et STATION D'ETUDES MYCOLOGIQUES
Les champignons
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CONIOPHORE DES CAVES
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Coniophora puteana (Schum.:Fr.) P.Karsten

Nom vernaculaire : 
Coniophore des caves, appelé également Coniophore bosselé

Description 

    La partie végétative du coniophore des caves se compose d'un mycélium composé d'hyphes qui se développent dans les cavités du bois. En surface, les hyphes s'agglomèrent ou s'entremêlent pour former un amas cotonneux de couleur blanc jaunâtre, puis brun à brun foncé dans l’âge, soit des rhizomorphes bruns virant au noir en vieillissant. 

    Le sporophore développe une surface mince de couleur brun jaune à brun olivacé, formant une croûte, très fragile à l’état sec. La marge montre couleur  blanc jaunâtre à brun jaunâtre.

Conditions de développement :  

  1. • Température : de 5 à 35 °C, optimum de 22 à 26 °C,
  2. • Humidité du bois : de 50 à 60 %,
  3. • Atmosphère confinée et obscurité (Il est tout aussi destructeur que la Mérule et comme son nom l'indique, il se développe dans les caves, mais on le trouve également dans les cales des bateaux, les greniers et les planchers. Il attaque aussi bien le bois de feuillus que le bois de résineux.)

    Très voisin des espèces du genre Merulius (mérules), il est cependant moins fréquent à cause de ses besoins supérieurs en eau. Ses rhizomorphes ne sont pas capables de transporter d'eau, son mycélium est plus clairsemé. La confusion entre les deux champignons est cependant possible sur le terrain.

Signes distinctifs :

    Dans des conditions de croissance normales, le Coniophore des caves ne forme qu'un maigre mycélium à la surface des matériaux infestés. On reconnaît généralement le Coniophore des caves à ses cordonnets brun foncé, ramifiés à la manière de racines, cassants et filiformes. Les jeunes cordonnets sont assez discrets, mais présentent déjà le schéma de ramification typique des vieux filaments. Ils sont de couleur crème, passent ensuite du gris clair au brun clair et deviennent finalement noirs. La plupart des cordonnets capilliformes se détachent difficilement du bois, ils se cassent généralement lorsqu'on essaie de les enlever. La fructification du coniophore forme une pellicule fine en forme de croûte et ressemble à une verrue. Elle est brune (brun rouge) avec un bord blanc jaunâtre et fermement accrochée à la surface. Dans le cas présent, il est rare de trouver des cordonnets tout près des fructifications. Les spores de Coniophora puteana sont vert olive, mais on les trouve rarement dans les bâtiments et  elles ne sont perceptibles qu'au microscope optique.

Moyens de lutte :

    Vu que tous les champignons détruisent au moins une des substances du bois, un assainissement s’impose dans les plus brefs délais lors su'une attaque fongique est diagnostiquée. Ainsi, il est encore possible d’éviter que les dégâts s’étendent à tout le bâtiment. 
    Le choix du procédé optimal, l’utilisation de produits de haute qualité certifiés et l’exécution des travaux par des sapiteurs spécialiés sont les meilleures garanties d’une éradication durable.

 

Lenzite des poutres
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Gloeophyllum sepiarium (Wulf.). Karst

Le Lenzite des Poutres
ou encore Lenzite des clôtures dont le nom scientifique est Gloeophyllum sepiarium (Wulf.). Karst, font parties des champignons provoquant une pourriture cubique brune ou brun rouge.
Ce champignon lignivore est toujours rencontré à l'air libre et il est capable de résister facilement à des alternances d'humidité et de sécheresse. Ce champignon dégrade les barrières, les poteaux, les piles de pont et les lamellés-collés extérieurs. 

    Le développement du Lenzite des poutres se décompose en 2 phases :
1 • Formation végétative (mycélium) : Le champignon lors de cette phase est de couleur jaune ou brunâtre. Il apparaît en masses cotonneuses.
2 • Fructifications (sporophore) : Dans cette dernière phase, le Lenzite des poutres est jaune ou orange à l'état frais. On peut apercevoir des consoles de petites tailles à face supérieure rousse duveteuse. Sur la face inférieure les lames sont jaunes. Ces dernières peuvent être jointives et former des tubes réguliers. 

