et STATION D'ETUDES MYCOLOGIQUES
Les champignons
Pilz,Hongo,Mushroom,Fungi,Olatra
Page d'accueilPlan du siteAjouter aux FavorisImprimerEnvoyer à un ami
Les aulnaies du Massif vosgien et de la plaine d'Alsace
Vign_leve_de_soleil_ried1

Les populations fongiques des aulnaies des Vosges et d’Alsace 

    Les aulnes sont des arbres remarquables, les seuls à pouvoir survivre dans des milieux à la fois saturés d’eau et pauvres en azote. Dès lors que le milieu s’assèche ou s’enrichit, l’aulne ne dépérit pas pour autant, mais se fait très rapidement supplanter par d’autres arbres beaucoup moins caractéristiques : les bourdaines, les bouleaux, les frênes, les ormes, l’aulnaie pure se transformant alors en aulnaie-frênaie puis en frênaie-ormaie, avant d’évoluer à terme en chênaie sessile ou d’autres types de forêts mêlées plus ou moins humides. 

    Les aulnes sont capables de cette vie active en milieu ingrats grâce à deux types d’associations :
- la mycorhization, d’autant plus importante (en nombre de champignons associés) que l’aulne vit en situation difficile (contrastes saisonniers d’humidité, inondations régulières, milieu instable etc.) : plus les champignons sont diversifiés, plus la protection et la nutrition de l’arbre sont efficaces ;
- l’actinorhization, due à des bactéries filamenteuses du genre Frankia (appelées Actinomycètes, depuis l’époque où l’on croyait avoir à faire à des champignons), qui forment des nodosités faciles à voir (ces « galles » rouges souvent affleurantes à la surface des racines) ; les Frankia sont fixatrices d’azote atmosphérique et assurent l’alimentation en nitrates de toute l’association. 

    En milieu riche en nitrates, les actinorhizes deviennent superflues car les mycorhizes peuvent assimiler directement l’azote du sol. Cette nitratation peut provenir d’un apport extérieur (pollution, p. ex.), mais le plus souvent il provient de l’assèchement du milieu (par drainage ou absence d’inondations), car les substrats tourbeux asséchés se dégradent rapidement en dégageant de fortes quantités de nitrates. Ces milieux dégradés sont généralement caractérisés par un cortège de plantes nitrophiles (ronces, orties, solidage, etc.) absentes des aulnaies en bon état de fonctionnement. 

    Le statut trophique des aulnaies 

    La teneur en nitrates est le meilleur descripteur écologique qui soit dans ces milieux, car en tant qu’élément nutritif majeur il détermine à lui seul la composition végétale, la présence éventuelle d’arbres concurrents, et en grande partie les associations racinaires aulne-champignons-bactéries (et donc le rythme de croissance des aulnes). 

    Les écologues divisent donc les aulnaies en trois grands types :
- aulnaies oligotrophes (oligo=peu, trophos = alimentation ; donc à faible teneur en nitrates)
- aulnaies mésotrophes (méso = moyen, à teneur moyenne en nitrates)
- aulnaies eutrophes (eu = entier, donc « saturées » de nitrates) 

    Malheureusement la teneur en nitrates se mesure par analyse chimique de sol en laboratoire. Mais, dans le cas précis des aulnaies, il existe une bonne corrélation entre le niveau trophique (teneur en nitrates) et l’acidité du sol, plus facile à mesurer (à l’aide d’un pHmètre ou, sur des sols saturés en eau, à l’aide de papier pH ou de solutions colorées disponibles auprès de divers laboratoires). 

    Les écologues proposent la correspondance suivante :
Oligotrophes pH < 4,5
Mésotrophes 4,5 > pH < 6
Eutrophes pH > 6 

    D’après la végétation, vous pouvez également vous faire une idée assez précise du niveau trophique de l’aulnaie. Par exemple, l’abondance des ronces ou d’orties indique un niveau trophique élevé (aulnaies eutrophes ou méso-eutrophes). 

