYONNAIRE
DUNE BLANCHE
DUNE GRISE
OURLET FORESTIER
FORET DE PROTECTION
Espèces déterminantes
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Thelephora regularis

Liste des espèces déterminantes des dunes landaises, par milieux

ESPECES PARAPLUIE
ESPECES PARAPLUIE DETERMINANTES
Espèces déterminantes
Espèces caractéristiques

DUNE BLANCHE

PSATHYRELLA AMMOPHILA
PHALLUS HADRIANI
Conocybe dunensis
Inocybe psammophila
Agaricus menieri
Agaricus devoniensis
Agaricus fissuratus
Lepiota brunneolilacea
Melanoleuca cinereifolia
Melanoleuca maritima
Panaeolus dunensis 
Rhodocybe popinalis f. insititia

DUNE GRISE (XÉROSÈRE)

LYCOPERDON LIVIDUM
MORCHELLA DUNENSIS
Agaricus koelerionensis
Tulostoma kotlabae
Arrhenia spathulata
Lepiota laevigata
Omphalina barbularum
Omphalina pyxidata
Phaeotellus rickenii
Psilocybe pratensis
Tulostoma squamosum

PANNES DE DUNES (HYGROSERE)

Hebeloma dunense
Inocybe vulpinella
Bovista limosa

DUNE BOISÉE

Hebeloma psammophilum
Inocybe dunensis
Inocybe halophila
Inocybe rufuloides
Leucoagaricus litoralis
Melanoleuca pseudoluscina

DUNE GRAMINEUSE

GEOGLOSSUM COOKEANUM
Agaricus spissicaulis
Bovista aestivalis
Cortinarius pratensis
Lepiota sublaevigata
Tephrocybe graminicola
Thelephora regularis
Agaricus cupreobrunneus
Agaricus porphyrocephalus
Calvatia utriformis
Clavaria argillacea
Entoloma sericeoides
Gamundia pseudoclusilis
Geoglossum umbratile
Hygrocybe persistens
Marasmius anomalus
Tulostoma brumale
Torrendia pulchella
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Torrendia pulchella est une Amanitaceae que l'on peut qualifier de "sécotioïde" (morphologie plus ou moins gastéroïde, avec modifications phénotypiques et fonctionnelles liées à cette adaptation). 

    Les données les plus récentes (études moléculaires) confirment cette position au sein de cette famille et précisent même que ce taxon est très proche (sinon partie intégrante) de la section des Caesareae...

A partir de là, deux attitudes sont possibles : 
    - confondre les clades (systématique moléculaire) avec la notion de taxons utilisée classiquement par les mycologues. Dans ce cas, le genre Torrendia n'a plus aucun fondement et on devrait adopter le nom Amanita pulchella, au sein des Caesareae (cette combinaison n'a encore été publiée par personne...). 
    - maintenir un niveau pratique de la classification mycologique, compatible avec les usages pratiques nécessaires sur le terrain et dans d'autres domaines d'activité (classification phénotypique classique) et reconnaître le caractère sécotioïde comme suffisamment important pour supporter la définition d'un genre. Dans ce cas, on conserve le binôme Torrendia pulchella tout en admettant l'évidence qu'il s'agit d'un proche parent d'Amanita caesarea ayant subi un phénomène évolutif qui a concerné une multitude de groupes à une multitude d'occasions (syndrome sécotioïde).
La seconde solution semble être la meilleure, sur le plan pratique. Par ailleurs, il n'est plus possible de contester la parenté phylogénique effective entre Torrendia pulchella et les Caesareae (genre Amanita). 
    Cette position peut sembler contradictoire. Ceci est assez significatif des difficultés que rencontrent actuellement les naturalistes, contraints de trouver un compromis entre l'adoption impérative d'une classification utilisable sur le plan pratique et la prise en compte des progrès des connaissances, incontestables pour certains d'entre eux... Ce compromis est possible et nécessaire.

Torrendia pulchella
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Découverte d'une belle station de Torrendia pulchella au parc "Chourié" à Mont de Marsan dans les Landes 40
Menaces
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    Les milieux dunaires sont l'objet de différentes menaces,
d'ordre naturelles, par l'érosion due aux tempêtes, mais aussi comme trop souvent, par l'homme qui ne respecte pas les milieux naturels et le cordon déjà fragile, comme ces chasseurs qui prétendent protéger la faune sauvage et qui bravent les interdits, tout comme les amoureux des véhicules tous terrains, etc.

    Voir ci-dessous, les différentes attaques de ce cordon de sable le long du littoral atlantique.

Les menaces
COURANT D'HUCHET
Champi d'Huchet
Lande de Chourdens
Notes de récoltes mycologiques au Domaine de Chourdens à Uchacq 40
Mycologie ARJUZANX
Glanes mycologiques de 2008 à 2010, sur le site minier de la Réserve Naturelle Nationale d'ARJUZANX 40
Milieux hygrophiles
Milieux pionniers
Milieux boisés ouverts
Espèces rares
Notes sur quelques récoltes d'espèces rares au Cap de l'Homy à Lit et Mixe LANDES (40)
Champignons des Dunes
Dunes de JERSEY
Dunes du Sahara
Dunes portugaises
Dunes de la MER NOIRE
Capbreton La Pointe
CORSE
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Anse de Peraiola

Cette plage recèle un système dunaire exceptionnel. Au débouché de la vallée de l'Ostriconi, l'anse de Peraiola, où déferlent sur toute leur largeur les vagues, forme un site particulièrement sauvage ceinturé de dunes plantées de genévriers et limité par une zone giboyeuse de marécages. A l'automne et jusqu'au milieu de l'hiver, les champignons y sont légion.

DUNES D'IRLANDE
BAIE DE SOMME
Côte d'Opale
Dunes Galapagos
Etude & récoltes
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Chaque espèce récoltée sur les dunes, fait l'objet de plusieurs photographies, exsiccata et descriptions

LAURENT P © 2010
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