    Conditions de développement :
Le Lenzite des poutres est très tenace. Il résiste à une humidité inférieure à 20% dans du bois secs et peut même se développer à des taux d'humidité très élevés (supérieurs à 50%).
Il s'agit de l’un des champignons lignivores le plus répandu en France. Il est fréquent de le trouver sur les bois résineux et surtout sur le bois d'œuvre à l'extérieur.
Ce champignon aime particulièrement toutes les essences résineuses (aubier et duramen) qui se décomposent en morceaux cubiques lorsqu'elles sont attaquées.
Au début de l'attaque le bois est jaunâtre. On aperçoit aussi un clivage selon les cernes annuels du bois. Le découpage lui est suivant les trois plans rectangulaires. Il s’agit donc d’un redoutable champignon xylophage qui se développe principalement sur bois œuvrés, mais également sur bois vivant, notamment l’épicéa ou le pin. Les sporophores (fructifications) sont annuels, mais les anciens sporophores peuvent subsister plusieurs années sur leur support. Il est responsable d’une pourriture très active, de type cubique rouge à brun rouge et sèche qui décompose la cellulose du bois. C’est un champignon relativement courant dans la nature et très virulent sur les bois œuvrés.

Signes distinctifs
En règle générale, le Lenzite ne forme pas de mycélium en surface. La dégradation visible par une pourriture brune, commence à l'intérieur du bois et ne se remarque généralement que lorsqu'elle atteint le stade final qui coïncide presque toujours avec l'apparition de sporophores. Au premier stade de la contamination, le bois présente un entrelacs de lignes brun jaune qui prennent plus tard une coloration brun rouge. Le Lenzite se forme préférentiellement sur la face avant du bois et peut adopter des formes très diverses. Les sporophores normaux ressemblent à des consoles en forme de demi-cercle sortant du bois et courbées vers le haut. Les spores du Lenzite se caractérisent par une faculté germinative très élevée.

DESCRIPTION :
Sporophore
: Annuel ou continuant sa croissance l'année suivante, sessile, semi-circulaire lorsque croissant sur le côté d'un tronc, circulaire et fixé par le centre lorsque sur le dessus, 2-10 cm de large, 0,3-1 cm d'épais, toutes les parties noircissant à l'hydroxyde de potassium; à chair 1-5 mm d'épaisseur, coriace au début puis subéreuse (consistance du liège), jaune brunâtre à brun rouille. Face supérieure : sèche, strigueuse-feutrée, surtout vers la marge, glabrescente vers le point d'attache, concentriquement zonée et présentant une gradation de couleurs, blanchâtre à jaune ocre ou jaune orangé à la marge en période de croissance active, brun rouille au milieu, brun foncé à noirâtre vers le point d'attache, devenant globalement plus foncé et plus grisâtre en vieillissant. Face inférieure : lamellée, 15-20 lames par cm à la marge; aux lames fourchues et anastomosées, incorporant de petits pores par endroits, blanchâtres à jaune ocre en période de croissance active, devenant brun rouille et brun grisâtre avec l'âge.

Spores : cylindriques, lisses, hyalines dans KOH, 8-13 x 3-5 μm. Sporée blanche. Basides souvent allongées. Cystides cylindriques, jusqu'à environ 100 x 10 μ. Système des hyphes : Trimitique.

Habitat : Solitaire ou en groupes sur les troncs morts de conifères, en particulier ceux exposés au soleil, sur bois brûlés, à l'orée des bois et sur les bois ouvrés des bbâtiments. Comme il est plus ou moins vivace et qu'il sèche au lieu de se décomposer, on peut le rencontrer toute l'année. Les individus qui ne reprennent pas vie au printemps, sont d'un brun grisâtre terne. Commun. Produit une pourriture cubique du bois.

Réactions chimiques : KOH noirs sur la chair et Spores blanches.
Polypore des caves
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Donkioporia expansa Desm.
Phellinus megaloporus (Pers.) Hein

Le Polypore des Caves dont les noms scientifiques sont Donkioporia expansa Desm. Synonyme Phellinus megaloporus (Pers.) Hein, font parties des champignons provoquant une pourriture blanche fibreuse.