    D’après les données recueillies jusqu’à présent, les aulnaies présentant des cortèges fongiques riches et diversifiés sont les aulnaies oligotrophes et, en partie seulement, les aulnaies mésotrophes (lorsque l’apport d’azote est dû à un apport naturel par ruissellement). Les aulnaies en voie d’assèchement ou de substitution par d’autres arbres semblent plus pauvres et plus monotones, avec un cortège fongique moins spectaculaire.
Typologie des habitats français à aulnes (Bibliographie : Rameau, 1994)


Clé d’orientation :

Aulnaies pionnières 

     Forêts soumises à une dynamique alluviale, situées sur les basses terrasses du réseau hydrographique (du petit ruisseau au fleuve). L’eau est circulante, les sols non asphyxiants et le niveau trophique élevé du fait des apports alluviaux ; les humus sont de forme mull à hydromull. Caractérisées par un cortège d’espèces mésohygrophiles : Carex remota, Filipendula ulmaria, Angelica sylvestris, Impatiens noli-tangere, Stachys sylvatica, Festuca gigantea, Chrysosplenium alternifolium, C. oppositifolium, Carex pendula, Veronica montana, Ribes rubrum, Lysimachia nemorum, Carex brizoides, Calystegia sepium, Petasites hybridus, Charophyllum spp., Urtica dioica, Aegopodium podagraria, Dipsacus pilosus, Eupatorium cannabinum, Alliaria petiolata, Ciracea luteciana, Cirsium oleraceum, Stellaria nemorum, Rubus caesius…Le peuplement peut contenir de nombreuses espèces feuillues : Alnus glutinosa, A. incana, A. cordata, Fraxinus excelsior, F. angustifolia, Prunus padus, P. avium, Ulmus minor, U. laevis, U. glabra, Acer pseudoplatanus, A. platanoides, Tilia cordata, Populus alba, P. tremula, Salix alba

Aulnaies-frênaies alluviales

Clés de détermination :

Aulnaies marécageuses 

    1. Absence ou rareté des sphaignes. Présence de neutrophiles (Eupatorium cannabinum, Cirsium oleraceum, Symphytum officinalis, Galium aparine, Urtica dioica, Cardamine pratensis, Filipendula ulmaria, Rumex sanguineus, Circaea luteciana, Ranunculus repens, Myosotis scorpioides, Iris pseudacorus, Mentha aquatica, Caltha palustris, Carex acutiformis, C. paniculata, C. pendula, C. riparia, Salix cinerea …). Humus de forme anmoor. 


        3. Environnement non calcique. pH généralement compris entre 5 et 7. 

            5. Domaine continental : Aulnaies mésotrophes à eutrophes continentales


Aulnaies-frênaies alluviales :

1. Non méditerranéennes 
    6. Autres aulnaies-frênaies 
        10. Domaine continental (Ardennes, Vosges, est Massif central, Alpes) 
                Aulnaies-frênaies continentales des rivières à eaux-vive sur silice

8. Rivières à eaux lentes 
    12. Groupements très engorgés faisant la transition avec les aulnaies marécageuses, mais le frêne est présent. Abondance des espèces de mégaphorbiaie (Cirsium oleraceum, Filipendula ulmaria, Eupatorium cannabinum, Valeriana dioica…). Présence de quelques espèces hygrophiles (grands Carex…). 
        13. Domaine continental : Aulnaies-frênaies continentales à hautes herbes 

    12. Groupements moins hygrophiles 
        15. Eaux non carbonatées. (Habitats eutrophes)
            16. Domaine continental : Aulnaies-frênaies rivulaires continentales

Champignons des Aulnaies
Vign_lac_longemer_1_

    L’eau est une condition essentielle à la vie sur terre. Sans eau aucune vie ne serait apparue et aucune vie ne pourrait se maintenir. Il n’est donc pas étonnant de constater que les milieux humides sont des écosystèmes parmi ceux les plus productifs. Ce sont désormais aussi le plus sensibles et souvent les plus menacés. Les écosystèmes particuliers que constituent les aulnaies en font partie. Les aulnaies du massif vosgien ont particulièrement souffert, surtout les aulnaies linéaires des ripisylves. L’enrésinement est passé par là. Cependant, des aulnaies subsistent dont de nombreuses sont dignes d’intérêt. L’aulne et notamment l’aulne glutineux Alnus glutinosa, glutineux, car les jeunes pousses de l’année sont collantes comme la glu. C’est une espèce pionnière de pleine lumière à multiplication très active, apte à s’installer mieux que les autres arbres dans ces zones humides. Il marque une nette préférence pour les bordures de cours d’eau ou d’étang dont ils contribuent à maintenir les berges, ainsi que les dépressions marécageuses à sols humifères alcalins et décalcifiés. Alnus incana beaucoup plus rare dans les Vosges, se maintient autour de quelques tourbières, comme dans les vallées de la Thur, de la Doller dans les Vosges du Sud ou encore de la région de Bitche dans les Vosges du Nord. Il vient souvent dans des stations déjà peuplées par des saules, des bouleaux, des frênes et des noisetiers en périphérie. On constate malheureusement depuis plusieurs années un dépérissement de l’aulne glutineux dans le Nord-Est de la France. Une nouvelle espèce de Phytophthora (champignon inférieur) est mis en cause. En plus ils sont très souvent menacés par les pressions d’origine anthropique. Mais le maintien d’une bonne diversité des champignons mycorhiziens par une meilleure protection et gestion des ces milieux assurerait la pérennité des aulnaies. En effet ils ont la capacité de s’associer avec des champignons en réalisant des ectomycorhizes, offrant ainsi tout un cortège d’hôtes fongiques potentiels, dans lesquels ont notera en particulier les Alnicola, les Lactaires, des Cortinaires et un Bolet très original : le Bolet livide Gyrodon lividus. Une autre spécificité est la capacité des aulnes à fixer l’azote atmosphérique à l’aide d’une bactérie Frankia alni formant des protubérances sur les racines. Ces nodosités racinaires leurs permet de coloniser des milieux hostiles et de vivre dans des situations écologiques contraignantes, sur des sols pauvres en azote ou des sols engorgés asphyxiant. Par ce processus et leur litière, ils enrichissent les sols en azote. Dès lors que le milieu s’assèche ou s’enrichit, l’aulne se fait progressivement supplanter par d’autres arbres beaucoup moins caractéristiques comme la bourdaine, le bouleau, le frêne, les ormes. (P.-A. Moreau) L’aulnaie pure se transforme alors en aulnaie-frênaie puis en frênaie-ormaie, avant d’évoluer à terme en chênaie sessile ou d’autres types de forêts mêlées plus ou moins humides. Dans les aulnaies dégradées ont observe souvent une nitratation qui peut provenir d’apports extérieurs, comme la pollution par exemple, mais le plus souvent il provient de l’assèchement du milieu, par drainage ou absence d’inondations du au réchauffement de la planète ou de la modification de la topographie du milieu, car les substrats tourbeux asséchés se dégradent rapidement en dégageant de fortes quantités de nitrates. Ces aulnaies dégradées sont généralement caractérisées par la présence de ronces, d’orties, ou de solidages, dans lesquels ont trouve alors tout un cortège de champignons nitrophiles comme les Lépiotes. 

    Une étude inventoriale de plusieurs aulnaies remarquables du massif vosgien est en cours actuellement, afin de mieux connaître ces biotopes particuliers. Outre l’intérêt scientifique de ces arbres aux caractéristiques écologiques bien particulières, on notera également un intérêt paysager non négligeable. Même l’hiver, les houppiers à la silhouette droite et élancée, avec leurs branches étagées sont couverts de cônes et de chatons ponctuant ainsi la campagne d’une jolie teinte pourpre. On peut alors encore observer de vieux Polypores radiés Inonotus radiatus, une espèce saprotrophe qui s’accroche aux troncs et aux branches.