Le mycélium se présente sous forme d'amas blanc épais et feutré blanc qui jaunit et devient brunâtre en vieillissant, la consistance devient coriace et dure.
Le sporophore se développe par-dessus le mycélium. Il est constitué de mamelons irréguliers, bruns, formés de tubes longs et fins. Conditions de développement : 

  1. taux d'humidité élevé (supérieur à 40 %) ; 
  2. température supérieure à 25 °C, optimum à 35 °C ;
  3. atmosphère confinée, obscurité ;
  4. croissance lente.

    Le Polypore des caves s'attaque principalement aux feuillus et en particulier au Chêne et Châtaignier, mais pas exclusivement et rarement aux résineux. Il décompose le duramen plus rapidement que l'aubier. Ce champignon lignivore sévit principalement dans les habitations. On le trouve principalement sur des bois feuilllus très humides. Le développement du polypore des caves se décompose en 2 phases :

• Formation végétative (Mycélium) : Il apparaît comme un amas de mycellium de couleur blanc feutré épais sous forme de coussinets qui deviennent jaunâtre en vieillissant. Il prend alors une consistance coriace et dure. Contrairement à la mérule par exemple, ce champignon ne forme pas de cordonnets.

• Fructifications (Sporophore) : Les fructifications se développent par dessus les formes végétatives. Ce sont des mamelons irréguliers, bruns, formés de longs tubes fins et disposés parfois en couches stratifiées. Conditions de développement : Son développement nécessite des taux d'humité très élevés, supérieurs à 40%. Aussi il exige une température relativement élevée, supérieure à 25 °C. Son développement est le plus rapide lorsque la température avoisine 35 °C. Ce champignon ne pousse que des des lieux obscurs, mal aérés et où le bois est recouvert. Sa croissance s'effectue lentement en règle générale. 

    En France le polypore des caves représente 30% des cas de dégradations constatées dans les bâtiments. Les charpentes en feuillus sont les plus touchées (chêne, châtaignier) sont les bois les plus souvent attaqués.

Coprinus domesticus
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Coprinus domesticus (Bolt.: Fr.) SF Gray

Chapeau (40 x 35 mm), subglobuleux, ovoïde ou ellipsoïde, à expansion conique ou convexe, puis jusqu'à 70 mm de large, centre ocre pâle ou sale rouille, plus pâle vers la marge, recouvert d'une couche feutrée, voile blanchâtre, se brisant en petits morceaux laineux, crème devenant ocre ou brun un peu plus sombre au centre du chapeau. Lamelles, L = c. 60-75, l = 3-5, libres, blanc puis gris-brun à noir, de 3-8 (-10) large. Stipe 40-100 x 4-10 mm, blanc, claviforme à base souvent attachée à un ozonium de couleur rouille.

Spores : 6,0 à 8,9 x 3.7 à 4.8 μm, Q = de 1,45 à 1,90, av. Q = 1,65 à 1,85, av. L = 7.4 à 8.3 μm, av. B = 4.2 à 4.5 μm, ovoïde ou ellipsoïde, vue de côté un peu phaseoliforme, à base arrondie au sommet, rouge-brun moyen; pore germinatif excentré, c. 1,2 μm de large. Basides 18-34 x 8-9 μm, 4-spores, entourées de 3-6 pseudoparaphyses.
Pleurocystides 50-120 x 30-65 μm, subglobuleuses, ellipsoïdes, largement utriforme ou subcylindrique. Cheilocystides 30-100 x 30-60 μm, (sub) globuleuses, ellipsoïdes, ovoïdes, largement utriforme. Caulocystides 50-120 x 18-30 μm x 5-7, lageniforme. Voile 20-80 μm x 5-30, constitué de chaînes cylindriques à ellipsoïde, ou fusoïdes (sous-) cellules globuleuses. Pileipellis à hymenoderme épithélioïde.

Ecologie : saprotrophe, grégaire ou croissance en petits groupes (parfois seul) sur grumes de feuillus en décomposition, l'été et l'automne, largement distribué. Coprinus domesticus, avec quelques champignons comme entre autres Peziza domiciliana, colonise parfois les substrats humides d'intérieur comme les chevrons de sous-sol ou les tapis de bain. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir. La partie végétative, l’ozonium est souvent plus fréquent que les sporophores dans les intérieurs.