Le Ried Noir
Vign_leve_de_soleil_ried2

Le Ried, terre "sauvage" ou paradis mycologique

par Patrick Laurent 

    Le Ried alsacien ou, devrais-je dire, les Rieds, constituent des paysages originaux de la plaine d’Alsace, tant par la quiétude qu’ils dégagent et surtout par l’immense diversité de biotopes et d'écosystèmes qu’ils recèlent et donc par l’intérêt scientifique qu’ils suscitent. Même si l’on doit regretter que la monoculture dévastatrice du maïs y ait fait d’irréversibles dégâts, il reste ça et là des terres "sauvages", uniques en Europe. faune, flore et fonge, y sont remarquables, sans parler des sites archéologiques nombreux. Le Ried Alsacien se présente sous forme d’une mosaïque de marais, de prairies humides, d’étendues de carex et de phragmites, alternant avec des prairies surélevées de quelques mètres, sèches voire arides, de cultures de choux ou de maïs entrecoupées de haies de moins en moins nombreuses, de bosquets ou de boisements d’aulnaies, de frênaies, de peupleraies ou de charmaies, le tout parfois en mélange. Il est parcouru d’un réseau dense de rivières phréatiques et de sources. 

    Le Ried qui tient son origine d’un vieux terme du Moyen Âge allemand Riet déformé en Ried et qui désigne le Roseau, est conditionné par l'affleurement de la nappe phréatique et l’eau en général.

De cette mosaïque de Rieds, je ne retiendrai que le Ried noir qui nous intéresse ici pour sa richesse mycologique ! 

    C’est en effet un boisement d’environ 1,5 km de long sur 200 à 300 m de large, qui a suscité mon intérêt. Il s’agit de la forêt communale d’Ohnenheim sur le territoire du village d’Illhaeusern (Haut-Rhin) en limite avec le département du Bas-Rhin. Cette forêt commence au sud par un peuplement en majorité d’aulnes, de frênes, de peupliers noirs, de bouleaux, de noisetiers, et quelques ormes en lisière. Plus au centre on trouvera au milieu des arbres précités, quelques chênes pédonculés, de rares robiniers, des merisiers, des charmes. Le bois se termine au nord par une plantation de peupliers noirs, puis à l'extrémité d’un bosquet surtout composé d’aulnes glutineux avec en mélange quelques-uns des arbres précités. Les lisières sont parfois bordées de taillis à fusains d’Europe, d’aubépines ou d’épines noires, de cornouillers. 

    Cette belle forêt aux allures de forêt ancienne, peu pénétrée par l’homme, repose sur le sol du Ried noir et fait partie du Ried de Centre Alsace qui s’étend sur une soixantaine de kilomètres de façon quasi ininterrompue entre Colmar au sud et Strasbourg au nord. Il s’agit d’une zone inondable dans laquelle se sont déposés de fins éléments relativement abondants qui constituent la majorité du Ried de L’ill. L’Ill, cette belle rivière qui prend sa source au sud de l’Alsace, dans le Jura alsacien au sud-ouest de Ferrette, pour se jeter dans le Rhin au nord-est de Strasbourg. Ce Ried noir se caractérise par un sol typiquement noir, spongieux, riche en matière organique mal décomposée (ce qui en fait un sol pauvre pour l’agriculture, où les engrais chimiques sont de mises). L’horizon humifère est composé soit de tourbe, soit d’anmoor, soit de gyttja, qui repose sur une couche de gley (couche plus ou moins épaisse d’argiles qui se sont déposées sur les graviers), de texture très fine, dont le fer est oxydé (fer ferrique) dans la zone supérieure (zone de balancement des eaux phréatiques) et réduit (fer ferreux) dans la zone inférieure où les eaux phréatiques sont présentes en permanence. Le Ried noir occupe les dépressions des anciens bras du Rhin, zones aujourd’hui très dispersées et de faibles étendues, couvertes de prairies et de forêts et ne subsiste qu’en lambeaux près d’Herbsheim, Ohnenheim (67) et Illhaeusern (68). 