Ce champignon est sans conséquence pour l’habitat (pas de dégradation du bois) et sur la santé.

Pourriture molle
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Chaetomium globosum Kunz.

Ascomycète de l'ordre des Sordariales (Dématié) Ascomycotina Dématiaceae
C'est le représentant le plus fréquent des champignons provoquant  une Pourriture Molle.

Description :

Cette espèce se caractérise par la formation d'ascocarpes noirs (fructifications des ascomycètes), globuleux ou en forme de bouteille avec un ostiole. Les ascocarpes sont entourés de longs filaments épais, noirs, droits ou sinueux. Les asques aux parois évanescentes sont cylindriques et contiennent 8 ascospores. Les ascospores sont unicellulaires, pigmentées en brun à paroi lisse, elles sont rondes ou en forme de citron. Des chlamydospores solitaires peuvent être présentes.

Habitat et pouvoir pathogène :

C'est un saprotrophe qui est très exceptionnellement en cause en pathologie humaine. Il est cellulolytique.

Diagnostic :

Les colonies sont plates, duveteuses, beige clair à vert olive. Le revers peut être beige ou pigmenté en vert, jaunâtre ou rouge. Cette espèce forme en 15 jours des ascocarpes noirs, globuleux de 250 à 280 μm de diamètre, ornementés de fulcres droits ou sinueux. Les ascocarpes sont formés d'une paroi faite de filaments tassés les uns contre les autres. Ils possèdent un ostiole par lequel sortent les ascospores lorsqu'elles sont matures. Les ascospores sont en forme de citron, de couleur brun clair et mesurent : 6 à 8 μm sur 9 à 12 μm. Elles se forment par 8 dans des asques en forme de sac allongé.
Agent du bleuissement
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Trichoderma viride Pers., Neues Mag. Bot. 1: 92 (1794)
Champignons dit "de bleuissement"

Premier cas : le bleuissement primaire
Il n'y a pas de dégradation, mais une simple altération de la couleur du bois, qui bleuit puis noircit.
Le responsable est généralement une espèce du Genre : Trichoderma

Second cas : Le bleuissement secondaire
Comme ci-dessus : pas de dégradation, mais altération de la couleur.

Moisissures :

Il n'y a pas de dégradation du bois et pas d'altération de la couleur. Le diagnostic est souvent difficile à prononcer.

    Le genre Trichoderma regroupe un ensemble de champignons imparfaits saprotrophes qui se retrouvent couramment dans le sol, sur le bois mort dans la nature ou dans les immeubles, les débris végétaux et les organes aériens des plantes. On le reconnaît facilement en culturegrâce à la couleur généralement verdâtre de ses spores et le port typique de ses phialides (en forme de quilles). 

    Les propriétés antagonistes des Trichoderma sont connues depuis longtemps puisque la première publication qui en fait mention date de 1887. Cependant, l’étude approfondie du phénomène d’antagonisme et de son application comme moyen de lutte à l’égard des parasites
des plantes cultivées n’a débuté qu’entre les deux guerres mondiales. Les modèles étudiés s’intéressaient essentiellement aux parasites du sol mais déjà, en 1952, Wood signalait l’efficacité de Trichoderma viride pour contrôler Botrytis cinerea sur la laitue. 

    Trichoderma viride et d'autres espèces du Genre, ont la capacité d’attaquer les agents pathogènes via différents modes d’action. Il peuvent utiliser :
1) l’antibiose qui résulte de la production de substances qui agissent comme des « antibiotiques » et qui inhibent la croissance de l’agent pathogène.
2) la compétition qui se manifeste par l’aptitude de Trichoderma à utiliser les mêmes ressources du milieu (aires d’alimentation, sites de développement) que les champignons pathogènes mais Trichoderma viride emploie ce mode d’action surtout pour occuper les lieux avant l’arrivée des indésirables.
3) le parasitisme qui se manifeste par la destruction de l’agent pathogène lorsque Trichoderma viride s’enroule autour de celui-ci soit en l’étranglant, soit en pénétrant à l’intérieur et/ou en lui en produisant des enzymes qui le détruisent.