    Cette petite forêt abrite une population dense de daims, de chevreuils et de sangliers qui cohabitent et fument naturellement le sol. A savoir que ces daims proviennent de l’Illwald, forêt à statut de protection des abords de Selestat, où ils ont été réintroduits en 1854 par les Habsbourg pour les besoins de leur chasse du Haut-Koenigsbourg. Ils avaient auparavant été introduits il y a fort longtemps. Elle est la population daine la plus importante (environ 4500 individus) vivant à l’état sauvage en France. 

    Notons au passage que cette forêt est bordée de tout son long par un petit cours d’eau limpide et pur, le Scheidgraben rau, d’origine phréatique, et qui abrite une espèce aquatique rare le Potamot coloré (Potamogeton plantagineus). 

    Ce réseau hydraulique conditionne le climat particulier du Ried propice à la fructification abondante des champignons. La forte humidité de l’air et le refroidissement nocturne engendrent des nappes de brouillard très denses et situées près du sol en été, cette humidité combinée à la chaleur donne lieu à des poussées fongiques spectaculaires. L’automne y est aussi plus tardif en raison de la remontée de la nappe phréatique avec une eau à 10° qui s’oppose de ce fait à une pénétration du sol par le gel. 

    Voici dressé le décor dans lequel j’ai l’immense plaisir d'herboriser tout au long de l’année, où les récoltes d’espèces les plus inattendues n’ont pas fini de surprendre. 

    Ce biotope offre une immense place aux petites Lépiotes et paradoxalement des Lépiotes rudérales ou nitrophiles, dont les trois suivantes ont été récoltées lors d'une sortie dans le Ried d'Illhaeusern, lors des dernières rencontres mycologiques organisées par la SMS qui furent un vrai régal : une très courante Lepiota cristata, une seconde qui l’est un peu moins Lepiota cristata var. exannulata et une troisième franchement rare (ou peu connue ?) Lepiota hymenoderma

    Ces trois petites Lépiotes sont très semblables par leur taille, la couleur du chapeau et la disposition de leurs squames, la première portant cependant un anneau et les deux autres en étant dépourvues. Leurs odeurs (de cristata) sont quasi identiques.
On les récolte sur les mêmes stations ! 

    La différence entre notre Lepiota cristata (type) et les deux autres est donc simple à faire, mais il n’en est pas de même pour les deux dernières espèces sans anneaux. Macroscopiquement, la couleur du chapeau de L. hymenoderma est un peu plus claire que celle de la var. exannulata avec des squames un peu plus denses et serrées. En revanche, on peut facilement les distinguer microscopiquement par la forme de leurs spores. Les deux Lepiota cristata (var. cristata et exannulata) possèdent des spores à éperon, alors que L. hymenorderma en est dépourvue avec des spores elliptiques plus ou moins ovoïdes. 

    C'est grâce au sens d'observation de notre ami Paul Hertzog, à sa connaissance, que nous pûmes examiner, observer et décrire ces trois espèces. Je l'en remercie chaleureusement.

Descriptions des espèces :

La Lépiote à crête Lepiota cristata (Bolt. :Fr.) Kumm. Espèce du genre Lepiota, sous-genre Lepiotula à spores typiques +/- éperonnées ou à cul de sac et à cuticule hyméniforme strict, section cristatae (Kühner ex Wass.) Bon ; présente un petit chapeau de 2-3 (4) cm de Ø peu charnu, conique-obtus, puis étalé avec un mamelon central net brun-roux à faiblement rougeâtre, dont le revêtement continu du jeune chapeau se rompt en petites squames subconcolores ou rosé vineux à ochracé rosâtre sur fond pâle. La marge blanche se festonne d’une petite frange ou reste nue. Les lames blanches, libres, serrées deviennent légèrement brunâtres dans l’âge. Le stipe grêle, blanc teinté de rose sale ou de rose vineux vers la base, avec parfois quelques mouchetures ou subsquamuleux roussâtre sous l'anneau membraneux +/- en entonnoir ou paraissant double, puis en lambeaux avec l’âge. La chair blanc pâle avec son odeur référence rappelant celle des sclérodermes, dite de baudruche ou caoutchoutée, parfois aussi (selon M. Bon) de fruits trop mûrs.

Spores (6)7-8(9) x 2,5-3,5(4) µm plus ou moins conico-trapezoïdales ou à cul de sac peu proéminent et éperonnées. Cheilocystides clavées (15)25-40(50)x(8)10-12(15) µm. Hyphes pilléiques clavées 30-50 x 12-15(20) µm à pigment pariétal lisse +/- incrustant sur les hyphes grêles du subcutis.

Habitat :

Ubiquiste et commune, elle est donnée des feuillus rudéralisés, orties, jardins, pot de fleurs, serres, champs, vergers etc...

Lepiota cristata var. exannulata Bon, possède les caractéristiques du type, mais sans anneau, avec le stipe souvent à peine plus bulbeux à submarginé et des spores comme le type mais variables (5,5)6-7(8)x2-4 µm et cheilocystides courtes ou peu évidentes. Ubiquiste mais elle affectionne particulièrement les pelouses rudérales, jachères, terrains vagues, parcs de villes, terrils...

Quant à notre Lepiota hymenoderma Reid, elle appartient au sous-genre Paralepiotula Bon à cuticule ou revêtement hyménodermique et de petites spores à membrane non gonflable dans le procédé ammoniaco-acétique et +/- entièrement lilacines dans le bleu de crésyl et de la section Lilaceae Bon à revêtement plus ou moins excorié ou à calotte discale délimitée à surface mate ou glabre et non particulièrement veloutée ni ridulée à spores binuclées pour la plupart et parfois un peu dextrinoïdes.

Elle possède un revêtement hyménodermique hétérogène avec quelques éléments sphériques parfois en chaînettes courtes ou +/- labiles.

Le chapeau de 1 à 3 cm de Ø (rappelant celui de L. cristata) possède un mamelon brun roux à squames +/- rosâtres sur fond crème. Les lames blanches deviennent légèrement rosâtres dans l’âge. Le stipe 2-5x0,2-0,4 cm, blanchâtre pâle à lavé de rosâtre vers la base ou devenant rosâtre au toucher, sans anneau (ou anneau évanescent ?) Chair pâle à odeur nette de cristata.

Spores 4-5(6)x2,5-3,5 µm elliptiques ovoïdes, pourpre dans le bleu de crésyl et légèrement dextrinoïdes. Cheilocystides 20-30(40)x6-10(12) µm, sphéropédonculées ou étranglées à subcapitées. Hyphes hyménodermiques de tailles variables (20)30-40(60) x 10-15 µm, soit cloisonnées ou avec quelques cellules terminales +/- sphériques et parfois labiles.

Habitat : Elle est peu commune ou rare dans les bois de feuillus, les feuillus calcicoles +/- gramineux, bois humides...

Bibliographie

Funghi europaei Vol. 4 M. Candusso - G. Lanzoni LEPIOTA s.l. .
Flore mycologique d’Europe. D.M. Mémoire hors série n° 3 Lepiotaceae Roze - M. Bon.
Flore analytique des champignons supérieurs. R. Kühner H. Romagnesi.
Guida alla determinazione dei funghi Vol.1° - M. Moser.