Si vous avez un problème de moisissure, voir le site : Moisissures ou nous contacter laurentmyco@gmail.com

Champignons responsables de bleuissement
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Champignons dits "du bleuissement"

    On parle de bleuissement du bois quand celui-ci présente des colorations bleues à bleu noir ou gris ardoise, plus ou moins foncée, provoquées par des champignons décolorant le bois. Le bleuissement du bois est considéré comme un défaut par les professionnels de la filière bois, le bois bleuté est donc trié car il ne peut pas toujours être utilisé. Les acteurs de la filière bois connaissent bien ce phénomène de bleuissement du bois qui est un agent naturel de coloration. Elles se voient sous la forme de bandes ou de flammes d'importance variable, qui, en section transversale, suivent les rayons du bois. L'intensité de la couleur dépend de l'humidité  et de la profondeur des couches de bois touchées. Seul l'aubier du bois est atteint.
En fait ce n'est pas le bois qui est coloré, mais ce sont filaments mycéliens des champignons imbriqués dans les cellules du bois. Les filaments (mycélium) de champignons insérés au travers des cellules de bois, passent d'une couleur brun foncé à une coloration bleutée, sous l'effet d'un phénomène de diffraction de la lumière. Parfois de minuscules tâches noires apparaissent en surface.

Les champignons provoquant un bleuissement vivent des substances du bois, mais ils n'altèrent pas le bois dans sa structure, ne provoquent pas de pourritures ou caries. En conséquence le bois perd sa couleur, mais pas sa solidité et sa résistance.

Quels sont les champignons responsables de bleuissement ?

Les colorations sont provoquées par les champignons de la calsse des Ascomycètes ou des Deuteromycètes. A ce jour, quelques 250 différentes sortes de champignons provoquant un bleuissement sont connues.

ASCOMYCETES : Plusieures espèces du genre Ceratocystis sont responsable de bleuissment du bois, notamment Ceratocystis fagacearum, Ceratocystis platani ou encore Ceratocystis montia, pour ne citer que ces trois espèces.

DEUTEROMYCETES : Plusieurs genres sont responsables, dont Aureobasidium, Alternaria et Cladosporium
et concernent surtout les espèces suivantes :
Aureobasidium pullulans, Alternaria alternata, Cladosporium herbarum et Cladosporium cladosporioides...

Un bleuissement a souvent plusieurs causes. Pour identifier les différentes espèces responsables, des examens microscopiques sont indispensables.

Comment le bois est-il attaqué ?

Les dégâts apparaissent surtout sur les résineux. Le bois de pin est particulièrement menacé, mais également l’épicéa, le sapin, le mélèze (pourtant réputé imputrécible) ainsi que quelques espèces de feuillus comme le hêtre et certains bois importés (limba, sapin du Brésil, koto) peuvent être attaquées.
La contamination du bois s’effectue de différentes manières. Les spores des champignons se répandent sous l’influence de l’air, des insectes ou de la pluie. Les champignons provoquant des bleuissements se distinguent par leurs besoins. dont les facteurs déterminants sont la température et l’humidité du bois.

Différentes sortes de bleuissement

On distingue le bleuissement du bois sur pied, le bleuissement du bois de sciage et le bleuissement secondaire.

Les champignons provoquant le bleuissement du bois sur pied attaquent le bois très humide. Ils peuvent déjà s’attaquer aux grumes entreposées dans la forêt. Certes, le bois fraîchement scié n’est pas attaqué, mais dès la moindre réduction du taux d’humidité dans le bois, les champignons peuvent se répandre dans l’aubier. Le bleuissement du bois sur pied est provoqué surtout par les espèces des genres Ceratocystis et Ophiostoma

Bois de grume protégé - Bois de grume non protégé, bleuté

Les champignons provoquant le bleuissement sur le bois de sciage attaquent le bois un peu plus sec (planches et madriers fraîchement sciés). Ils apparaissent, après le sciage des troncs, sur les palettes mal empilées ou mal sèchées.

Les champignons provoquant le bleuissement secondaire attaquent le bois déjà traité, vernis ou non. L’humidité et les spores des champignons pénètrent dans le bois par les fissures qui se trouvent dans le vernis. Les champignons se développent sous la couche de vernis et, des mois plus tard, des fructifications peuvent la soulever et l’endommager.

Pourquoi le bois devient-il bleu ?

Après la germination, les pores donnent naissance à l’hyphe (cellule du champignon), pour former le mycélium (partie végétative et pérenne) des champignons. Le mycélium est tout d’abord hyalin, comme vitreux et se répand à l’intérieur du bois, surtout à travers les rayons. A un stade  de développement plus avancé, se forment des pigments marron (les mélanines) dans les hyphes. La coloration bleue du bois provient de la luminescence des hyphes, devenues foncées en raison des dépôts de mélanine. L’aspect bleuté du bois n'est qu'un effet d'optique. La coloration du bois bleuté dépend de la concentration des pigments et de la quantité d’hyphes dans le bois. Plus le mycélium est dense, plus il y a d’hyphes dans le bois et plus la coloration est foncée.

Comment se protéger ?

Le danger d’une attaque de bleuissement sur le bois de pied peut être réduit si le moment est bien choisi pour abattre les arbres, si les grumes sont stockées dans des conditions favorables et surtout si le bois est usiné rapidement.
Dans les scieries, pendant la phase de séchage du bois de grume fraîchement scié, le danger d’une attaque est particulièrement grand. Des produits de protection anti-bleuissement, provisoirement efficaces et écologiques, protègent le bois pendant la phase de séchage, empêchant ainsi une perte de la valeur du bois.
Une imprégnation, faite par exemple au cours du procédé d’imprégnation double-vide, protège le bois d’une attaque de bleuissement secondaire et évite ainsi des travaux de rénovation importants sur les bois vernis.

Coniophora puteana
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Rhizomorphes du Coniophora puteana sur une fuite d'eau sous un évier.

Gloeophyllum sepiarium
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Le Lenzite des clôtures Gloeophyllum sepiarium sur un balcon extérieur en bois de résineux.
Gloeophyllum trabeum
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Gloeophyllum trabeum sur la poutre d'une charpente, où sévissait une fuite, et sa pourriture brune cubique.
Serpula lacrymans
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Casier à vin, dans une cave, altéré par la Mérule Serpula lacrymans.
Phellinus contiguus
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Phellinus contiguus (Pers. : Fr.) Pat. 

Macroscopie :
Fructification entièrement résupinée, pulvinée, parfois noduleuse, étalée sur quelques cm² ou dm² et sur une longueur pouvant atteindre quelques décimétres, marge fimbriée jaunâtre. Surface hyméniale avec des pores assez grands, arrondis à anguleux, plus ou moins déchirés, réduits à des dents vers la marge, 2-3 par mm mais souvent moins car les pores peuvent être grands, brun-clair, brun-rougeâtre, brun-grisâtre, tubes longs de 5-10 mm, indistinctement stratifiés. Chair mince 1 mm, subéreuse et tenace à odeur nulle ou non caractéristique. La chair devient noire au KOH.

Microscopie :
Spores elliptiques, lisses, hyalines, 6-7 x 3-3,5 μm. Soies hyméniales brunes, allongées, 50-60 x 10-15 μm, soies de la trame à base courbée, 70-110 x 5-8 μm.

Système hyphal : dimitique, hyphes génératrices hyalines, cloisonnées, non bouclées, parfois avec des cristaux (dans les tubes), hyphes squelettiques à parois épaisses, brunâtres. Sur le bois de feuillus ou de conifères en milieux secs, parfois sur bois travaillé (Robinier, etc.).

Phénologie : pousse pratiquement toute l'année.

Biotopes : troncs et branches mortes des bois de feuillus et de conifères bien aérés et parfois sur les bois d'œuvre. Sur ces derniers il a une exigence de teneur en humidité élevée et vient donc dans les bâtiments à la suite de dégâts des eaux, par le biais de fuites dans les conduites ou des gouttières dans les charpentes, voire lors de condensation élevée.

Commentaires : La chair est de couleur brun rouille à brun rougeâtre. Elle est mince et coriace, ne dépassant souvent pas 1 à 2 mm d'épaisseur. Ce champignon est assez rare et se confond facilement avec d'autres espèces résupinées de même couleur. Il est classé parmi les espèces non comestibles. Confusions : possible avec plusieurs espèces résupinées de même couleur, notamment avec Phellinus ferruginosus à pores plus petits ou encore avec phellinus ferreus. Les Phellinus sont très répandus en Europe et ils causes des dommages dans les constructions.