Aulnaie de Retournemer
Récoltes à Retournemer
Aulnaie de Longemer
PRIX ALSACE NATURE
Vign_leve_de_soleil_ried3_2

Alsace Nature - Les Trophées 

    Vendredi 28 février 2010, Alsace Nature a remis les Trophées 2009. Cette 3e Édition a récompensé 6 actions écologiques menées par  la commune d'Ohnenheim, dont la protection de la forêt communale du Riedgraben, niche mycologique remarquable, désormais protégée pour 25 ans à notre initiative. Nous remercions à ce propos le maire qui nous a suivi dans nos démarches.
L'inventaire est téléchargeable dans le Bulletin n° 12 et la liste des espèces, dans le module INVENTAIRE.

Inventaires myco Aulnaies
Inventaire mycologique du Lac tourbière et de l'Aulnaie de Retournemer à Xonrupt 88
Inventaire mycologique des aulnaies de Deyvillers, Longemer (Xonrupt) et Wisembach 88
Liste des espèces du Ried d'Ohenheim et Elsenheim
Inventaire Ried Noir
Inventaire des forêts du Ried d'Ohnenheim et d'Elsenheim
Galnes mycologiques Ried Noir
Glanes mycologiques en forêt communale d’Elsenheim 67, sur le territoire de la commune d’Illhaeusern 68. MEN3718B.Samedi 12 septembre 2013.
Aulnaie du Ried Noir
Récoltes riediennes
Récoltes du Ried Noir
Sortie du Ried

    Dans le cadre de l'Assemblée générale d'Alsace Nature en 2010 :
    Une sortie mycologique a été organisée dans la forêt communale du Riedgraben d'Ohenheim 67, (site du Trophée Alsace Nature) le samedi 16 octobre à 10 h. Contact : Mairie d'Ohnenheim www.mairie.biz/mairie-ohnenheim-67390.html - Préservation d’un site « champignons » remarquable :
Cette action a été présentée par Patrick LAURENT, co-auteur de "Les listes rouges de la nature menacée en Alsace". La forêt communale d’Ohnenheim est connue des mycologues pour sa richesse fongique avec certaines variétés rares au niveau européen ; la commune a décidé que deux parcelles de 5,71 hectares au total qui offrent un bon échantillon du patrimoine fongique soient identifiées comme site d’intérêt écologique particulier et ne fassent l’objet d’aucune intervention dans les vingt ans à venir. Ainsi la fonge est suivie de façon optimale par les mycologues dans le cadre d’une unité à objectif spécifique.

Référence bibliographique : Inventaire mycologique des forêts d’Ohnenheim et d’Elsenheim – 16 pages – en consultation à la mairie d’Ohnenheim et téléchargeable sur ce site.

Vign_chemin_du_ried
Récoltes en aulnaies
Espèces déterminantes
Vign_lactarius_lilacinus_7004_redimensionner
Photo de Lactarius lilacinus

Espèces déterminantes des :
AULNAIES, SAULAIES et BOISEMENTS HUMIDES

GYRODON LIVIDUS
LACTARIUS LILACINUS
RUSSULA PUMILA
Alnicola macrospora
Inocybe salicis
Lactarius aspideus
Lactarius clethrophilus
Lactarius omphaliformis
Russula subrubens
Xerocomus ripariellus
Alnicola escharoides
Alnicola subconspersa
Alnicola umbrina
Cortinarius helobius
Cortinarius helvelloides
Cortinarius pulchripes
Cortinarius uliginosus
Entoloma caccabus
Entoloma pernitrosum
Entoloma politum
Hebeloma pusillum
Helvella corium
Lactarius cyathuliformis
Lactarius lacunarum
Lactarius obscuratus
Mycena rhenana
Mycena pearsoniana
Phaeomarasmius erinaceus
Psathyrella populina
Tricholoma cingulatum
Tubaria confragosa

L. cristata v. exannulata
Vign_lepiota_cristata_var.exanulata_5463_800x600_

Lepiota cristata var. exannulata

LAURENT P © 2010
Créer un site avec WebSelf