Type de carie : pourriture  blanche, ligneuse.

Fibroporia vaillantii
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Fibroporia vaillantii (DC.) Parmasto, Consp. System. Corticiac. (Tartu): 177 (1968) 
Syn. Poria vaillanti (DC.) Cooke.

Caractéristiques : Mycélium de couleur blanche avec parfois des filaments forts comme des cristaux de glace. Contrairement à la Mérule pleureuse, il reste de couleur blanche et ne devient pas cassant en séchant. Sporophore de petite taille et mince, à pores bien visibles à l’œil nu.

Conditions de développement : Température: de 3 à 36 °C / optimum de 26 à 27 °C Humidité du bois : de 35 à 45 %.

Destruction du bois : S’attaque surtout au bois de résineux. Détruit principalement la cellulose et produit donc une pourriture cubique brun rouge.

Origine et cause : Anciens bâtiments humides, dans les mines et à l’air libre. Après la Mérule pleureuse et le Coniophore des caves, c’est le troisième plus important champignon xylophage en Europe.

Peziza domiciliana
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Peziza domiciliana Cooke
Gard. Chron., New Series 8: [1], 1877.

Apothécie 2-8 cm de diam., irrégulièrement cupuliforme puis étalée et ondulée, à marge longtemps enroulée. Hyménophore lisse, jaunâtre puis brune. Face externe sublisse, concolore à l'hyménophoreou plus pâle. Stipe absent ou souvent court, jusqu'à 1 cm de longueur, souvent blanchâtre. Chair mince, fragile.

Spores ellipsoïdes, longtemps lisses ou légèrement ponctuées, souvent à 1 guttule, hyalines, 11-15 x 6-10 µm. Asques octosporées, à apex bleu au Melzer. Paraphyses étroites, septées, un peu clavées jusqu'à 5-6 µm à l'apex 
 
Éspèce solitaire ou grégaire, saprotrophe qui vient toute l'année dans les caves ou autres endroits humides à l'intérieur des domiciles, sur les murs et les décombres de constructions.

Trametes versicolor
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Trametes versicolor (L.) Lloyd
Mycol. Notes (Cincinnati) 65: 1045, 1921 (1920).


Espèce saprotrophe venant sur l'aubier mort de presque tous les feuillus, sans hôte spécifique, parfois de conifères. Agent de carie blanche spongieuse et fibreuse.

Bois infestés : Abies, Acer, Aesculus, Ailanthus, Alnus, Amelanchier, Arbutus, Betula, Carpinus, Carya, Castanea, Ca-tanopsis, Catalpa, Cerus, Cistus, Cornus, Corylus, Crategeus, Cupressus, Cytisus, Erica, Eucalyptus, Fagus, Forsythia, Frangula, Fraxinus, Gingko, Gleditsia, Hakea, Hamamelis, Hippophäe, Ilex, Juglans, Juniperus, Laburnum, Larix, Laurus, Libcedrus, Ligustrum, Liquidambar, Liriodendron, Lonicera, Maclura, Magnolia, Malus, Melia, Morus, Myrica, Nyssa, Ostrya, Paulownia, Picea, Pinus, Platanus, Populus, Prunus, Pseudotsuga, Pyracantha, Pyrus, Quercus, Rhamnus, Robinia, Rosa, Rubus, Salix, Sambucus, Sassafras, Sequoia, Sorbus, Syringa, Taxodium, Thuya, Tilia, Tsuga, Ulmus, Umbellularia, Viburnum, Vitis.

Phellinus dryophilus
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Phellinus dryophilus s'attaquant à la base d'un tilleul vivant, dans une rue de Mulhouse.
Flammulina velutipes
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Flammulina velutipes s'attaquant à un pommier dans un verger alsacien.
Mais néanmoins cette espèce hivernale est comestible !

Tricholoma viride
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Fructification de Tricholoma viride
Tricholoma viride Micro
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Tricholoma viride au microscope
Tricholoma viride Spores
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Spores de Tricholoma viride
SEMHV
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Champignons lignivores, xylophages ou pathogènes

SEMHV : lien Plus d'info

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